Messi : s’il ne devait y en avoir que dix…

Dimanche soir, la Pulga a planté sa 500è banderille sous le maillot du Barça. Un but ô combien symbolique,  qui fait un peu plus entrer le numéro 10 argentin dans l’histoire du club blaugrana. L’occasion de s’installer confortablement dans la machine à remonter le temps, et de revoir ceux qui ont le plus compté dans le parcours du quintuple ballon d’or. Sortez les popcorns !

 

Dimanche soir au Bernabeu, Lionel Messi a écrit un nouveau chapitre de l’histoire qui le lie au Barça
(Photo Getty Images)

 

1. La première fois
C’était il y a douze ans, quasiment jour pour jour, face à Albacete. Le 1er mai 2005, un adolescent de 17 ans aux cheveux mi-longs entrait sur la pelouse du Camp Nou à la 87è minute de jeu à la place de Samuel Eto’o. Soixante secondes plus tard, le jeune Lionel Messi trouvait le chemin des filets, sur une passe lobée lumineuse du maître à jouer barcelonais d’alors, un certain Ronaldinho. En politique, on appelle ça une passation de pouvoir…

 


 

2. Déjà un classique
Lorsqu’on joue au Barça, on sait qu’il y a des rendez-vous qu’il vaut mieux ne pas manquer. Le Clàsico constitue l’un de ces moments charnières. Le genre de match où les buts pèsent une tonne. Et autant dire que Messi n’a pas attendu d’avoir vingt ans pour passer son permis poids lourds. Du premier coup. Le 10 mars 2007, il inscrivit en effet un triplé contre l’ennemi héréditaire, permettant à lui tout seul de sauver les Culés d’une défaite qui semblait inévitable. Au passage, la Pulga se paya le luxe de devenir le premier joueur du Més que à s’offrir un hat trick contre les Merengue depuis Romario en 1994. Pas mal pour un gamin pas encore en âge de se payer une bière aux US.

 

3. L’autre « Pibe de oro »
La comparaison n’a pas tardé à devenir inévitable. Un pied gauche magique, des dribbles funambules, des buts à la pelle : très vite, l’Argentine a compris qu’elle s’était dégoté un nouveau gamin en or. Histoire de transformer l’hypothèse en certitude – et de pousser la ressemblance jusqu’à la gémellité – Leo se fend, en ce le 18 avril 2007, d’un but d’anthologie qui a depuis fait le tour du monde (et le bonheur des compiles Youtube). Au programme : un cavalier seul de 70 mètres, des adversaires transformés en plots, et une conclusion pleine de sang-froid. Tout le génie de l’Argentin résumé en sept secondes. Amateurs de raids solitaires, à vous de trancher…

 

4. Une belle tête de vainqueur
« Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! ». Le dernier vers de Ultima Verba, le grand poème de Victor Hugo issu des Châtiments, pourrait devenir dans la bouche de Leo : « Et s’il n’en reste qu’un, ce serait celui-là ». Pour le génie de Rosario, le but qu’il inscrivit contre Manchester United en finale de la Ligue des Champions en 2009 reste en effet le plus important de sa carrière : « Je dis toujours que je préfère me fier à l’importance plus qu’à la beauté du but. Donc, pour son importance,  je choisis celui de la tête contre Manchester United en finale de C1. C’est un but qui nous offre quasiment le titre alors bien sûr, je choisis ce but. » Quand un joueur qui a planté 500 pions avec l’un des plus grands clubs du monde se charge lui-même de faire le tri, on ne le contredit pas.

 

5. Un slalom de géant
27 avril 2011, Santiago Bernabeu, demi-finale aller de la Ligue des Champions. Entre les deux grands d’Espagne, le match est âpre, tendu par l’enjeu exorbitant qui oppose les écuries du Mou et de Pep. Le Barça s’accroche à son but d’avance, déjà inscrit à la 75è minute de jeu par la Pulga. A cinq minutes du terme, Leo décide de rendre l’air un peu plus respirable pour les siens et lâche les chevaux. L’éclair va zébrer la pelouse du Bernabeu sur 40 mètres, jusqu’à la cage de Casillas, sans que personne ne parvienne à le stopper. Du Messi dans le texte, tout en instinct et en vivacité. Essayez donc de tacler la foudre…

 

6. Une manita à lui tout seul
En ce 7 mars 2012, Leo décida d’assurer seul le spectacle face au Bayer Leverkusen, en huitième de finale retour de C1. Résultat : le premier quintuplé de l’histoire de la compétition et une victoire sur un score de baby foot pour Barcelone (7-1). Quand la Pulga est à fond de cinquième, on arrive vite à court de superlatifs. Brossé, piqué, lob… On vous laisse choisir

 

7. 2012, la fin d’un monde
En 2012, les Cassandre les plus dépressives prophétisaient la fin du monde. Une mauvaise lecture des augures mayas qui prédisaient en fait l’engloutissement de celui de Gerd Muller, un chevalier teutonique détenteur depuis 40 ans du record du nombre de buts inscrits sur une année civile (86). Le genre de marque aussi inaccessible qu’un record de lancer du poids est-allemand. Pas de quoi effrayer Leo néanmoins, qui décida, au terme d’une année 2012 digne de figurer dans Les Chroniques martiennes, de l’effacer d’un plat du pied gauche au soir du 9 décembre. Son doublé face au Bétis Séville lui permit d’ajouter ainsi un 87è pion à son chef d’œuvre annuel. Il n’y a plus qu’à attendre encore 40 piges…

 

8. Seul sur les cimes catalanes
Tout au long de sa riche histoire, le Barça a prêté sa liquette à la crème de la crème des buteurs. De César à Eto’o, en passant par Kubala et Kluivert, le club blaugrana a toujours eu le nez creux pour dénicher des serial buteurs. Le plus prolifique d’entre eux s’est longtemps appelé Paulino Alcantara. Entre 1912 et 1927, l’attaquant né aux Philippines avait en effet inscrit la bagatelle de 369 buts en 357 rencontres, toutes compétitions confondues (matchs amicaux inclus). Le soir du 16 mars 2014 face à Osasuna, Messi fit tomber la version catalane de l’Absolu en inscrivant son 370è but avec le Més que. De quoi donner envie à Hegel de réviser son jugement sur Napoléon.


[Résumé beIN SPORTS] FC Barcelone 7-0 Osasuna par beINSPORTS

 

9. Messi, roi de la Liga
Le problème avec l’Argentin, c’est qu’il se contente rarement de marquer un seul but, et c’est souvent par paquets de trois qu’il fait ses livraisons. Comme ce 23 novembre 2014, face à Séville. Auteur d’un énième triplé, le n°10 put néanmoins chérir particulièrement sa troisième réalisation, synonyme d’accession au trône de meilleur buteur de l’histoire de la Liga (253 buts). Une position monarchique occupée jusqu’alors par le mythique attaquant de l’Atlétic Bilbao, Telma Zarra. Pas de quoi émouvoir outre mesure Messi, habitué à la solitude du pouvoir.

 

10. Le 500è rugissant
C’était dimanche soir au Bernabeu, à la 92è minute de jeu. D’ordinaire, le money time est le royaume de Sergio Ramos. En l’absence du spécialiste des buts au buzzer – dûment expulsé après son découpage en règle de la Pulga – Messi s’est employé à jouer les deus ex-machina en marquant le but de la victoire barcelonaise dans les derniers instants de la rencontre. Un but à la charge symbolique forte. Son 500è sous le maillot blaugrana, lors d’un Clàsico décisif, dans un stade qui n’avait jamais vu perdre son équipe dans les arrêts de jeu, et qui relance complètement le championnat… N’en jetez plus ! Messi, més que un joueur (pas vrai Omar).


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