Le moral à marée basse dans les centres aquatiques fermés

Le centre aquatique Hippocampe de Granville. (B. Paquot/L'Équipe)

Du jour au lendemain, Granville (Manche) a vu sa piscine fermée par Vert Marine. Dans cette station balnéaire de la Manche, il n'est pas simple de trouver un plan B.

D'habitude, ça fourmille aux abords du centre aquatique Hippocampe de Granville, avec un lycée et un complexe sportif comme voisins. Jeudi, ce n'était pas la pluie qui avait fait fuir les utilisateurs mais une petite affichette, aussi discrète sur la forme que dérangeante sur le fond. Depuis lundi, on voit deux feuilles A 4, scotchées sur la porte, où il est écrit, d'un côté, un lapidaire « En raison de la crise énergétique, votre centre aquatique est temporairement FERMÉ » sur fond noir et de l'autre, un texte signé des dirigeants de Vert Marine expliquant leur position.

Les usagers, comme les instances publiques, ont été mis devant le fait accompli. Si le président de Granville Terre et Mer ne veut pas jeter de l'huile sur le feu, on sent bien que Stéphane Sorre n'a pas apprécié la méthode : « Un opérateur privé quitte malheureusement le navire parce que la tempête est un peu trop forte. Aujourd'hui, je veux encore croire en la volonté de Vert Marine de travailler avec nous dans le but de rouvrir ce service public avec les modalités adaptées (priorité aux scolaires et aux clubs sportifs et horaires réduits). »

Dans cette station balnéaire de la Manche, près de 5 000 élèves de trois lycées, quatre collèges et vingt-cinq écoles élémentaires, cinq clubs de sport et de nombreux usagers sont privés de piscine.

Il reste le système D. Avec ses équipes féminines en N1 et masculine en N2, le club de water-polo se retrouve SPF (sans piscine fixe). « Quand il faut gagner de l'argent, ils sont là. Quand il faut en perdre, il n'y a plus personne », ne décolère pas Jean-Baptiste Leroux au sujet des dirigeants de Vert Marine. Le vice-président du club de water-polo et ses amis se démènent, cherchent quelques créneaux pour une ou deux lignes d'eau, ils envisagent d'aller jusqu'à Cherbourg à 1h30 ou Caen, Rennes à 1 heure pour pouvoir s'entraîner et débuter le Championnat. Le 24 septembre, les joueurs sont censés recevoir Angers, ils ont demandé une inversion des matches. Malgré la solidarité du club de hand, d'un camping du coin, des instances locales, ils s'inquiètent. Comme les milliers d'enfants qui attendant d'apprendre à nager.

lire aussi

Toute l'actualité natation