Mondiaux de descente : Manon Hostens remporte le titre en K1 sprint et classique

Manon Hostens. (A. Mounic/L'Équipe)

À 27 ans, Manon Hostens est devenue la première femme à décrocher, ce week-end à Treignac (Corrèze), les deux titres mondiaux de la descente (K1 sprint et classique). Elle peut désormais se concentrer sur les Mondiaux de course en ligne, début août au Canada.

C'est une belle incursion que s'est autorisée Manon Hostens ce week-end, à l'occasion des Mondiaux de descente, qui se disputent à Treignac (Corrèze), sur la Vézère. « En individuel, c'est un doublé historique chez les dames », savoure la jeune femme de 27 ans, sacrée à la fois en K1 sprint et K1 classique.

Titrée déjà en descente en 2016 et 2018

La descente, c'est sa discipline d'origine, celle qui lui avait déjà offert le titre mondial en classique (2016) et en sprint (2018). Celle qu'elle délaisse ces dernières années pour pratiquer la course en ligne, inscrite depuis 1924 au programme olympique. L'été dernier, Manon Hostens a d'ailleurs disputé les Jeux de Tokyo dans le K4 500m (9e). Après l'enchaînement de deux Coupes du monde à Racice (République tchèque) et Poznan (Pologne), la Nordiste va très vite retourner sur les bassins plats pour préparer les Mondiaux à Halifax (Canada, 30 juillet-9 août), puis les Championnats d'Europe à Munich (Allemagne, 15-21 août).

Entre les deux, elle n'a pu résister à l'appel de Mondiaux de descente en France, quatre ans après sa dernière participation. « J'avais à coeur de faire de grosses courses, montrer que je suis encore dans le « game » et capable d'un retour fracassant. Et puis, le parcours de Treignac est mythique. Mes premiers coups de pagaie en 2003 ont été bercés par ce que l'on me racontait des Mondiaux organisés sur la Vézère en 2000. »

Frustrée par deux manches de qualifications en demi-teinte sur le sprint, Manon Hostens est passée parmi les premières finalistes. Elle a parfaitement corrigé les bêtises et envoyé ce qu'elle estime en riant un « chrono de la mort ». « Après ça, j'ai eu le temps de débarquer, d'être au milieu de ma famille pour partager ce moment-là », dit-elle, toute contente d'avoir mis une sacrée pression sur ses adversaires, qui ont toutes échoué à près de deux secondes de son temps.

Manon Hostens

« La Vézère est une rivière hyper technique, avec peu de zones de plats. Sur d'autres rivières, ça alterne. Mais, là, c'est très physique »

Mieux, elle a donc récidivé ce dimanche dans la classique, une course longue de 18 minutes quand le sprint ressemble davantage à une épreuve de slalom en eaux-vives, mais sans les portes à passer. « La Vézère est une rivière hyper technique, avec peu de zones de plats. Sur d'autres rivières, ça alterne. Mais, là, c'est très physique », insiste Manon Hostens, qui a toujours goûté cet exercice classique. Avec son profil très foncier, pas étonnant qu'elle s'y soit révélée. Ou qu'elle préfère dorénavant le 500 m au 200 m dès qu'elle embarque dans un bateau de course en ligne.

À la veille des Mondiaux de descente, la Fédération française (FFCK) a d'ailleurs communiqué les équipages qui disputeront les deux échéances majeures de la saison. Avec quelques surprises chez les jeunes femmes. N'ayant pas rempli les critères en Pologne, le K4 500m qu'elle partage avec Vanina Paoletti, Margaux Briswalter et Léa Jamelot n'ira pas au Canada. « Si on avait réussi à exploiter notre potentiel dans celui des Mondiaux de 2019 et des Jeux en 2020, le K4 de cette saison est un peu en dedans, convient Manon Hostens. Peut-être que ça va nous permettre de sortir les crocs pour exister et réussir sur les Championnats d'Europe. Il faut que l'on tire de la force des événements. »

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Évidemment, cette absence de la sélection mondiale n'aidera pas à construire. Elle risque surtout de scinder un peu le collectif puisque les quatre kayakistes ne seront pas toutes du voyage à Halifax. « C'est une petite déception pour l'ambiance globale », observe Manon Hostens, sans qu'elle ne s'en offusque.

Qualifiée en K1 500m, elle admet que le choix du K2 500m est plus difficile à assumer. « Dès les piges, je me suis engagée moralement avec Vanina (Paoletti), c'est injuste vis-à-vis d'elle que le bateau choisi soit avec Léa (Jamelot). En même temps, ça aurait été injuste que Léa n'y soit pas puisqu'elle a rempli les critères », expose Manon Hostens. Une décision cornélienne qui répond à des circonstances particulières puisque Paoletti, positive au Covid, avait dû renoncer à la Coupe du monde à Poznan. Que Jamelot, forfait pour la finale du K2 200m avec Margaux Briswalter, elle aussi infectée par le virus, s'est alors glissée dans l'autre K2 (500 m) avec Manon Hostens... Et comme elles ont fini sur la même ligne en demi-finale que les réputées Néo-Zélandaises, le staff les a favorisées.

Maintenant, si son coeur et sa raison balancent entre ses deux équipières, Manon Hostens a le mérite d'avouer qu'il reste du boulot pour faire avancer le bateau. « Que ce soit avec Vanina ou avec Léa, on n'a pas senti la cohésion pour l'instant. Ce sont deux bateaux avec un vrai potentiel de progression », résume-t-elle.

Course en ligne - les sélectionspour les Championnats du monde

Hommes : Mouget (K1 500m), Burger-Beaumont-Koch-Le Floch Decorchemont (K4 500m), Bart (C1 1 000 m), Bart-Leonard (C2 500 m). Femmes : Hostens (K1 500m), Paoletti (K1 200m), Hostens-Jamelot (K2 500m), Dorange (C1 200 m), Renard-Dorange (C2 500 m).
Para-canoë : Nélia Barbosa (KL3), Rémy Boullé (KL1), Abel Aber (VL3).

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