Maxime Pianfetti, le vice-champion du monde de sabre à l'épreuve de la confirmation

Dès sa première participation, Maxime Pianfetti est reparti des Mondiaux du Caire avec une médaille d'argent. (Instagram/FFE)

Surprenant vice-champion du monde en juillet dernier au Caire, Maxime Pianfetti, 23 ans, apprend à gérer son nouveau statut de 6e sabreur mondial. Passé à une touche de monter sur son premier podium en Coupe du monde en novembre à Alger, le Tarbais espère ouvrir son compteur ce week-end à Orléans, avec Paris 2024 dans un coin de la tête.

C'est le problème quand on déboule d'un coup, sans prévenir, en renversant tout sur son passage : il faut tout remettre en ordre en repartant. Inattendu vice-champion du monde en juillet dernier au Caire, Maxime Pianfetti, 23 ans, a dû digérer cet exploit égyptien et la paradoxale déception d'être passé à une toute petite touche du titre planétaire dès sa première participation.

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« Le soir même et le lendemain, ce n'était quasiment que de la frustration, se rappelle celui qui n'était alors « que » 25e tireur mondial, battu 14-15 en finale par le Hongrois Aron Szilagyi, légende vivante du sabre avec ses trois médailles d'or olympiques consécutives. D'être passé à un cheveu du titre, c'était dur à encaisser. Mais très vite j'ai réalisé le bonheur que j'ai eu de monter sur le podium. Mentalement j'étais très lucide. Même la dernière touche, elle est mal exécutée techniquement mais le choix est le bon, c'est ce qu'il fallait faire. »

Un mois de vacances bien mérité plus tard, Pianfetti était de retour en septembre sur les pistes de l'Insep. Avec plusieurs changements à gérer, entre une imposante 6e place mondiale et son master de mathématiques à La Sorbonne, qu'il a décidé de mettre entre parenthèses. « La charge de travail était excessive, très énergivore, assure-t-il. Avec ce nouveau statut, j'ai parfois l'impression d'être obligé de gagner certains matches, ce qui n'est pas le cas. Je suis le même qu'avant les Mondiaux mais je me sens un peu plus attendu. Et ça peut coller énormément de pression. »

Lui aussi médaillé mondial (3e en 2017), Vincent Anstett, l'entraîneur national du sabre masculin, a veillé à ménager son poulain, plus jeune membre du top 16. « On ne l'a pas trop bousculé, reconnaît-il. Maxime a repris petit à petit. Il a eu à gérer ses choix de formation, il s'est posé pas mal de questions. Donc on ne s'est pas trop excités, on a fait les choses étape par étape. »

Deux mois après la reprise, la première étape de Coupe du monde de la saison, à Alger en novembre, faisait office de test inaugural. Exempté du très piégeux tableau préliminaire la veille du tableau principal grâce à son statut de tête de série, Pianfetti entrait directement en match à élimination directe, sans droit à l'erreur. Et a très vite été rattrapé par l'enjeu. « Sur mes deux premiers matches, je me sentais favori et j'avais une pression énorme, concède le champion d'Europe U23. Je m'en suis sorti mais ça m'a pris une énergie folle. Chose que je n'avais jamais vécue avant. »

Son argent mondial lui a donné des idées pour Paris 2024Libéré d'un poids, il parvenait malgré tout à s'immiscer jusqu'en quarts de finale, passant même à une touche de son premier podium en Coupe du monde. « Mine de rien, sans être "flamboyant", il cède à rien de la médaille, c'est un bon indicateur, se félicite Anstett. Il est encore loin de son plein potentiel mais il monte doucement en puissance. »

Le Grand Prix d'Orléans samedi sera une nouvelle occasion de confirmer que les efforts fournis à l'entraînement, notamment sur sa régularité en attaque, portent leurs fruits face au gratin. « Mondiaux ou pas Mondiaux, on continue de travailler sur mes lacunes techniques et tactiques, confie-t-il avec détermination. Je dois progresser sur le milieu de piste. C'est la clé pour réussir à tenir l'adversaire et essayer de tout faire pour avoir la priorité. »

Étonnant de relâchement et de lucidité, ce longiligne défenseur n'hésite pas à être offensif quand il s'agit d'évoquer ses ambitions. Son podium égyptien lui a ouvert l'appétit. « Avant que Paris n'obtienne les JO, le slogan était : "Rêvons des Jeux". Quand j'étais petit, j'en rêvais. Maintenant, je me permets d'y croire. Depuis Le Caire, ça a pris une place plus importante dans ma tête. Je sais que c'est possible. Je suis capable d'y aller et d'éventuellement ramener une médaille. La préparation reste encore très longue. Il faut être régulier et pas juste performer sur une seule compétition. Une sélection olympique ne se décroche pas sur une médaille aux Mondiaux deux ans avant. »

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