Monaco-Dortmund - Assurer sans Fabinho : la grande mission de Bakayoko

Depuis le début de la saison monégasque, l'une des très grande réussites de Leonardo Jardim réside dans l'association Fabinho-Bakayoko, qui permet notamment la bonne marche de son 4-4-2 à plat. Les deux joueurs, qui composent un duo à la remarquable complémentarité, sont les garants d'un équilibre souvent mis en péril par une transition offensive rapide et fréquente à laquelle ils doivent également participer. Ce soir (mercredi) face à Dortmund, comme lors du match aller, le duo ne pourra cependant pas être aligné. Suspendu pour un carton jaune reçu au Signal Iduna Park, Fabinho regardera ses partenaires des tribunes avec un oeil particulièrement attentif sur Tiémoué Bakayoko, qui devra prendre les choses en main. 

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Double face

Comme il y a un PSG avec et sans Verratti, il y a un Monaco avec et sans Fabinho. Le constat avait été mis en évidence lors de la finale de la Coupe de la Ligue (perdue 4-1 face à Paris) où Tiémoué Bakayoko, orphelin de son binôme et associé à Joao Moutinho, n'avait pas trouvé les réponses dans l'entrejeu. À eux deux, le Français et le Brésilien ont une énorme influence qui se ressent encore davantage lorsqu'un des deux maillons de la chaîne saute.

Leurs statistiques appuient un sentiment général que Valère Germain, au sortir de la qualification face à Manchester City, expliquait clairement : "Ce sont deux joueurs qui récupèrent beaucoup, on est autant rassurés quand on a le ballon que quand on ne l'a pas. Quand ils sont là, on est plus en confiance et on n'a pas peur d'aller vers l'avant". Alors que la complémentarité de leurs profils, leur entente naturelle et le partage des tâches donnent confiance au reste de l'équipe en fluidifiant son jeu, Tiémoué Bakayoko devra maintenir le cap de l'aller où Monaco avait su contenir les offensives allemandes et exploiter les contres. 

Bakayoko doit encore s'affirmer

Samedi, face à Dijon (2-1), les caméras avaient montré Fabinho haranguer Benjamin Mendy pour une perte de balle évitable. Le milieu brésilien, intelligent dans son placement et précis dans sa relance, n'hésite jamais à parler, replacer ses partenaires, encourager. La scène est en revanche plus rare concernant Tiémoué Bakayoko qui, malgré son poste et son importance, doit encore s'émanciper. Il faut dire que le néo-international français a débuté une mue l'été dernier lorsqu'il s'est lui-même entouré d'un staff particulier afin de l'aider à prendre confiance en lui et à repartir de l'avant. "On fait ce qu'on appelle de l'optimisation de la performance, explique Yannick Menu, ancien directeur du centre de formation du Stade rennais et membre proche de l'entourage du joueur de 22 ans. On analyse ses matches, on pose des objectifs et on se donne les moyens de les atteindre en maîtrisant le contexte et l'approche d'un match"

D'une nature sensible et bienveillante, le colosse monégasque a eu besoin de prendre conscience de ses qualités pour se relâcher et s'imposer dans le onze de départ de Leonardo Jardim. Un processus encore en cours qu'il entend mener à son terme pour exploiter tout son potentiel. "Il est en pleine découverte du très haut niveau, reprend Yannick Menu. Les 60 matches par saison, la Ligue des champions, les titres... Il découvre aussi cette pression. C'est un jeune joueur qui a besoin de parler et d'être écouté". Pour ensuite passer le message aux autres et devenir un vrai relai dans le vestiaire ? Yannick Menu de conclure : "Il a une vraie personnalité sportive, du charisme et de l'égo mais pour moi il peut être davantage un leader technique". Pendant les 90 dernières minutes de son quart de finale face à Dortmund, Monaco en aura besoin. En l'absence de Fabinho, peut-être même plus que d'habitude.
 

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