Mode - Rudy Gobert : « L'image de la NBA a changé grâce au dresscode »

L'Equipe.fr
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C'est en marge d'une présentation virtuelle avec un de ses partenaires, l'horloger Phenomen, que nous avons discuté de l'importance du dresscode en NBA avec le basketteur français Rudy Gobert. Et aussi de la marque de mode Benklark dans laquelle il s'investit. « En 2020, comment doit-on s'habiller pour être stylé en NBA ?
Comme on veut (rires). Disons que pour moi, la règle numéro un, c'est d'être à l'aise. Je dois me sentir bien dans ce que je porte, avec des vêtements adaptés et bien taillés. Entre votre arrivée en NBA en 2013 et aujourd'hui, avez-vous ressenti une évolution dans votre style ?
Clairement. Je n'avais pas trop de style à mon arrivée aux États-Unis. J'avais moins de vêtements qui m'allaient. Au fil des années, j'ai rencontré des personnes qui m'ont aidé à trouver des tenues plus adaptées à ma silhouette. J'ai aussi gagné en maturité, ça m'a permis de mieux me connaître. Après, mon style évolue toujours. Dans deux ou trois ans, je ne m'habillerai peut-être pas comme maintenant. lire aussi NBA : Comment un simple code vestimentaire a transformé l'image des joueurs Que pensez-vous du dresscode en NBA ?
J'ai l'impression que l'image de la Ligue a changé. La NBA est vue comme une Ligue beaucoup plus classe qu'il y a 20 ans. Je pense que ça a permis d'attirer de nombreuses marques, notamment de luxe, qui travaillent aujourd'hui avec la NBA. C'est super pour l'image de la Ligue et du basket en général. Malgré ça, pour moi, chacun devrait pouvoir s'habiller comme il en a envie. Du moment qu'il n'y a rien d'offensant ou de dégradant. Avez-vous déjà rencontré des soucis par rapport à ça ?
Moi non, j'ai jamais eu de problème. Personne de la Ligue ou du Jazz ne m'a dit : "là t'as pas respecté le dresscode" ».

Est-ce qu'il y a des joueurs qui vous influencent ?
Concernant leur style, non pas vraiment. Même si inconsciemment, on s'inspire tous de ce qu'on voit. J'ai jamais cherché à les imiter. J'ai jamais vu un mec pour me dire après : "ah tiens, je devrais m'habiller comme ça". Quel est pour vous le joueur le plus stylé de NBA ?
J'aime bien le style de Jordan Clarkson (Utah Jazz). Je trouve que c'est quelqu'un d'original, il n'a pas vraiment de règle. J'apprécie beaucoup les personnes qui ne suivent pas les mouvements et les tendances. J'aime les gens qui ont un style à eux. Je n'ai jamais été très marques, j'en porte bien sûr, mais c'est parce que j'apprécie le produit. Je n'ai jamais porté de marque pour la marque, c'est comme ça que je réfléchis et c'est comme ça que je continuerai à réfléchir. Et le moins stylé ?
Mon coéquipier Joe Ingles. Il vient juste pour jouer, puis rentre chez lui. Il arrive à la salle avec son café, son jogging et ses Converse. Il s'en fout, il veut juste être à l'aise. Il ne s'habille pas, mais c'est le premier à commenter ta tenue. Il a toujours quelque chose à dire et ça fait toujours rire. S'il valide ton look, tu sais qu'il est réussi. Êtes-vous aidé par un styliste ?
Non, c'est moi qui décide. Après, j'aime bien écouter ce que les gens disent, avoir leurs retours. Comment choisissez-vous votre tenue avant un match ?
Ça dépend. Je vais dans mon dressing, je regarde le temps qu'il fait dehors, et surtout le temps qu'il me reste pour me préparer (rires). J'y vais un peu au feeling. Quand on fait 2,16 m, ce n'est pas trop compliqué de trouver le vêtement idéal ?
Ce n'est pas compliqué, parce que je ne cherche pas. Pour le sportswear, Nike m'envoie les vêtements. Pour ce qui est des tenues plus stylées et habillées, c'est souvent du sur-mesure avec des marques dans lesquelles je suis impliqué. Il y a Benklark, pour les looks classes et un peu décontractés, et Phenom (LA), plus haut de gamme en termes de produit. C'est une marque pour les grands. Dans vos looks, vos sneakers changent souvent. Combien possédez-vous de paires ?
Quand je vois d'autres joueurs, j'ai l'impression que je n'ai pas beaucoup de sneakers, pourtant... Des paires que je mets activement, j'en ai entre 15 et 20. Maintenant, je peux me faire plaisir, car j'ai plus de choix. Avant, je n'en avais pas vraiment à cause de ma pointure (53). Nike m'envoie des modèles sympa que j'adore varier en fonction de ce que je porte. Vous vous affichez aussi avec des maillots du PSG. Vous êtes supporter du club ou vous les trouvez cool ?
Les deux (rires). En France, je supporte le PSG. Après, je n'entre pas trop dans les rivalités. S'il y a une équipe française en finale de Ligue des champions, je la soutiendrai toujours. Il y a d'autres maillots qui vous plaisent ?
Ceux du Real Madrid ou de Manchester United. Accordez-vous de l'importance aux accessoires de mode ?
Ça fait quelques années que je porte un peu plus de montres. Surtout depuis que j'ai eu ma Rolex et découvert la marque Phenomen. Même si je n'ai jamais été très bling bling, je pense que la montre reste un accessoire cool. Je porte aussi pas mal de pierres et de cristaux. J'aime bien, ça colle à ma personnalité. Revenons sur Benklark, une marque lancée par votre ami Kevin Idoménée et dans laquelle vous avez investi. Quel est votre rôle dans ce label de mode ?
Je laisse Kevin imaginer le design des pièces. Je lui donne mon avis sur ce qu'il faut changer ou non. J'essaie vraiment de le laisser s'épanouir, je l'accompagne, je le soutiens. Par contre, si je trouve qu'un design n'est pas bien, je lui dis.

Est-ce que ça vous plairait de designer des vêtements ?
On en a parlé. On voulait lancer une ligne de vêtements que j'aurais principalement designé. C'est cool de voir ses pièces portées, de voir l'effet que ça fait aux gens et l'impact que ça peut avoir. Vous en profitez pour faire du prosélytisme au Jazz ?
Pas mal de mes coéquipiers m'ont demandé des produits. Même Joe Ingles. Je lui ai dit : "C'est bien, tu vas enfin avoir du style". Jordan Clarkson a aussi bien aimé la marque. Je vais leur en offrir des pièces, et puis si elles sont portées tant mieux. Mon but, c'est qu'ils soient à l'aise avec elles. »