Monsieur Macron, allez-vous donner un statut aux actifs qui cumulent plusieurs emplois?

Marielle Barbe
Monsieur Macron, allez-vous donner un statut aux actifs qui cumulent plusieurs emplois?

"Monsieur le Président,

Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps".

Cela fait bien longtemps que j'ai déserté... la monoactivité professionnelle. Depuis toujours même. Cela ne m'a pas empêchée de penser trop longtemps que j'étais instable, incapable de faire un choix professionnel -mon entourage, l'école, bref, la société toute entière ne cessant de me le rappeler et de me le reprocher.

Jusqu'à ce que je découvre il y a quelques années dans la presse, que j'étais une slasheuse. Je n'étais donc pas seule et encore moins inadaptée. L'article expliquait que notre capacité d'adaptation hors normes, notre créativité exacerbée et notre agilité faisaient de nous les travailleurs les plus à même à répondre aux enjeux multiples de société et à l'accélération des changements en cours.

Bonne nouvelle: aux Etats-Unis, nos profils hybrides semblaient être appréciés voire très recherchés pour leur valeur ajoutée.

Grâce à cet article, j'ai enfin pu faire mon coming out professionnel et assumer une fois pour toutes que je ne pourrai jamais me contenter de travailler les deux pieds dans le même job. Et grâce à cela, j'ai été identifiée comme une experte du sujet (un comble n'est-ce pas pour une slasheuse!).

Depuis, chaque jour, je rencontre de plus en plus de personnes "out of the box" qui se sentent à l'étroit dans la case de la mono activité, rêvant et choisissant -manifestement un point commun avec vous- le "et en même temps" plutôt que le "ou".

Ces jeunes de la génération Y, trentenaires ultra-connectés, mais aussi ces quadra, quinqua ou séniors sont conscients (et parfois en ont fait l'expérience) que le "un emploi pour la vie" appartient à autre époque. Ils ne se reconnaissent pas dans cette représentation du travail, pas plus que dans débats éternels (et un peu éculés) opposant CDD et CDI, salariés et méchants patrons. Car ils (se) pensent déjà start-up, entreprises libérées, entrepreneuriat, intrepreneuriat télétravail, jobsharing, flexibilité,...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post



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