Monaco a bien une limite, et le PSG l'a mise en lumière

Les 130 buts marqués en matches officiels avant le coup d'envoi, la brillante qualification en quarts de finale de la Ligue des champions et l'incroyable jeunesse de son effectif laissaient à penser que l'AS Monaco ne souffrait d'aucune limite cette saison. La leçon reçue en finale de la Coupe de la Ligue face au Paris Saint-Germain aura montré qu'il en existait au moins une : son banc, pas assez profond pour jouer au même niveau sur tous les tableaux. Tandis que Paris a montré qu'il pouvait aisément se passer de Marquinhos ou de Meunier, les absences des Fabinho et de Falcao, côté monégasque, ont beaucoup trop pesé dans la balance. 

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Moutinho n'a pas été au niveau

D'ordinaire, les hommes de Leonardo Jardim n'ont aucune réticence à laisser le ballon à leur adversaire. Face au Paris Saint-Germain, l'entraîneur portugais n'avait d'ailleurs pas l'intention de contester la possession mais bien de l'utiliser pour mettre en place son habituel système de jeu fait de transitions très rapides et de contres fulgurants. "On n’a pas su mettre notre pressing habituel en place, expliquait Valère Germain en zone mixte après la rencontre. On a eu du mal en première mi-temps à aller les chercher haut. J'ai ressenti qu'il y avait pas mal de liberté au milieu du terrain". Car là où la paire Bakayoko-Fabinho sait se montrer impériale depuis le début de la saison, l'association de l'international français avec Joao Moutinho n'a jamais pu contrôler le jeu. 

Touches Bakayoko

    

Touches Moutinho
*Ces schémas représentent les ballons touchés par Tiémoué Bakayoko (1) et Joao Moutinho (2) face au PSG

Cette finale perdue aura montré à quel point Fabinho est un moteur essentiel à la machine monégasque. Intelligent dans son placement, précis dans le pressing et excellent à la relance, le Brésilien est un complément idéal au jeu de Bakayoko, davantage utile dans l'impact physique et à la récupération. Face au PSG, l'ancien rennais s'est illustré par une activité plus grande que celle de Moutinho, apparaissant parfois dans des zones improbables (schéma 1). Plus impliqué dans le jeu, son rendement à la récupération n'a pas compensé certaines imprécisions techniques et pertes de balles rédhibitoires. Attendu à la baguette, Joao Moutinho s'est montré discret dans un rôle de meneur de jeu reculé, parfois absent, et n'a pas été en mesure d'articuler le jeu de son équipe. 

Sans un milieu de terrain capable de répondre aux rampes de lancement parisiennes, la défense monégasque s'est trop exposée. Les attaquants, pas avares en courses, ont été sevrés de ballons et n'ont eu que quelques opportunités difficiles à exploiter. Radamel Falcao, annoncé forfait une heure avant la rencontre, a manqué à un secteur finalement peu fourni (privé également de Boschilia ou Carrillo). Même si le club de la Principauté a déjà prouvé qu'il pouvait ponctuellement se passer de sa grande star, Leonardo Jardim n'avait pas d'autre cartouche que le jeune Irvin Cardona pour recharger. Une limite qui ressort clairement dans les grands matches. Et Monaco en aura d'autres à disputer avant l'épilogue de la saison.

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