Les Mondiaux de Liverpool, une première étape vers Paris 2024

Mélanie De Jesus Dos Santos à l'entraînement à l'Insep sous les yeux de l'entraîneure Cécile Landi. (E. Garnier/L'Équipe)

Différents enjeux se profilent alors que s'ouvrent les Mondiaux, ce samedi à Liverpool (Angleterre), à commencer par l'état des équipes de France et la qualification des premières nations pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.


En l'absence de la Russie

Sacrée lors des Jeux Olympiques de Tokyo, tant chez les hommes que chez les femmes, la Russie reste suspendue en raison de la guerre en Ukraine, et donc absente des Mondiaux qui s'ouvrent ce samedi à Liverpool. Une étape importante puisque les deux podiums des finales par équipe y décrocheront une qualification directe pour les Jeux de Paris 2024.


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Chez les femmes, les États-Unis ont raflé les cinq derniers titres mondiaux depuis 2011. Et même s'ils ne compteront pas sur leur superstar Simone Biles, toujours en réflexion sur la suite éventuelle à donner à sa carrière, ou sur la championne olympique Sunisa Lee, concentrée sur ses études universitaires, ni même sur la récente championne US, Konnor McClain, qui soigne une blessure au dos, ils s'appuieront sur un quintette efficace, mené par Jordan Chiles, Shilese Jones et Jade Carey. Le podium est ouvert avec la Chine, le Brésil, les championnes d'Europe italiennes, les locales britanniques, voire la France.

Chez les hommes, on imagine que le titre devrait se jouer entre le Japon du champion olympique Daiki Hashimoto, en quête de cet or mondial collectif depuis 2015, et la Chine du champion du monde Zhang Boheng, qui espère un 13e sacre par équipe depuis le premier en 1983. La Grande-Bretagne ou les États-Unis pour compléter le podium.


L'heure d'Andrade ?

À 23 ans, Rebeca Andrade pourrait devenir la première Brésilienne à décrocher le titre de championne du monde absolue, à l'issue du concours général (jeudi). Médaillée d'argent à Tokyo, la jeune femme, qui a su se relever de trois ruptures de ligament croisé de son genou droit (2015, 2017, 2019) et a été sacrée aux Jeux puis aux Mondiaux en 2021 sur l'exercice du saut, s'avance comme l'une des grandes favorites pour succéder à la Russe Angelina Melnikova.


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Hashimoto revanchard

Il avait surpris le monde en succédant à son idole, Kohei Uchimura, au palmarès des Jeux Olympiques, l'été dernier à Tokyo. Mais Daiki Hashimoto n'avait pas réussi à confirmer quelques mois plus tard lors des Mondiaux organisés également au Japon, à Kitakyushu. « J'ai traversé assez de désillusions », insiste le jeune Japonais de 21 ans qui affiche sa volonté de mener son équipe à l'or mondial, avant de rafler aussi le titre individuel.

Il sera opposé au tenant chinois, Zhang Boheng, à l'Ukrainien Illia Kovtun, qui a sillonné le monde depuis le début de l'invasion russe le 24 février, achevant sa préparation en Italie, ou au champion d'Europe anglais Joe Fraser.


Place à la défense

Ils seront six à défendre leur titre mondial à Liverpool : le Chinois Zhang Boheng (concours général), l'Italien Nicola Bartolini (sol), l'Américain Stephen Nedoroscik (arçons), le Philippin Carlos Yulo (saut), la Chinoise Wei Xiaoyuan (asymétriques) et Rebeca Andrade (saut). La Brésilienne est aussi l'une des six champions olympiques en lice avec la Belga Nina Derwael (asymétriques), l'Américaine Jade Carey (sol), l'Israélien Artem Dolgopyat (sol), le Japonais Daiki Hashimoto (concours général et barre fixe) et le Chinois Zou Jongyuan (parallèles).


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Mélanie DJDS et les Bleus

Pour Mélanie De Jesus Dos Santos (22 ans), il serait présomptueux d'envisager une première médaille mondiale individuelle alors que la Martiniquaise a repris tardivement l'entraînement après des Jeux en demi-teinte, en quittant Saint-Étienne pour désormais travailler au Texas. Elle doit retrouver la confiance avant toute autre prétention. À moins qu'avec l'équipe de France, unie comme jamais, ce soit le collectif qui crée la surprise : si les Bleues tournent autour des podiums ces dernières années (5e aux Mondiaux de 2018 et 2019, 6e aux JO 2021), elles n'en ont goûté qu'un seul... en 1950 (2e).

Médaillées de bronze européennes, respectivement au saut et à la poutre, Aline Friess et Carolann Héduit auront sans doute du mal à rivaliser. Contrairement à Coline Devillard, championne d'Europe au saut en 2017, et qui n'a jamais semblé si en forme dans son exercice de prédilection.


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Quant aux hommes, non qualifiés pour les Jeux de Tokyo par équipe, ce qui n'était plus arrivé depuis leur absence des Jeux de 1992, ils présentent une composition très largement remaniée qui doit se montrer, progresser, avant de s'affirmer. Pour autant, un garçon comme Benjamin Osberger, 4e aux arçons lors de ses premiers Championnats d'Europe, médaillé de bronze au sol le mois dernier lors des Internationaux de France à l'AccorArena, a déjà le potentiel pour s'inviter dans une finale mondiale.


Équipe de France

HOMMES : Saladino, Osberger, Bernard, Degouy, Philippe, Frasca.

FEMMES : De Jesus Dos Santos, Devillard, Boyer, Friess, Héduit, Ossysek.


Format

Les qualifications déterminent toutes les finales et s'effectuent sur un format particulier : chaque nation se compose de cinq gymnastes, quatre passent à chaque agrès, trois notes comptent pour le classement par équipe. Lors de la finale par équipe, réservée aux 8 meilleures nations des qualifications, ce seront toujours cinq gymnastes au départ, mais trois qui passent à chaque agrès pour trois notes qui comptent. Viendront ensuite les finales individuelles avec le concours général (24 meilleurs) et celles par appareil (8).


Programme

Samedi 29 octobre, à partir de 21 heures (françaises) : qualifications FEMMES (subdivisions 1 et 2)

Dimanche 30 octobre, à partir de 10h30 : qualifications FEMMES (subdivisions 3 à 9 ; la France débute aux barres asymétriques à 18 heures)

Lundi 31 octobre, à partir de 10h30 : qualifications HOMMES (subdivisions 1 à 6 ; la France débute au saut à 22 heures)

Mardi 1er novembre, à 19h30 : finale par équipe FEMMES

Mercredi 2 novembre, à 18h40 : finale par équipe HOMMES

Jeudi 3 novembre, à 19h45 : concours général FEMMES

Vendredi 4 novembre, à 19 heures : concours général HOMMES

Samedi 5 novembre, à 14h30 : finales par appareil (sol, arçons, anneaux HOMMES ; saut, asymétriques FEMMES)

Dimanche 6 novembre, à 14h30 : finales par appareil (saut, parallèles, fixe HOMMES ; poutre, sol FEMMES).