Monchi débarque à la Roma avec sa réputation de dénicheur de talents et roi de la plus-value

Il y a les clubs fortunés qui attirent les plus grands joueurs et les conservent avec des contrats mirobolants, et il y a les clubs vendeurs, ceux qui basent leur politique sportive sur la revente car ils ne sont pas assez forts pour lutter. Tandis que les Real, Barça et Bayern ont écrasé la planète football, d'autres clubs se sont spécialisé dans la détection de joueurs à fort potentiel, pouvant être revendus à prix d'Or.

C'est le cas notamment de Séville et de la Roma, deux grands clubs vivant dans l'ombre des ténors de leur championnat. Si la Roma a été contrainte de vendre Pjanic à la Juve (32 millions d'euros), Séville a de son côté renforcé l'Atlético en cédant Kevin Gameiro (30 millions d'euros) l'été dernier. Recruter des joueurs, les faire grandir, avant de les revendre, puis recommencer le cycle vertueux : voilà les étapes devenues quotidiennes de ces deux clubs. Certains parleront de manque d'ambition, d'autres de limites à ces projets assumés.

Depuis ce mardi, le point commun entre la Roma et Séville se nomme Ramón Rodríguez Verdejo. Monchi. S'il a fait les beaux jours de Séville pendant plus de 15 ans au poste de directeur sportif, dénichant ainsi Daniel Alves, Julio Baptista, Carlos Bacca, Gary Medel, Seydou Keita & co, le voilà désormais propulsé à la tête de la direction sportive des Giallorossi. En paraphant un contrat de quatre ans (plus une autre année en option), il prend la suite de Frederic Massara, intérimaire depuis le départ de Walter Sabatini début octobre, autre roi de la plus-value comme il a pu le démontrer à la Roma (Marquinhos, Pjanic, Lamela...) comme à Palerme (Pastore, Cavani).

Les plus-values de Monchi et Sabatini atteignent des records ! Le club andalou a réalisé 105M€ de marge sur Gameiro, Krychowiak, Bacca, Aleix Vidal et Moreno. De son côté, la Roma a fait 91,4M€ de bénéfices sur Marquinhos, Pjanic, Lamela, Benatia et Dodo. D'autres comme Nainggolan (acheté 18M€, évalué à plus de 45M€) et Manolas (acheté 15M€, évalué à 40M€) pourraient suivre pour faire grimper le montant des bénéfices de celui qui a découvert et fait venir tant de talents sud-américains en Europe.

Monchi s'est lui spécialisé à la fois dans l'Europe occidentale, avec des focus en Ligue 1 et en Belgique, et dans l'Amérique du Sud. Deux secteurs qui conviennent très bien aux Giallorossi (Pjanic, Marquinhos, Lamela, Castan, Digne) qui suivaient également le dossier Ben Yedder l'été dernier, avant que celui-ci n'atterrisse ... à Séville.

PSG, Juventus, Bayern, Liverpool, Milan... la liste des clubs ayant recruté des joueurs de la Roma et Séville ces quatre dernières années est très longue. C'est un signe de bonne santé pour les deux clubs, qui parviennent à faire éclore des joueurs talentueux qui peuvent viser plus haut pour le reste de leur carrière. C'est aussi une limite : à vendre chaque année son ou ses deux meilleurs joueurs, ces clubs auront du mal à décrocher un titre de champion dans une compétition marathon (38 rencontres).

La Roma a choisi de poursuivre ce modèle avec un directeur sportif aux compétences similaires à celles de Walter Sabatini. En attendant de devenir grand un jour, la Roma poursuit son opération séduction avec les "méconnus du moment" et les talents de demain, à travers l'arrivée de Monchi. Le changement, ce n'est foncièrement pas maintenant.

 

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