Maxime Lopez : le temps de la progression

Remplaçant contre Angers et pas entré en jeu, Maxime Lopez n’avait plus l’habitude de vivre cette situation. Il aura vu son équipe concéder le match nul et il faut bien le dire, sa conservation du ballon et sa disponibilité auront manqué dans une période où il est critiqué pour la première fois depuis sa prise de pouvoir au sein du milieu Marseillais.

Maxime Lopez est passé en conférence de presse avant le barrage aller de Ligue Europa face à Domzale (jeudi, 20h45). L’occasion de revenir sur son début de saison et sur ce que représente la Coupe d’Europe pour le jeune milieu formé à l’OM.

 

Des débuts fracassants

Ceux qui suivent l’Olympique de Marseille connaissent Maxime Lopez depuis son plus jeune âge. Après avoir vu de nombreux jeunes du centre de formation débuter, nous étions presque lassés de ne pas voir évoluer l’un des plus prometteurs. Même Marcelo Bielsa qui maitrise l’art de former les jeunes comme personne ne l’avait pas lancé dans le grand bain. Il aura fallu attendre 2016 pour voir éclore le phénomène. En seulement quelques minutes sur le terrain, le minot Marseillais prenait les clés du camion pour ne plus les lâcher. Des passes justes, une activité folle, un sentiment que rien ne peut l’arrêter et des stats plus que correctes faisaient déjà de lui un élément indispensable de Rudi Garcia. Le débat autour de sa titularisation n’avait pas alors lieu et malgré une fin de saison plus difficile, les doutes ne planaient pas autour de lui.

C’est logiquement qu’on s’est tous emballés à son sujet, moi le premier. Nous sommes en manque de joueurs issus du cru, alors dès que nous en avons un, nous le portons tout en haut de l’affiche. Nous avons également nos torts et il convient de le reconnaître. Mais il était logique de s’emballer, quand on aime le football, quand on aime l’OM. (On ne m’y reprendra plus).

 

L’arrivée d’une période de moins bien

La fin de saison dernière a été difficile à digérer pour Lopez, entre sollicitations médiatiques, retour de bâton d’un départ en fanfare et nouveau rôle dans le club de son cœur, la situation n’est pas simple à gérer pour un jeune de son âge. Je ne vais pas m’étendre sur sa relation avec une candidate de télé réalité parce que ce n’est pas forcément le sujet mais c’est peut-être une des causes du moins bien…Il n’y a qu’à voir ce qui est arrivé à Martial… Fin de la parenthèse.

Lors et matchs amicaux, lors des barrages et lors des matchs de L1 un constat s’est dégagé : Maxime Lopez semble perdu dans les différentes positions confiées par Rudi Garcia. Qu’il soit au cœur du milieu ou placé juste en dessous de Germain, ses prises d’initiative sont moins fréquentes, son orientation du jeu est moins bonne et sa capacité à se trouver souvent au bon endroit n’est plus la même que la saison dernière. Il lui arrive même parfois de perdre ce qui faisait sa force, un jeu simple sans fioriture, toujours porté vers l’avant.

Que faire alors ? La solution la plus simple serait de le faire souffler, de le laisser prendre un peu d’expérience. Car l’expérience ne s’acquiert pas uniquement en jouant des matchs, elle s’obtient en regardant les autres travailler et en travaillant encore plus pour gagner sa place. Oui il faut jouer, mais il ne faut pas se cramer. Le problème c’est qu’un Lopez à 50% est largement meilleur qu’un Zambo ou qu’un Sertic… Un exemple parfait s’est produit contre Angers où parfois le bloc Marseillais avait du mal à remonter, ce que Lopez permet plus facilement.

 

L’exemple à suivre : Koziello

Le jeune Niçois ressemble beaucoup au Marseillais et pas uniquement par leur position sur le terrain et leur petite taille. Koziello est un enfant du sud qui aime toucher le ballon, beaucoup de ballons, il aime la passe et le petit jeu dans le milieu de terrain. Il découvre la Ligue 1 en 2014, 2 ans avant Lopez, mais à la différence de ce dernier, il n’apparaît que progressivement dans le groupe Niçois. C’est durant la saison 2015-2016 qu’il explose aux yeux du grand public qui découvre vraiment les qualités « à la Barcelonaise » de ce milieu de poche au visage d’enfant. Auteur qu’une superbe saison dans la lignée de son équipe, on se dit qu’il n’est pas prêt de lâcher sa place au sein d’un milieu de terrain Niçois qui ne manque pas de qualité. Pourtant, avec l’arrivée de Lucien Favre, c’est (un peu) la douche froide… Koziello joue beaucoup moins (près de 10 matchs de moins que la saison précédente) et est souvent remplaçant dans un milieu impressionnant, qualitativement et quantitativement.

Lucien Favre doit composer avec Seri, Walter, Cyprien, Belhanda, Eysseric et Koziello. Autant dire que la concurrence est élevée et qu’il vaut mieux réussir ses matchs et ses entrainements pour ne pas voir le banc de touche être son meilleur ami. C’est ce qui va forger Koziello, Favre lui fait comprendre qu’il n’est plus indispensable et qu’il doit travailler pour trouver sa place.

Garcia et l’OM doivent recruter, d’une part pour offrir au club un joueur de qualité au milieu et d’autre part pour faire progresser Lopez à la manière d’un Koziello. Actuellement, Maxime voit que la concurrence n’est pas élevée, en témoigne la prestation plus que moyenne de Zambo cette après-midi, il ne craint pas de se retrouver sur le banc sur le long terme, donc inconsciemment peut être qu’il travaille moins, peut-être qu’il ne ressent pas le besoin de donner plus que ce qu’il donne…

Le joueur est à un moment clé de sa carrière, il doit accepter le fait de continuer sa progression, parfois sur le terrain, parfois en regardant sur le banc. L’idéal serait de recruter un joueur sur lequel il pourrait s’appuyer, à la manière de ce qu’il se passe au Barça où les jeunes apprennent petit à petit des anciens.

LinoTreize

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