Michel Platini va rencontrer la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra le 10 février

Michel Platini, en août dernier. (F. Faugère/L'Équipe)

INFO L'ÉQUIPE. Ennemi déclaré de Noël Le Graët, le triple Ballon d'or Michel Platini va rencontrer Amélie Oudéa-Castéra le mois prochain. Au départ, il ne devait pas être question de la FFF, mais ça pourrait changer.

Selon nos informations, Michel Platini sera reçu par la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, le 10 février. Dans le contexte actuel de très fortes turbulences autour du président de la Fédération française de football (FFF), Noël Le Graët, cette rencontre sera scrutée de très près. Le rendez-vous a été calé peu après la finale de la Coupe du monde, à la demande de « Platoche », mais plutôt pour parler de la FIFA que de la FFF. L'ancien numéro 10 des Bleus se proposant d'instruire la ministre sur les us et coutumes de l'institution internationale. Mais l'actualité fédérale française pourrait bouleverser l'ordre du jour, alors que la succession de « NLG » finira quand même bien un jour par se poser.

Seule certitude, Platini et Le Graët entretiennent des relations exécrables. En gros, « Platoche » reproche vertement au Breton de ne pas l'avoir assez soutenu lors de ses « emmerdes » avec la FIFA. Le président de la FFF est même devenu le principal allié européen de Gianni Infantino, le pire ennemi, toutes catégories, de Platini. « Je n'allais quand même pas le border tous les soirs [...] Chacun sa vie. S'il peut revenir dans le foot, tant mieux. S'il ne peut pas revenir, tant pis. Son avenir ? Je m'en fiche complètement », avait répondu Le Graët à Platini dans L'Équipe du 4 octobre 2017, avec un style très personnel qui annonçait ses déclarations de dimanche contre l'autre plus grand joueur de l'histoire du football français, Zinédine Zidane...

L'avenir judiciaire de Platini encore flouDeux ans plus tard, toujours dans L'Équipe, alors que Le Graët était en piste pour un nouveau mandat et qu'aucun opposant crédible ne s'était déclaré, Michel Platini s'était vaguement interrogé : « Des copains me conseillent d'y aller, d'autres me disent : "C'est quoi l'intérêt d'être président de la FFF quand on a été président de l'UEFA ?" » Depuis, l'ancien patron de la Confédération européenne (2007-2015) n'a pas franchement trouvé de réponse à cette question, mais par deux fois déjà dans le passé, pour devenir sélectionneur des Bleus (1988-1992) puis coprésident de la Coupe du monde 1998, « Platoche » avait su forcer sa nature pour répondre à l'appel de la patrie.

Actuellement en vacances aux Seychelles, Michel Platini est donc encore loin de se poser comme recours à un éventuel empêchement de Noël Le Graët. Avec deux obstacles majeurs : sa propre envie donc, mais aussi son avenir judiciaire. Le Français a certes été acquitté, le 8 juillet dernier, par la justice suisse des soupçons d'escroquerie, abus de confiance et gestion déloyale qui pesaient sur lui dans l'affaire dite du « paiement présumé déloyal » (*), mais les procureurs helvètes et la FIFA ont depuis fait appel, avec donc un nouveau procès à programmer dans les mois ou années qui viennent.

(*) L'ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, était soupçonné d'avoir indûment versé deux millions de francs suisses (1,5 million d'euros de l'époque) à Michel Platini, en février 2011. Les deux hommes ont été acquittés.

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