Matthieu Bailet : « J'étais loin de m'imaginer six mois sans skier »

Matthieu Bailet ne reverra la compétition que la saison prochaine. (S. Boué/L'Équipe)

Blessé lors d'un entraînement de descente à Bormio le 26 décembre, Matthieu Bailet a été opéré du genou gauche lundi et ne retrouvera pas la compétition avant la saison prochaine. Une situation qu'il a mis du temps à accepter.

« Comment allez-vous et quelle est la suite du programme pour vous, après votre blessure ?
J'ai été opéré lundi, du ligament croisé antérieur (du genou gauche). Ça s'est bien passé, sans complications, et j'en remercie le Pr. Fayard et ses équipes. Je suis au centre de Hauteville (Ain) pour une première phase de repos. Habituellement, il faut trois semaines en post-opératoire puis trois mois de rééducation, sans recherche de performance, puis la réathlétisation, à Albertville (Savoie). Après six mois, retour sur les skis en mode grand-père avant d'augmenter les intensités. L'objectif c'est de pouvoir être à 100 % neuf mois après l'opération. C'est la blessure la plus compliquée de ma carrière, et je suis en train de comprendre que j'en ai pour un bout de temps.

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Vous deviez également suivre un protocole pour la commotion cérébrale, ça vous a laissé du temps pour vous habituer à cette idée ?
Après la commotion, je dormais H24. Les premiers jours, c'est la tête qui comptait, et je savais que mon genou nécessitait déjà quelques semaines d'arrêt. Mais j'ai fait tout ce qu'il fallait pour rester le plus entraîné (physiquement) possible. S'il y avait une chance d'être aux Mondiaux je voulais la prendre. Mais les médecins allaient dans l'autre sens. Je ne pensais pas que le genou était si instable. Les médecins ont été clairs avec moi, en cas d'accident je risquais une luxation du genou, sans être sûr de pouvoir skier à nouveau.

Vous avez finalement été raisonnable...
Ça n'aurait pas été raisonnable d'essayer d'être présent aux Mondiaux. C'est ce qui est très dur à accepter pour moi. Le lundi (9 janvier, jour de la décision d'opérer) a été difficile émotionnellement. J'étais tout seul dans ma bagnole, avec mes affaires de ski, j'étais en forme, et loin de m'imaginer une opération et six mois sans skier. Mais j'ai fait ce choix parce que le timing est bon pour un retour en début de saison prochaine. Il me reste plein de belles choses à réaliser dans le futur, à moi de ne pas les gâcher. Maintenant le switch est fait, je sais qu'il faudra beaucoup de patience et de détermination.

Vous passez d'une vie de sportif, en groupe, avec des courses tous les week-ends, à une sorte de solitude. Vous êtes soutenu ?
Je ne me sens pas seul, je suis soutenu de façon incroyable par ma famille, les amis. Je me suis mis à l'écart du groupe, j'ai parlé aux coaches, mais je laisse les athlètes tranquilles. J'ai été à leur place, on sait faire. Là je suis du mauvais côté, à moi de bosser. Et j'ai les meilleurs exemples de retour de blessure dans le groupe, Yo Clarey, Adrien Théaux... Ça fait partie du parcours, c'est formateur. La blessure c'est aussi un repos obligatoire, du temps libre, un retour à une vie plus relax, avec plus d'indulgence, du lâcher-prise... Il y a du bon à aller chercher, même si ça fait foncièrement chier ! »

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