Mathieu van der Poel : « Le Mondial est mon seul objectif » en cyclo-cross cette saison

Mathieu van der Poel en décembre dernier. (D. Stockman/Presse Sports)

Le quadruple champion du monde de cyclo-cross Mathieu van der Poel, qui débute sa saison hivernale dimanche, rêve de décrocher un cinquième titre chez lui aux Pays-Bas à Hoogerheide (le 5 février). Pour entrer dans l'histoire de sa discipline de coeur.

Alors qu'il s'apprête à reprendre le cyclo-cross lors de la 7e étape de Coupe du monde ce dimanche chez lui aux Pays-Bas, à Hulst, Mathieu van der Poel est revenu avant de revenir chez lui à Anvers sur les raisons de son retour à la compétition après un exercice 2021-2022 perturbé par une blessure au dos. S'il ne cherchera pas à jouer une place au classement général de la Coupe du monde, il donne rendez-vous à tous ses concurrents début février pour les Championnats du monde à Hoogerheide (Pays-Bas), où l'objectif est clair : gagner pour la 5e fois de sa carrière.

Après une saison dernière minée par votre blessure au dos, dans quel état d'esprit abordez-vous votre retour à la compétition en cyclo-cross ?
J'ai hâte de recommencer, j'aime toujours autant le cyclo-cross. La saison dernière, ça ne s'est pas super bien passé (il n'a participé qu'à deux cyclo-cross), j'espérais faire plus de courses. J'ai un peu le sentiment que ça fait deux ans que je n'en ai pas fait. Je vais faire du mieux possible cette année. J'espère retrouver le niveau que j'avais il y a deux ans pour les Championnats du monde à Hoogerheide (Pays-Bas).

Le cyclo-cross vous manque ?
Bien sûr, ça me manque, mais ce manque est surtout lié à mes problèmes de dos. Louper la saison de cyclo-cross était moins difficile à vivre que de gérer cette blessure. Même ma participation aux classiques du printemps n'était pas certaine. Je pense que c'est surtout ça qui m'a dérangé l'année passée. En plus, on sortait de deux saisons sans public à cause du Covid. Le cyclo-cross avec du public c'est ce qu'on veut voir, c'est quelque chose de spécial. J'ai hâte de reprendre. Je dois encore être patient, mais ça va venir.

Quels sont vos objectifs cet hiver ?
C'est surtout de m'amuser. Je m'entraîne pour être au niveau que j'avais il y a quelques années. Bien sûr, le cyclo-cross a évolué et ce n'est plus mon principal objectif. Mais les Championnats du monde à Hoogerheide, ça va être quelque chose de spécial. Comme je commence tard la saison, je n'aurai pas de place à défendre au classement général de la Coupe du monde. Donc Hoogerheide doit être mon seul objectif cette année.

Participer à des Championnats du monde à domicile, ça représente quoi pour vous ?
C'est spécial, j'ai fait un Championnat là-bas quand j'étais espoir, j'ai fini 3e si je me souviens bien (en 2014, lors des Mondiaux Espoirs, derrière Wout van Aert et Michael Vanthourenhout). C'est à côté de chez moi (il habite en Belgique, juste de l'autre côté de la frontière), il y a beaucoup de gens que je connais qui vont venir assister à la course. J'ai déjà participé à de beaux cyclo-cross là-bas, donc j'espère être au top de ma forme pour ces Championnats du monde.

Durant la saison, vous croiserez le chemin Wout van Aert. Cette rivalité vous galvanise-t-elle ou les médias en font-ils trop ?
Il y a de la rivalité, mais elle est seulement sportive. On se bat l'un contre l'autre depuis de nombreuses années, avant c'était en cyclo-cross, maintenant c'est sur route. Ce n'est pas plus qu'une rivalité sportive. On a déjà eu de belles oppositions en cyclo-cross, ça serait beau si on pouvait remettre ça cette année.

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Depuis le début de la saison, un quatuor se détache largement avec Iserbyt, Sweeck, Vanthourenhout et Van der Haar. Votre but, ce sera de bousculer l'ordre établi ?
Mon but, c'est toujours de gagner, ça sera pareil cette année. Ça fait longtemps que je fais du cyclo-cross, mais je n'en ai fait qu'un et demi l'an dernier (2e à Dendermonde, abandon à Heusden-Zolder). Mais l'objectif, c'est toujours d'essayer de gagner.

Vous n'avez jamais pensé à faire une vraie pause hivernale ?
Si, j'y ai pensé mais j'aime encore le cyclo-cross, je m'amuse. L'hiver serait vraiment long sans ça. Ça fait un mois que je suis en Espagne et la compétition me manque. C'est un sport que j'ai toujours fait et je pense qu'il y a plus de positif que de négatif à en tirer, notamment en vue des classiques. Car c'est aussi une très bonne préparation pour les classiques et c'est pour ça que je continue à en faire.

Le but final c'est donc les classiques printanières...
Oui c'est ça. Je pense que je n'ai plus grand-chose à gagner en cyclo-cross, seulement les Championnats du monde, c'est encore très important pour moi. Mais pour le reste, j'ai déjà tout gagné. J'avais aussi besoin de nouveaux buts et je les ai trouvés en VTT et sur la route. Mais ça ne veut pas dire que je vais faire la saison de cyclo-cross juste pour m'amuser, je veux quand même essayer de gagner. »