Matthieu Bailet après sa chute à Bormio : « Je ne me souviens de rien »

Matthieu Bailet mi-décembre à Val Gardena. (C. Pallot/Zoom)

Victime d'une lourde chute lundi à l'entraînement à Bormio, Matthieu Bailet souffre d'une commotion cérébrale et doit encore passer des examens pour son genou et sa cheville gauches.

Les images qu'il a lui-même diffusées vendredi sur ses réseaux sociaux sont impressionnantes. Matthieu Bailet a lourdement chuté lundi lors de la première descente d'entraînement de Bormio, sa tête touchant la neige avant qu'il ne soit projeté à vive allure dans les filets de protection au bord de la piste, perdant connaissance. Évacué en hélicoptère à l'hôpital voisin de Sondalo, puis rapatrié à Nice mercredi matin, il souffre d'une commotion cérébrale et doit encore passer des examens pour son genou et sa cheville gauches.

« Vous avez fait peur à beaucoup de monde avec votre chute lundi. Comment allez-vous ce vendredi ?
Ça va. Il n'y a jamais eu tant de personnes qui m'ont écrit directement ou alors à ma famille pour me demander des nouvelles. C'est impressionnant et très touchant. Je n'étais pas en état de répondre à tout le monde personnellement, mais je les remercie. Physiquement, ça aurait pu être pire. On attend encore le retour pour certaines choses, je dois faire des examens au genou et à la cheville gauches. Le plus urgent a été fait en Italie, il n'y a pas de fracture aux vertèbres. J'ai pris un gros gros choc à la tête, mais sur le 2e scan effectué, tout était bien résorbé. Depuis que je suis rentré, je dors beaucoup, mais je ne me sens pas trop mal, je n'ai pas trop de courbatures.

De quoi vous rappelez-vous ?
J'ai zéro flash de ma chute, je ne me souviens de rien. J'ai eu une perte de connaissance, mais je ne sais pas de combien de temps. Mes premiers souvenirs, c'est à l'hôpital. J'ai revu les images de ma chute le lundi soir à l'hôpital. Elle n'était pas très impressionnante, mais je suis rentré très vite dans les filets, en passant peut-être de 110 km/h à 0 en deux mètres. J'ai été très bien pris en charge par le personnel de piste et l'encadrement médical de la Fédération à Bormio (médecin, kiné). Je suis rentré de Bormio à Nice en ambulance mercredi, un trajet d'environ 6 heures.

Avec un peu de recul, que vous dites-vous ?
Que je m'en sors très bien. Mais on sait que les chutes font partie du jeu, les risques sont présents à chaque manche d'entraînement ou de course, nous Français on le sait peut-être plus que n'importe qui (allusion au décès de David Poisson à l'entraînement au Canada en novembre 2017). Il y a une épée de Damoclès au-dessus de nous, mais on l'accepte. Je suis descendeur de haut niveau, j'ai ''signé'' pour les bons comme pour les mauvais moments.

Vous allez reskier cette saison ?
C'est trop tôt pour savoir si ma saison est terminée. Un mois d'arrêt, deux mois ? Je ne sais pas, on a besoin de précisions médicales.

Deux autres Français se sont blessés à Bormio (poignet gauche fracturé pour Victor Schuller, rupture du ligament croisé antérieur droit pour Adrien Fresquet), deux athlètes suisses aussi (Yannick Chabloz est touché au dos et Urs Kryenbühl au genou droit). Y avait-il un problème cette semaine sur cette piste ?
J'ai vu que certains ont trouvé que c'était très dangereux. Il y a des choses à dire, oui. Bormio a la spécificité d'être une piste très verglacée, c'est ainsi, ce n'est pas facile, on ne débarque jamais sereinement. Ce n'est pas Kitzbühel, c'est Bormio, et c'est aussi cette différence qui fait la beauté du circuit. Mais il faudrait que certains mouvements ou sections soient plus propres, même si c'est dur à retravailler quand c'est glacé. On devrait pouvoir arrondir des courbes, décaler telle ou telle réception de saut. »

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