Mi-lourds : Artur Beterbiev, de la dynamite dans les mains

Artur Beterbiev pose avec ses deux ceintures WBC et IBF des mi-lourds, jeudi au Madison Square Garden de New York. (M. Williams/Getty images)

Vainqueur de tous ses combats avant la limite, Artur Beterbiev, Russe naturalisé canadien, va tenter d'unifier les titres mondiaux face à l'Américain Joe Smith. Son partenaire Christian Mbilli raconte ce phénomène.

Quand il pénétra sur le ring du Madison Square Garden, Artur Beterbiev (37 ans) aura l'étiquette d'ultra-favori accolée au dos. Chez les bookmakers, le champion WBC-IBF des mi-lourds (-79,387 kg) a une cote à 9 contre 1 pour unifier les titres mondiaux face à l'Américain Joe Smith (32 ans, 1,83 m, 28 victoires, dont 22 avant la limite, 3 défaites), tenant WBO, la nuit prochaine au Madison Square Garden de New York (en direct sur beIN Sports 1 à 3 h). Ses 17 victoires avant la limite en autant de combats sont sûrement une raison.

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« Je vois Artur gagner avant la limite, affirme Christian Mbilli. Smith n'est pas de la même trempe. » Numéro 3 WBC des super-moyens (-76,203 kg), le Français connaît bien Beterbiev, puisque les deux hommes partagent les mêmes entraîneurs à Montréal, les Québécois Marc Ramsay et Samuel Décarie. Mais, bien qu'ils soient d'un poids voisin, ils ne mettent pas les gants ensemble. « Au Canada, ce n'est pas comme en France, explique Mbilli. Artur a une puissance remarquable, alors Marc n'aime pas trop qu'il mette les gants avec ses boxeurs. Il avait essayé, mais ça s'était mal passé pour eux. Marc préfère faire venir des sparring-partners de l'extérieur qu'il paie. »

Beterbiev est le seul champion mondial des dix-sept catégories à avoir remporté tous ses combats avant la limite. « C'est sa nature d'être puissant, remarque Mbilli. Il l'était déjà en amateur. Il soulève autant de poids qu'un poids lourd. Il a une condition physique exceptionnelle. Tous ses coups sont puissants, même sans faire exprès. Il abîme les mains des coaches quand ils lui donnent la leçon. »

Lui-même très puissant, Mbilli (27 ans, 1,74 m, 21 v., dont 19 avant la lim., 0 d.) s'est retrouvé deux fois face à Beterbiev. « Pour de la technique, sans trop appuyer les coups, se souvient-il. On avait travaillé les coups au corps, les déplacements, les enchaînements. J'avais été très méfiant. Avec lui, le moindre petit coup fait mal. » Tout comme Mbilli, arrivé en 2017 à Montréal, Beterbiev est passé professionnel avec le promoteur canadien Yvon Michel.

Né au Daghestan (république fédérée de Russie) d'une mère infirmière et d'un père conducteur de bus, le champion WBC-IBF, d'origine tchétchène, est venu à la boxe à 8 ans. Champion d'Europe amateur 2006 et 2010 et du monde 2009, battu en quarts de finale (par l'Ukrainien Usyk, actuel champion WBA-WO-IBF des lourds) des Jeux Olympiques 2012, il s'installait en 2013 à Montréal avec son épouse et leurs deux enfants (2 autres enfants sont depuis nés au Canada).

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Si Beterbiev, naturalisé canadien, sous contrat avec le promoteur américain Bob Arum depuis 2019, bat Smith, il pourrait finir d'unifier les titres mondiaux face au tenant WBA, le Russe Dmitri Bivol (31 ans, 1,83 m, 20 v., 0 d.), vainqueur du Mexicain Canelo Alvarez le mois dernier. « Canelo venait des super-moyens, rappelle Mbilli, mais Artur, lui, est un vrai mi-lourd. Et, en plus de sa puissance, il a une très bonne technique. C'est un phénomène. »

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