Morbidelli : Des coups au moral aux coups de surin

Guillaume Navarro
·4 min de lecture

Méfiez-vous de l'eau qui dort ! Derrière une attitude apaisée et un contrôle de ses émotions qu'il serait facile de renier avec ses racines très latines, est un jeune homme au tempérament bien forgé, qui sait choisir le bon moment pour faire passer ses messages. Sa conclusion du championnat du monde MotoGP 2020 sur la troisième marche du podium portugais et à la place de vice-Champion du monde était l'occasion parfaite de placer avec diplomatie ce qu'il avait sur le cœur, tout gardant recul et humilité, deux de ses grandes qualités.

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En 2021, Valentino Rossi sera ton coéquipier…

C'est cool, oui, c'est excitant ! Je suis impatient et il va falloir puiser très profondément [en nous] cet hiver. Nous allons travailler ensemble pour nous préparer à nous battre avec les gars de l'équipe d'usine !

Trois podiums en quatre courses sur cette fin de saison : à quel point le Franco de cette fin d'année est-il différent de celui qui a débuté 2020 ?

J'ai plus de connaissance et de confiance en moi-même, et j'aurai aussi [désormais] plus d'attentes vis-à-vis de moi-même car je sais ce dont nous sommes capables lorsque les choses sont en place. Il est certain que l'année prochaine sera une année importante pour nous et elle sera intéressante mais après tout… [Il réfléchit] Je ne serai que pilote satellite, donc j'aurai des attentes mais pas trop parce que je serai pilote satellite quoi qu'il en soit ! [sourire]

J'espère que ce championnat fera monter ma cote dans le jugement de Yamaha.

Franco Morbidelli

Tu sembles avoir le sentiment d'avoir été un petit peu sous-estimé. Es-tu content d'avoir prouvé que tu étais "un bon" et qu'il ne faut pas te sous-estimer ?

Je ne me sens pas sous-estimé. Je sais juste que chez Yamaha il y a trois [autres] pilotes solides et le choix de ce qu'il faut donner à qui est très difficile parce que tous les pilotes chez Yamaha sont très, très forts. Donc je ne me sens pas sous-estimé, mais j'ai juste eu la cote la plus faible dans l'appréhension de Yamaha et oui, j'espère que ce championnat fera monter ma cote dans le jugement de Yamaha. C'est ce que j'espère, mais je ne me suis pas senti sous-estimé, non. C'est juste que chez Yamaha, il y a une grande rivalité à haut niveau entre les pilotes qui sont tous supers, super forts. Vale a une très belle expérience et il est super bon en termes de pilotage et de réglages de la moto. Fabio est super rapide et Maverick aussi est super rapide. C'est donc une grande bataille entre tous les pilotes ; je me sentais peut-être juste comme le dernier mais c'est OK.

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Tu a finalement été le pilote le plus régulier cette saison chez Yamaha. Quel est selon toi le problème avec les pilotes qui ont la moto factory actuellement ?

J'ai toujours pensé que pendant un championnat, les motos de l'année précédente ou celles qui sont hybrides comme la mienne − en tout cas une moto que l'on connaît mieux grâce à l'année précédente − seraient OK au début et "redescendraient" pendant l'année, alors que celles de l'équipe d'usine monteraient. Mais cette année, en fait, ça s'est passé différemment. On aurait dit qu'en début d'année, les pilotes d'usine étaient les plus forts et ont fait un superbe travail − Fabio a gagné les deux premières courses, il était vraiment très fort en début d'année −, puis ensuite c'est redescendu alors que, nous, nous sommes montés.

Je pense que la différence a été dans le travail que nous avons réalisé. Et je peux vous assurer que nous avons vraiment beaucoup travaillé et nous avons essayé de régler de nombreuses choses. Nous avons essayé de contrôler de très nombreuses choses et le mérite revient à mon équipe : ils ont fait un travail fantastique. Voilà ce que j'en pense, mais je ne peux pas en être certain parce que je n'ai pas piloté la nouvelle moto, alors je ne suis pas en mesure de dire quels sont les problèmes qu'ils ont. Je ne peux pas les comprendre parce que je ne suis pas dans leurs chaussures !

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