Mike Tyson mis en série par Disney suscite des controverses

Diffusé en France à partir de jeudi sur Disney +, « Mike », la mini-série biographique sur Mike Tyson, a suscité de nombreuses critiques aux États-Unis. En premier lieu de la part de l'ancien boxeur en personne.

Difficile de rêver meilleur scénario que la vie de Mike Tyson. Du ghetto de Brownsville, à Brooklyn, aux rings de Las Vegas, en passant par la prison de Plainfield, Indiana, le parcours du champion du monde des lourds (1986-1990 puis 1996) méritait bien une série, après un téléfilm dès 1995 (Tyson, d'Uli Edel) et plusieurs documentaires dont celui de James Toback, en 2008 (Tyson). Diffusé aux États-Unis depuis le 25 août sur la plateforme Hulu, Mike est depuis ce jeudi visible en France via Disney +. Une mini-série de huit épisodes, d'environ 30 minutes chacun, qui a reçu un accueil mitigé outre-Atlantique.

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L'équipe de « Moi, Tonya » aux commandes

Mike est écrit et produit par Steven Rogers, le scénariste à l'origine du film Moi, Tonya. Sorti en 2017, le film mêlait déjà sport et fait divers en retraçant, sous la forme d'un faux documentaire, le scandale Nancy Kerrigan-Tonya Harding, qui avait bouleversé le patinage mondial avant les Jeux Olympiques de 1994. L'actrice Margot Robbie, Tonya Harding dans le film, est coproductrice de Mike. Tout comme le réalisateur de Moi, Tonya, Craig Gillespie, qui a aussi mis en scène plusieurs épisodes. Au casting, il faut ajouter l'acteur de Moonlight, Trevante Rhodes qui campe un Mike Tyson convainquant. Pas tant par la ressemblance physique, mais par son jeu, zézaiement du boxeur compris. Harvey Keitel interprète son coach et mentor Cus d'Amato, Russell Hornsby son manager Don King et Laura Harrier, sa première épouse, l'actrice Robin Givens.

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Mike Tyson très fâché

Mike Tyson n'a pas été impliqué dans le projet et c'est peu de dire qu'il n'a pas aimé la série. Bon, en même temps, on n'est pas sûr qu'il l'ait vue. Sur Instagram, il y a un mois, la légende de la boxe a laissé un message incendiaire. « Ne vous faites pas avoir par Hulu. [...] Ils m'ont volé mon histoire, sans me payer. Pour les patrons d'Hulu, je ne suis qu'un n... qu'on peut vendre aux enchères... Hulu est la version streaming du maître d'esclaves... »

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« Nous voulions juste raconter une histoire sans biais et laisser le public choisir ce qu'il en pense ou ressent, a déclaré de son côté la productrice Karin Gist. Que les gens se posent des questions sur ce qu'ils savent vraiment de Tyson... Que vous l'aimiez ou le détestiez, la série vous interroge-t-elle sur la responsabilité de la société sur ce qu'il lui est arrivé ? C'était notre intention... » Pour sa part, Trevante Rhodes avait tenté de contacter l'ancien boxeur sur Instagram en mai 2021, après avoir accepté de l'incarner dans Mike. Il n'a jamais obtenu de réponse. Ni Russell Hornsby ni Laura Harrier n'ont, eux, cherché à joindre respectivement Don King ou Robin Givens. « Pour rester objective », a indiqué l'actrice.

La presse américaine dubitative

Depuis le début de la diffusion de la série, la presse américaine n'est pas tendre avec Mike. Certains se sont d'abord étonnés d'une erreur grossière dès le premier épisode. Il y est en effet question d'un certain Championnat du monde des lourds, en 1988 à Atlantic City, entre Tyson et... Leon Spinks. Pas de chance, c'était son frère Michael Spinks qui était sur le ring ce jour-là. Plus grave, certains journaux ont critiqué la série sur le fond, notamment au sujet du rapport de Mike Tyson avec les femmes. Le magazine Time a ainsi publié un article titré « « Mike » rabaisse les femmes que Tyson a blessées ». De son côté le New York Times a écrit : « Comme l'ensemble de la culture américaine, la nouvelle mini-série d'Hulu ne sait pas s'il faut condamner ou glorifier la violence. »

Le film raconte en effet l'histoire du point de vue du boxeur. Devenu comédien, il raconte sa vie un peu façon stand-up dans une salle de théâtre de l'Indiana. Mais sur les cinq premiers épisodes accessibles aux médias avant diffusion, difficile de trouver la série complaisante. La violence de Tyson, en premier à l'égard des femmes, y est clairement montrée. Et dans le cinquième épisode, consacré à l'affaire Desiree Washington, cette concurrente de Miss Black America qui le fera condamner à six ans de prison pour viol en 1992, le procédé narratif change. L'histoire n'est plus racontée du point de vue de Tyson mais de celui de la victime. « Je suis le champion le plus brutal, vicieux et impitoyable que vous ayez jamais vu », affirme sur scène le personnage joué par Trevante Rhodes dès le premier épisode. Direct...