Mathilde Gros conserve son titre de championne de France de vitesse

Mathilde Gros, maillot de championne de monde de vitesse sur les épaules, a conservé son titre national de la discipline. (E. Garnier/L'Équipe)

Championne de France de vitesse individuelle pour la cinquième fois de sa carrière vendredi soir à Roubaix, Mathilde Gros surfe sur la vague depuis son titre mondial de la discipline. Tous les voyants sont au vert pour poursuivre sur cette voie.

Vendredi soir à Roubaix, Mathilde Gros est devenue championne de France de vitesse individuelle pour la 5e fois de sa carrière en disposant facilement en finale de la jeune Marie-Divine Kouamé, la championne du monde du 500 mètres. « Je suis heureuse de ce début d'année et de remporter à nouveau ce beau maillot de championne de France, disait l'Artésienne basée en Provence. Pour la suite, l'idée est de rester fraîche mentalement et ne pas se mettre la pression. » Rien à dire, Gros est actuellement sur un joli nuage.

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Pourtant, dire aujourd'hui que Mathilde Gros n'est plus vraiment la même qu'il y a un an et demi serait s'engager à tirer des conclusions hâtives. La jeune femme a juste retrouvé le sourire qu'elle affichait au début de sa jeune carrière à l'heure où un avenir radieux lui était logiquement promis après être devenue triple championne du monde juniors en 2017 avant de poursuivre par un double sacre européen de keirin en 2018 et 2019.

Depuis peu, elle a surtout récupéré ce brin de confiance qui la fuyait après avoir été portée au pinacle et d'avoir fait d'elle la future grande du sprint mondial féminin. Trop jeune, trop tendre et livrée à elle-même sportivement ? À la voir tâtonner au cours des saisons 2020 et 2021 et être trop souvent envahie par la pression au moment des grands rendez-vous, la question s'est à maintes fois posée.

Les Jeux olympiques de Tokyo, les premiers de sa carrière, étaient devenus plus qu'un objectif, comme le passage obligé pour vaincre ses maux. Neuvième de la vitesse individuelle et treizième du tournoi de keirin, Gros a cru définitivement toucher le fond. « Inconsciemment, je suis entrée dans une sorte de fatigue mentale, de déprime, du burn-out, reconnaissait-elle il y a quelques mois. J'en suis certaine : on ne peut pas monter très haut si on n'est pas descendu très bas. Pour moi, le fond, c'était Tokyo. »

Les mois ont passé et Mathilde Gros est devenue championne du monde de vitesse individuelle en octobre dernier à Saint-Quentin en Yvelines. Comme un symbole, elle a succédé à Félicia Ballanger, la dernière Française sacrée dans un Mondial de vitesse il y a vingt-trois ans, la même qui lui avait soufflé : « N'oublie pas Tokyo, ne l'oublie jamais ! ». Pour clore l'année, elle s'est adjugé la récente UCI Track Champions League et trône désormais au sommet de la hiérarchie mondiale du sprint féminin.

Si la gifle japonaise aurait pu marquer la fin définitive de l'aventure de la Provençale avec le cyclisme sur piste, Grégory Baugé a sûrement surgi à point nommé. « C'est beaucoup de travail pour en arriver là, admet l'entraîneur national du sprint. Mais ça part d'elle et je suis juste là pour la soutenir. Je suis heureux que les gens découvrent une autre Mathilde. Elle a toujours eu de très grosses qualités, il fallait juste qu'elle retrouve la confiance et qu'elle fasse confiance. Le lendemain de Tokyo n'a pas été simple. Je l'ai retrouvé à l'envers. Je sais être bon mais je sais être dur aussi. Il a fallu qu'elle comprenne des choses pour devenir la meilleure du monde. Ce que Mathilde a sorti lors des Mondiaux, c'est masterclass ! »