MMA - KSW - Martin Lewandowski, patron du KSW : « Salahdine Parnasse me fait penser à Mohamed Ali »

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Le patron et cofondateur de l'organisation polonaise de MMA KSW, l'une des plus puissantes ligues européennes, ne tarit pas d'éloges sur le champion intérimaire poids plume de son organisation, Salahdine Parnasse (14 - 0 - 1). Il évoque l'émergence du MMA en Pologne, sa volonté de conquérir de nouveaux marchés et assure vouloir conserver sa pépite d'à peine 22 ans. « Le KSW est la plus grosse organisation en Europe et probablement parmi le top 5 mondial. Comment avez-vous construit cette réussite ?
Le chemin, depuis 15 ans, a parfois été cahoteux. Nous avons commencé en 2004 et le premier show a rassemblé 300 personnes, au restaurant "Champions" du Marriot de Varsovie. À l'époque, j'étais directeur de la promotion de l'hôtel et en charge de faire découvrir de nouvelles disciplines aux Polonais. Ma connaissance et ma pratique des arts martiaux (kung fu, boxe, kick boxing), et ma passion pour le MMA, m'ont amené à vouloir faire connaître cette discipline. J'ai rencontré mon associé, Maciej Kawulski, et nous avons réalisé que nous avions une passion commune pour le MMA et surtout pour l'organisation japonaise Pride. Nous étions fascinés par leur façon de faire, de mettre en scène de grands shows. Nous avons donc monté le premier événement en février 2004. À cette époque, le MMA était quasiment inconnu en Pologne. Et ceux qui le connaissaient l'associaient aux criminels, aux combats de chiens... On nous disait : ''ne faites pas ça, occupez-vous de golf, de tennis, de voile.'' Ça a été véritablement un long processus pour en arriver là aujourd'hui. Le KSW, qu'est-ce que c'est ? Quelles sont vos relations avec les autres organisations, et notamment l'UFC ?
L'UFC a déjà fait deux shows ici mais sans rencontrer autant de succès que les nôtres. Nous contrôlons clairement le marché ici comme ils le font aux États-Unis ou au Brésil. Bien sûr, nous sommes en compétition, mais il n'y a aucune guerre. Nous avons commencé à discuter des moyens d'une coopération, d'une co-promotion. L'UFC est une entreprise globale à travers le monde, nous avons un rayonnement plus limité : Pologne, Irlande, Angleterre, Croatie et nous réfléchissons à pénétrer la République tchèque, l'Allemagne, peut-être même la Suède et pourquoi pas les États-Unis mais c'est une stratégie à long terme. Vidéo : dans les pas de Salahdine Parnasse Vous êtes l'un des hommes les plus influents dans le sport en Pologne selon le magazine Forbes. C'est un achèvement pour vous ?
C'est la preuve que nous développons notre marché, notre marque, dans la bonne direction. C'est la reconnaissance que le MMA, ici en Pologne, est une véritable discipline, un véritable sport. Il n'y a plus de doute là-dessus alors qu'il y a 15 ans, les gens doutaient de l'identité. Est-ce du sport ? Est-ce du divertissement ? Ce classement Forbes, pour moi, c'est vraiment ça : la reconnaissance du MMA. Et une sorte d'achèvement, bien sûr, même si l'idée c'est d'améliorer notre position (sourire). « L'ouverture du MMA en France sera un bon business pour tout le monde » Le MMA va être légalisé en France. Est-ce un marché qui peut intéresser le KSW ?
Nous avons eu 7 combattants français au KSW, si je ne me trompe pas, dont Francis Carmont, Mansour Barnaoui (il est Tunisien mais a grandi en France et a fait une demande de naturalisation, Ndlr) et le meilleur d'entre tous, Salahdine Parnasse. Je sais qu'une nouvelle organisation va arriver (Ares, Ndlr), je sais que l'UFC veut également arriver très vite. Nous visons plutôt 2021. La France est un gros marché potentiel pour le MMA, nous ne pouvons l'ignorer... Il y a toujours des retombées économiques locales, même minimes, pour la ville ou le pays qui organise ce type d'événements. Donc l'ouverture du MMA en France sera un bon business pour tout le monde. Salahdine Parnasse, le Kylian Mbappé du MMA français Salahdine Parnasse est véritablement le meilleur combattant français passé par le KSW ?
Quand j'ai vu son premier combat au KSW il était, à l'époque, je pense, sous-estimé. Mais j'ai tout de suite compris qu'il était unique. Il est entré dans la cage avec une telle détermination, une telle aura. Il a suscité beaucoup de commentaires, la façon dont les gens l'ont applaudi était également un bon révélateur. Son premier combat était très bon et il a prouvé par la suite tout son potentiel. Il fait vraiment partie de la nouvelle génération de champions. Pour moi, il est comme Mohamed Ali : sa façon de bouger, sa façon de provoquer son adversaire, son attitude dans la cage... « Pour nous, les combattants ne sont pas que des numéros » Est-ce qu'il va rester au KSW où rejoindre l'UFC ?
Je n'ai pas envie qu'il parte à l'UFC. Il n'en a pas besoin. Il est très bien traité ici, il est l'un des tous meilleurs du KSW. Tout le monde fait ses choix dans la vie quand ils se présentent à vous. Bien sûr, les combattants pensent à l'UFC mais nous, nous ne sommes pas dans l'idée que l'UFC va nous "voler" des combattants. Nous avons désormais 15 ans d'existence, nous grandissons... Plein de nos combattants ont refusé des offres de l'UFC. Bien sûr, nous allons renégocier son contrat mais je crois que tous ses coaches et son équipe sont contents, ils se sentent appréciés. Nous avons fait grandir ce combattant, nous lui avons donné une visibilité internationale. Mais l'UFC est toujours un horizon possible pour les combattants même si nous, notre stratégie, c'est de garder les combattants et de le traiter comme des membres de l'équipe. Pour nous, ils ne sont pas que des numéros. Nous célébrons les combattants ! Est-ce que le MMA est un bon business ? Êtes-vous millionnaire aujourd'hui ?
(Rires) C'est un bon business. Deux ans après avoir lancé le KSW j'ai quitté mon boulot à l'hôtel Marriot. Qui était vraiment un bon boulot : j'avais une vie sociale très intéressante, je voyageais à travers le monde, j'avais la carte business gold, c'était une vie facile... J'ai pris un gros risque à ce moment-là car personne ne savait quelle direction allait prendre le MMA. Mais aujourd'hui, je suis satisfait. Concernant l'argent, je suis également satisfait, je ne peux pas me plaindre (sourires). »

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