« Mister George », un documentaire de Canal + sur la vie de George Eddy

Dans le documentaire « Mister George, l'extraordinaire vie de George Eddy », Michael Jordan accompagne toute la première partie de carrière du commentateur de Canal +. (M. Deschamps/L'Équipe)

Diffusé ce dimanche à 22h40 sur Canal +, le documentaire « Mister George, l'extraordinaire vie de George Eddy » retrace le parcours de vie atypique du célèbre commentateur de basket franco-américain.

Revivre la carrière de George Eddy (66 ans) pendant les 75 minutes du documentaire « Mister George, l'extraordinaire vie de George Eddy » (disponible dans la nuit de samedi à dimanche sur MyCanal), c'est revivre l'histoire du basket et particulièrement de la NBA en France. Mais aussi l'espace d'un instant, la naissance de Canal + en 1984 avec des images d'archives sur les premières minutes d'antenne avec Gérard Depardieu, Jeanne Mas, Michou et les autres...

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George Eddy, lui, débarque en 1985, recruté par Charles Biétry, le patron des sports de l'époque, pour commenter la NBA. « Dès le premier match, il nous transportait aux États-Unis dans les salles, on était au match », se souvient Biétry dans le film. « Le tout premier match avait un mois de différé, mais après c'était généralement un match qui avait lieu deux semaines avant, raconte George Eddy. Je connaissais le résultat, je connaissais les actions. Je devais faire semblant de découvrir tout, c'était l'âge de pierre. » Au fil du temps, Canal + va se rapprocher de plus en plus du direct, jusqu'à la première diffusion en live de finales NBA, en 1991, pour le premier titre de Michael Jordan avec les Bulls (4-1 face aux Lakers).

Trois journées d'interviews face caméra ont été nécessaires à George Eddy pour raconter sa carrière de joueur en région parisienne, de journaliste sur la chaîne cryptée et sa jeunesse en Floride. Cette dernière partie est la plus méconnue du grand public, mais apparaît tout aussi passionnante. « J'étais très surpris que Clément (Repellin, le réalisateur) s'engage à aller voir ma maison d'enfance, mes copains, la salle de basket que mon père a fait construire dans un ghetto noir de ma ville. C'est grâce à mes parents que j'ai créé ma personnalité, donc c'est assez logique. »

L'histoire de ces deux adultes handicapés, élevant deux enfants dans la Floride des années 50, raconte leur combat pour les droits civiques du peuple noir. Au point que les autres enfants reprochaient au jeune George de « trop traîner avec des noirs ». « Mes parents ont eu le courage de défendre leurs idées progressistes dans un État du sud archi-raciste, explique fièrement George Eddy. Si ma carrière vaut un documentaire, la vie de mes parents mériterait au moins une mini-série. »

Arrivé en France à l'âge de 20 ans, George Eddy se sent « plus français qu'américain » et son lien particulier avec les Bleus du basket n'est pas oublié, tout comme son rapport à Michael Jordan, à Tony Parker (parfois compliqué), mais aussi son accent et ses célèbres expressions. Tout y passe. Même son caractère de cochon sur le terrain n'échappe pas aux nombreux témoignages touchants de ses anciens partenaires de micro (Charles Biétry, Éric Besnard, Bruno Poulain, David Cozette) ou de parquet. Jusqu'à une séquence en compagnie de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, devant un match de Victor Wembanyama avec Boulogne-Levallois.

Si George Eddy se voit prendre sa retraite dans un an et demi, le commentateur trouve déjà la formule de sa fin de vie dans les derniers instants de son film. « Mourir en train de commenter, faire l'amour avec ma femme ou jouer sur un playground à Chatou avec mes jeunes camarades, cela m'irait très bien ! » Du Mister George pur jus.

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