Le Maroc en conflit avec Adidas autour du nouveau maillot de l'Algérie

L'équipementier sportif Adidas est accusé par le Maroc de plagiat. (S. Mantey/L'Équipe)

Le ministère marocain de la Culture a sommé Adidas, ce jeudi, de retirer sa nouvelle collection de maillots de la sélection algérienne, l'accusant de s'être indûment approprié des symboles du « patrimoine culturel marocain ».

Le nouveau maillot de la sélection algérienne, dévoilé le 23 septembre, pose problème au Maroc. Selon le ministère marocain de la Culture, il s'agit purement et simplement d'un plagiat. « Il s'agit d'un vol de motifs inspirés du "zellige marocain" (céramique caractéristique de l'art décoratif traditionnel marocain) qui figurent sur des maillots de sport de l'Algérie, ce qui a poussé le ministère à agir en urgence », a fait savoir une source interne, ce jeudi.

Dans une mise en demeure adressée via courrier électronique et par voie d'huissier au PDG d'Adidas Kasper Rorsted, l'avocat marocain a dénoncé « une appropriation culturelle et une tentative de voler un motif du patrimoine culturel marocain pour l'utiliser en dehors de son contexte ». Me Mourad Elajouti a exigé le retrait sous quinzaine de la collection des maillots par l'équipementier sportif allemand qui, selon lui, a tiré son inspiration du palais de Mechouar à Tlemcen, dans le nord-ouest de l'Algérie.

Des recours judiciaires possibles ?


Cette polémique survient dans un climat de tension permanente entre les deux rivaux du Maghreb. L'Algérie a rompu ses liens diplomatiques avec le Maroc en août 2021, accusant Rabat d'« actes hostiles ». Une décision « complètement injustifiée », selon Rabat. « Le ministère de la Culture marocain se réserve le droit d'utiliser toutes les voies de recours judiciaires possibles devant les tribunaux allemands et internationaux », avertit l'avocat dans son courrier.

Il menace également de porter l'affaire « devant les organismes relatifs à la protection du patrimoine et les droits d'auteur, l'Unesco et l'OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), afin de protéger les éléments du patrimoine culturel marocain des tentatives illicites d'appropriation ».