Mode - Daömey, la marque qui séduit les basketteurs

L'Equipe.fr
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Sekou Doumbouya, Giannis Antetokounmpo, Frank Ntilikina... Ces derniers temps, certains basketteurs de NBA s'affichent sur les réseaux sociaux avec des vêtements de la marque Daömey, une griffe française qui mélange sportswear et streetwear.

Le 25 janvier 2019, Frank Ntilikina se pointe au Barclays Center de Brooklyn dans un ensemble mauve, un sac Louis Vuitton à la main, une paire de Jordan blanche aux pieds ainsi qu'une veste de la marque Daömey sur les épaules. Neuf mois plus tard, au Staples Center de Los Angeles, c'est au tour de Kostas Antetokounmpo de s'afficher devant les photographes avec un sweat à capuche de cette jeune marque française. Et quand ce n'est pas autour des parquets, Daömey s'immisce aussi sur les réseaux, grâce notamment au MVP des deux dernières saisons de NBA, Giannis Antetokounmpo.

Assis sur un fauteuil noir dans le sous-sol de sa boutique, située à quelques encablures de la Place de la Bastille à Paris, Sergio Capo-Chichi, le créateur de la marque, se remémore son palmarès. « Le premier basketteur NBA qui a porté un vêtement de la marque était Nicolas Batum quand il jouait au Portland Trail Blazers en 2010 », se souvient le designer.

Depuis, on peut dire que la marque de streetwear, créée en 2006, a enchaîné les trois points. Elle compte aujourd'hui un magasin à Londres (2018), dans le quartier jeune et branché de Shoreditch, un salon de tatouages (2020) et une boutique à Paris (2016). Entre-temps, Daömey a également commencé à réaliser des maillots de basket version manga, deux univers qu'affectionne Sergio Capo-Chichi. « Sur les tenues, j'ai repris les couleurs de clubs connus, comme le rouge et blanc des Chicago Bulls, auxquelles j'ai ajouté des noms de personnages mythiques du manga Dragon Ball Z , explique l'homme de 33 ans. Je suis un petit gars de la génération Club Dorothée. C'est pour cela qu'on retrouve pas mal de ces codes dans mes créations et mes magasins ».

En plus d'imaginer des tenues de clubs fictifs, Sergio Capo-Chichi joue aussi les équipementiers pour des petites formations françaises. Lui qui a joué au basket jusqu'en cadet à l'ALM Evreux, a réalisé les tuniques de son club formateur, Evreux Netreville, mais aussi du Briançon Basket-Ball. « Mon rêve était d'avoir mon logo sur un maillot de basket », confie-t-il.

Atelier de couture improvisé et Fashion Week
Si Daömey est validé par les basketteurs, elle l'est aussi par l'univers de la mode. En septembre 2018, la créativité de Sergio Capo-Chichi a notamment attiré les regards de la Fashion Week de Turin. « En Italie, j'ai défilé aux côtés de Kappa, Fila, ou encore Ellesse dans la salle principale de l'événement, détaille ce dernier d'un air rêveur. Je me suis retrouvé avec des marques que je portais quand j'étais petit ».

Cette sensibilité artistique, Sergio Capo-Chichi l'a développé pendant son enfance, période de sa vie où est né le projet Daömey. « Le soir après le collège, je retapais les vêtements que ma mère m'achetait, car à l'école on avait tous les mêmes. Ça l'énervait , raconte Sergio Capo-Chichi. Plus tard, elle a compris que je voulais travailler dans la mode. À mes 18 ans, elle m'a offert le dépôt de la marque à l'INPI (Institut National de la Propriété Intellectuelle) ». Daömey est un mélange entre Dahomey, l'ancien nom du Bénin (son pays d'origine) et Dao, un sabre chinois.

L'Agenda, la consécration
Sergio Capo-Chichi, qui a fait ses gammes sur le merchandising du rappeur Ol Kainry, son cousin, participera en février prochain, à l'Agenda. Un événement qui rassemble les plus grandes marques de streetwear et de vêtements de sport du monde entier. Une consécration pour Daömey, qui sera le seul représentant français au Caesar Palace de Las Vegas, lieu où se déroulera la manifestation.

En attendant de pouvoir exposer ses créations aux USA, la marque continue de proposer des produits originaux. Après une collaboration avec le Wu-Tang Clan, groupe de rap américain iconique des années 90, Daömey présentera une ligne de vêtements réalisée en partenariat avec Che Guevara.