Matthias Dandois avant les X Games au Japon : « C'est comme un autre sport »

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Le nonuple champion du monde Matthias Dandois va vivre ses premiers X Games (22-24 avril), l'emblématique événement des sports extrêmes, au Japon. La légende du BMX flat évoque ce pays qu'il connaît bien et ces jeunes riders qui sont en train d'exploser dans le milieu.

« Le Japon, j'y vais depuis mes 17 ans, j'y ai vécu six mois quand j'avais 20 ans. En tout, j'ai dû y aller 80 fois. J'aime vraiment ce pays. ça fait sens que les X Games soient au Japon cette année, car c'est là qu'il y a les nouveaux riders trop forts. Il y a 20 ans, si on avait dit ça, on aurait dit « ça va pas ». Les action sports, c'est les États-Unis, San Diego, la Californie. Et ça a vraiment changé en 20 ans. C'est fou. Avec le projet de Tokyo 2020 aux JO, le BMX a été vraiment mis en avant au Japon (le BMX freestyle a fait son entrée aux JO l'été dernier, comme le skateboard). Tous les Japonais, dans toutes les disciplines, sont les favoris : Yuto (Horigome, champion olympique) en skateboard, Nakamura en BMX park... ça va être très très dur de les battre.

En plus, ils sont stylés. Ils ont cette nonchalance trop stylée dans les « action sports », comme (Ayumu) Hirano aux JO d'hiver (champion olympique), dans le pipe. C'est trop bien. Les Japonais ont appliqué à des disciplines des sports d'actions la mentalité japonaise concernant le travail, ils sont hyper stakhanovistes. Normalement, c'est pas trop ça dans ces disciplines, tu fais ça avec tes potes pour t'amuser. Et eux l'ont pris comme un sport de ultra-haut niveau. Ils ont une conscience professionnelle plus élevée que les Européens ou les Américains. C'est dans leur culture. Ils rident toute la journée.

« Les gamins, ils sont tellement forts ! C'est comme un autre sport par rapport à il y a deux ans. Ils font la différence sur la difficulté des tricks : ils ont réussi à inventer des tricks qui me semblent complètement impossibles. »

Kio (Hayakawa), le kid qui commence à exploser dans le BMX flat, doit rider 10 heures par jour. C'est complètement surhumain : il se lève à 8 heures, il va rider quatre heures, il va manger et il va rider six heures l'après-midi et il recommence le lendemain. Forcément, il est trop fort. Moi j'ai pas le temps de rider 10 heures par jour. Quand une compétition arrive, je ride trois heures par jour. Et déjà, c'est énorme physiquement. Kio, je l'ai vu à l'entraînement, c'est incroyable. C'est limite le grand favori. Quand tu es en fin de carrière comme moi (il a 32 ans), tu le vois et tu te dis « wow, c'est chaud ! ».

Au début, on a été surpris de voir arriver tous ces Japonais, surtout des très jeunes. À la base, le flat est un sport d'expérience. Mais ces kids, c'est comme si la pression ne les touchait pas. J'ai fait une battle contre Kio en Suisse, en finale, il m'avait démonté, pièce par pièce. Mais ce n'est pas surprenant, il y a des écoles de flat maintenant au Japon.

Le Japon est un pays qui prône le sport aussi de manière politique, donc ils mettent beaucoup de moyens, ils paient les gamins pour qu'ils s'entraînent. Certains sont déscolarisés pour se consacrer à ça : le matin école et ride l'après-midi. On ne voit pas ça dans les autres pays, eux se donnent les moyens. En plus, ils s'intéressent intelligemment à la culture. Et ça fait des machines de guerre.

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Personnellement, je me suis entraîné comme un fou pour les X Games, mais c'est sûrement une des premières compétitions où je ne suis pas favori. Clairement, là, à l'entraînement... Les Japonais sont devant. Mais c'est cool, ça pousse tout le monde aussi. Ça va être hyper dur de gagner, ce serait miraculeux, vu le niveau des gars. Mais je pense que je peux faire une médaille, ce serait trop cool. Ça me ferait kiffer de ramener une médaille des X Games à la maison, ce serait la première.

C'est même pas un truc d'entraînement, j'ai les bons tricks. Mais les gamins, ils sont tellement forts ! C'est comme un autre sport par rapport à il y a deux ans. Ils font la différence sur la difficulté des tricks : ils ont réussi à inventer des tricks qui me semblent complètement impossibles. Nous, on a posé des bases, qui pour nous, étaient des tricks difficiles. Mais pour eux, ce sont des basiques. En fait, ils s'amusent avec nos tricks difficiles et après, ils font leur truc derrière, c'est fou. Mais c'est l'évolution naturelle de la discipline et c'est trop bien. »

Les X Games sont à suivre en intégralité sur MCSEXTREME.TV

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