MMA - UFC - L'UFC privée de télé française pour sa « Fight Island »

L'Equipe.fr
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Aucune chaîne française ne devrait diffuser la réunion de l'UFC, le promoteur majeur du MMA (mixed martial arts), programmée dans la nuit de samedi à dimanche. Malgré la pandémie du Covid-19, l'UFC, la principale organisation de MMA, propriété du groupe WME-IMG, est parvenue à organiser une série de rencontres sur une île d'Abu Dhabi. Les combats prévus dans la nuit de samedi à dimanche sur la « Fight Island » seront diffusés un peu partout dans le monde (sur ESPN aux États-Unis, BT Sport en Grande-Bretagne...), mais a priori, pas en France. lire aussi L'UFC va organiser des combats sur l'île de Yas à Abu Dhabi Le week-end dernier, RMC Sport, partenaire historique de l'UFC en France, avait choisi à la dernière minute de diffuser les combats de la « Fight Island » prévus le dimanche 12 juillet. Mais la maison mère du diffuseur, le groupe Altice, est depuis mai dans une politique de forte réduction du coût de ses chaînes de sport, et RMC n'a pour l'instant programmé aucune nouvelle rencontre. La chaîne ne fait pas de commentaire sur le sujet, mais elle n'est plus engagée sur le long terme avec l'UFC, avec laquelle elle signe désormais des contrats au coup par coup. Aucune autre chaîne ne se mettra sur les rangs pour retransmettre la soirée à sa place. La diffusion des combats de MMA reste en effet toujours soumise en France à une réglementation restrictive, même si le ministère des Sports a reconnu officiellement la pratique en France en février et délégué son organisation à la Fédération française de boxe (FFB). Dans une recommandation du 20 décembre 2005, toujours valable aujourd'hui, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) avait en effet enjoint les « éditeurs de services de télévision de ne pas diffuser de combats qui ne seraient pas régis par une Fédération nationale agréée par le ministère en charge des Sports ». Le CSA estimait alors que le MMA portait « atteinte à la dignité des participants », était « susceptible de nuire gravement à l'épanouissement physique, mental ou moral des mineurs » et était « contraire à la sauvegarde de l'ordre public ». Si RMC avait pu s'affranchir de cet avis, c'était seulement à la faveur d'un artifice juridique, son ancienne chaîne Kombat Sport (devenu depuis RMC Sport 4), émettant depuis le Luxembourg. Le 30 avril, le CSA a lancé « une consultation publique » afin « d'ouvrir une réflexion sur l'évolution de l'encadrement des retransmissions de combats de MMA ». Les promoteurs de MMA (UFC, Bellator, Ares Fighting, qui appartient, comme Canal+, au groupe Vivendi), tout comme les diffuseurs intéressés par la discipline, qui avaient jusqu'au 31 mai pour transmettre leurs observations au CSA, attendent depuis sa décision. David Shaw, vice-président de l'UFC « Nous ne sommes pas dans un rush, nous voulons que la régulation soit établie proprement. Si ça doit prendre plusieurs mois, ça nous va » « Nous attendons que le CSA décide d'une régulation sur la diffusion du MMA en France, confirme David Shaw, vice-président de l'UFC. On a eu plusieurs discussions avec le ministère des Sports et le CSA ces derniers mois. Nous espérons que le conseil donne une décision dans les prochains mois. Mais nous ne sommes pas dans un rush, nous voulons que la régulation soit établie proprement. Si ça doit prendre plusieurs mois, ça nous va. Vu le développement de l'organisation dans des territoires comme la Grande-Bretagne, la Scandinavie, l'Allemagne, il n'y a plus beaucoup de portes qui nous sont fermées » lire aussi Toute l'actu du MMA Au-delà de l'aspect financier d'un contrat de diffusion, l'enjeu de la diffusion du MMA en France se situe dans « le développement du sport pas seulement au niveau pro mais aussi au niveau amateur », selon David Shaw. « Ce ne sont pas seulement les fans qui bénéficieront d'une diffusion, mais aussi les athlètes qui aspirent à devenir des stars mondiales et qui bénéficieront beaucoup de l'augmentation de la visibilité, de la notoriété et du développement économique qu'elle peut apporter. » L'UFC espère être en mesure d'organiser un événement en France « avant la fin de l'année ». L'organisation espère aussi ne pas être pénalisée par un arsenal réglementaire trop contraignant. Si le CSA décidait par exemple que les combats de MMA relèvent de la réglementation relative aux « programmes pornographiques ou de très grande violence » (les films interdits aux moins de 18 ans), la diffusion des combats ne pourrait se faire qu'entre minuit et cinq heures, sur « certaines chaînes accessibles par abonnement ». Pour voir le combat principal de ce week-end (Deiveson Figueiredo - Joseph Benavidez), dans la nuit de samedi à dimanche, à 2 heures du matin, les amateurs français de MMA devront pour l'instant se contenter de l'abonnement sur internet de l'UFC, l'UFC fight pass (9,99 euros par mois), vendu sans limite d'âge.