Michelin poursuit l'analyse des données du pneu de Quartararo

Léna Buffa
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Quelques jours après un Grand Prix d'Aragón passablement gâché pour , Michelin n'est pour le moment pas en mesure d'officiellement éclairer le pilote français sur les raisons des soucis qui l'ont si fortement gêné au niveau de son pneu avant. Le pilote Petronas avait rapidement pointé du doigt "une pression devenue incontrôlable" pour expliquer ce qui l'a fait dégringoler de la pole position à la 18e place finale.

"Nous sommes en train d'analyser les données, puis nous les partagerons avec l'équipe et nous pourrons ensuite faire une annonce officielle", a expliqué Piero Taramasso à Motorsport.com. "De mon point de vue, il est possible que la pression de départ ait été un peu élevée et l'asphalte était aussi plus chaud que pendant le reste du week-end. Et puis quand on court en groupe, dans les premiers instants de la course, il peut arriver que le pneu surchauffe, ce qui mène la moto à se comporter de manière différente. Le pneu est alors mis sous effort et il devient très difficile de gérer la situation. Mais nous en saurons plus dans les prochains jours."

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Pour cette première course sur le MotorLand Aragón, Fabio Quartararo avait opté pour un pneu avant medium, le même choix que celui de son coéquipier , avait opté pour un pneu tendre qui semble finalement s'être mieux comporté. Pour le responsable Michelin, ce choix dépendait toutefois plus du style des trois pilotes.

"Maverick est un pilote qui n'agresse pas les pneus, il est capable de faire toute une course avec le soft à l'avant même si la température est élevée", remarque-t-il. "Franco, par contre, est plus agressif et, compte tenu de son style, il a besoin du medium dans des conditions comme celles de dimanche. Fabio se situe un peu entre les deux, donc les deux solutions pouvaient convenir pour lui. Je pense cependant qu'il s'agissait dans ce cas plus d'un choix lié à son style de pilotage qu'à la moto."

Medium-soft, le meilleur choix attendu pour dimanche

Bien que tous s'attendaient à des conditions automnales pour cette fin de saison, les températures très basses observées le week-end dernier en Aragón ont quelque peu surpris, au point de pousser les instances à décaler le programme après la première journée. Pour le manufacturier, la course, finalement disputée dans les meilleures conditions du week-end, a permis de confirmer l'option la plus favorable à privilégier pour le second Grand Prix sur place, qui aura lieu cette semaine.

"Nous nous attendions à des températures basses, et c'est la raison pour laquelle nous avions apporté des gommes plus tendres que par le passé. Mais vendredi nous avons trouvé des conditions plus froides que prévu", explique Piero Taramasso. "La piste était aussi très sale, elle offrait donc peu de grip, et le vent aussi était très gênant, surtout dans les virages 13 et 14. Après les EL1, la piste était plus propre et avec plus de gomme au sol les pneus se sont bien comportés. Mais c'est normal, car quand la piste est plus gommée le transfert thermique est plus rapide."

"Au fur et à mesure que la course approchait, les conditions se sont améliorées de façon constance. Dimanche, pendant la course, il y avait un peu plus de 30°C au sol, une bonne température. Les pilotes se sont divisés entre ceux qui ont choisi deux soft, ceux qui ont pris deux medium ou bien ceux qui ont opté pour le medium à l'avant et le soft à l'arrière. Pour nous, ce dernier choix était la solution idéale, parce que nous avons vu que, même s'il y a eu un peu d'usure, le soft n'a pas entrainé de baisse des temps, surtout pour les pilotes qui ne l'ont pas trop agressé dans les premiers tours", observe le responsable.

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Plusieurs pilotes partageaient en effet ce point de vue après la course, et notamment qui estimait qu'il aurait dû opter pour le tendre à l'arrière au lieu du medium. "Après la course, nous parlons avec tous les pilotes, et la conclusion générale est qu'il s'agissait de la meilleure solution. Je pense qu'à la course de dimanche nous verrons de nombreux pilotes faire ce type de choix", assure Piero Taramasso.

"Le soft à l'arrière offrait un grip supplémentaire par rapport au medium, ce que l'on a pu voir dès les premiers tours de leur utilisation. Ceux qui ont choisi le medium avaient peur quant à eux que le soft puisse souffrir d'une baisse en fin de course, mais ça n'a pas été le cas, c'est donc un choix qui n'a pas payé. Je pense donc que cette semaine tout le monde va travailler sur les réglages des motos avec l'objectif de maintenir les performances le plus longtemps possible avec le soft."

Propos recueillis par Matteo Nugnes