McLaren assume son programme de jeunes pilotes inactif

Benjamin Vinel
·3 min de lecture

: autant de pilotes qui ont gravi les échelons des formules de promotion avec le soutien de McLaren avant d'être titularisés par la légendaire écurie britannique dès leurs débuts en Formule 1. Giedo van der Garde et Alexander Albon ont également atteint l'élite après être passés par le programme de jeunes pilotes McLaren, et en 2010, ce dernier comptait pas moins de neuf membres : Van der Garde, Albon et Magnussen, mais aussi Oliver Rowland, Oliver Turvey, Ben Barnicoat ou encore Nyck de Vries.

Lire aussi :

McLaren espère que Norris et Ricciardo partageront leurs "secrets"

Une décennie plus tard, la situation est bien différente. Lando Norris a été promu au poste de titulaire en Formule 1 et sera associé cette année à Daniel Ricciardo, tandis que a rejoint Mercedes en Formule E, et la présence de Sérgio Sette Câmara comme jeune pilote en 2019 a corroboré celle tout aussi éphémère de Petrobras en tant que partenaire. Voilà donc un an que McLaren n'a plus de protégé, mais d'après les dirigeants de l'écurie, ce n'est pas un problème.

"Nous avons une philosophie différente", estime Zak Brown, PDG. "Je pense que l'on aurait le même problème que les autres, c'est-à-dire qu'ils ont trop de pilotes et commencent à essayer de les placer dans d'autres équipes, ou bien ils n'ont pas de baquet disponible quand leur pilote est prêt à l'être. McLaren, surtout avec nos progrès récents, sera toujours une équipe pour laquelle la plupart des pilotes ont très envie de courir, surtout alors que nous poursuivons notre progression."

"Lando est très jeune. Nous accueillons tout juste Daniel, alors si nous avons un pilote qui frappe à notre porte dans un an ou deux, nous n'aurons pas de place pour lui ou elle. Je pense que nous sommes plus stratégiques, comme nous l'avons été avec Lando – nous l'avons trouvé tôt –, comme nous l'avons été avec Stoffel – malheureusement ça n'a pas marché. Ça a marché avec Lewis. Nous en avons choisi quelques-uns en voyant qu'ils pourraient arriver à maturité au moment où on pourrait avoir un baquet disponible."

Trouver où placer ses pilotes est notamment un problème pour Renault en l'absence d'écurie partenaire : depuis le retour du Losange en 2016, aucun des 19 pilotes passés par la Renault Sport Academy n'a atteint l'élite avec son soutien. Le souci est également présent pour Ferrari, qui avait trois de ses protégés dans le top 5 de la F2 cette saison mais n'a pu promouvoir en F1 que Mick Schumacher, maintenant Antonio Giovinazzi chez Alfa Romeo.

Du côté du Red Bull Junior Team, les pilotes sont bien plus nombreux à atteindre la Formule 1, mais ce programme est également plus fourni, avec dix membres en 2020 – dont un certain Yuki Tsunoda. "Bien que ce soit super que Red Bull ait trouvé Max [Verstappen], ils ont passé en revue beaucoup de talents pour en arriver là, et ça leur a coûté cher [financièrement]", souligne Brown. "Mieux vaut que nous soyons très ciblés. Andreas [Seidl, directeur d'équipe] et Andrea [Stella, directeur sportif] portent beaucoup d'attention aux formules de promotion, et on verra dans un an ou deux qui sera intéressant."

Propos recueillis par Luke Smith