Le ministère des Sports veut muscler le bénévolat sportif

Le bénévolat sportif fait l'objet d'une matinée de travail sous l'impulsion du ministère des Sports. (S. Mantey/L'Équipe)

La ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques planche ce lundi avec plusieurs membres du gouvernement autour de trois pistes destinées à encourager le bénévolat sportif, en souffrance depuis le début de la crise sanitaire.

La crise sanitaire et ses confinements sont passés par là. En plus de perdre bon nombre de leurs licenciés, les clubs ont aussi vu partir leurs bénévoles, ou plutôt ne les ont pas vus revenir. Engagés dans d'autres domaines, lassés du manque de reconnaissance, trop fatigués... De quoi susciter l'inquiétude du mouvement sportif et pas seulement.

Dans une grande enquête menée ce printemps auprès des acteurs sportifs et institutionnels par le Centre de droit et d'économie du sport de Limoges (CDES) à la demande de l'Association nationale des élus du sport (Andes), 53 % des sondés plaçaient le « manque de personnes qui souhaitent s'engager (bénévolat) » comme leur première préoccupation, devant l'incertitude due à la crise sanitaire (43 %) et le manque de moyens financiers (39 %).

Un enjeu majeurVieux serpent de mer des ministères, le bénévolat fait naturellement partie de la feuille de route de la ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques. Amélie Oudéa-Castéra organise ce lundi 5 décembre, clin d'oeil à la journée mondiale du bénévolat, un atelier au Conseil économique social et environnemental avec trois autres membres du gouvernement : Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'économie sociale et solidaire, Carole Grandjean, ministre déléguée chargée de l'Enseignement et Sarah El Hairy, secrétaire générale en charge de la Jeunesse et du Service national universel.

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L'objectif est de creuser trois pistes destinées à faire venir ou revenir les bénévoles dans les associations sportives. La première consiste en « la reconnaissance et la valorisation des compétences des bénévoles sportifs ». Le ministère veut ouvrir le futur service public de la validation des acquis (VDA), dont le projet de loi vient d'être adopté, aux bénévoles sportifs. Ils devraient aussi bénéficier du compte d'engagement citoyen (CEC), nouveau dispositif mis en place par le gouvernement qui permet d'acquérir des droits à la formation quand on exerce une activité de bénévole ou de volontaire.

Féminiser le bénévolatL'autre solution consiste à simplifier les démarches administratives des bénévoles qui freinent souvent leur enthousiasme. Une consultation publique en ligne va être lancée dans les prochains jours par la secrétaire d'État à la vie associative afin de recueillir les attentes des clubs et des bénévoles, lesquelles seront présentées lors des Assises nationales de la simplification associative prévues au printemps prochain. Le cabinet d'Amélie Oudéa-Castéra souligne l'importance d'« alléger les obligations administratives pour redonner du temps aux bénévoles » et les aider à se concentrer sur l'essentiel de leur mission.

La dernière piste est de rajeunir et féminiser la population des bénévoles pour préparer l'avenir. Plusieurs opérations sont prévues pour encourager les jeunes bénévoles à s'engager et notamment les jeunes femmes. Le ministère des Sports apporte par exemple son soutien au club des 300 dirigeantes créé par le CNOSF. Pour être dans les clous de la loi sport du 2 mars dernier, qui fixe la parité dans les instances dirigeantes nationales et internationales, plus de 3 000 femmes bénévoles vont devoir s'engager d'ici 2028.

Les travaux de la matinée ne porteront pas sur un changement de statut des bénévoles leur permettant, par exemple, d'exercer une activité de bénévole en bénéficiant de certains droits des salariés, car cette question « ne fait pas l'unanimité », précise le cabinet de la ministre. Dans son étude, le CDES souligne : « Certains acteurs pensent qu'une nouvelle forme juridique pourrait faire partie des réponses à apporter. Mais il semble que ce soit davantage le projet collectif et la redéfinition d'un socle de valeurs communes qui doivent être remis au centre des préoccupations en vue de renforcer l'attractivité de l'engagement associatif au cours des prochaines années ».