Morbidelli et Miller ont offert "ce que les gens veulent voir"

Léna Buffa
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à l'arrivée du Grand Prix de Valence. Avant de s'incliner pour 93 millièmes, le pilote Pramac a livré une bataille acharnée dans le dernier tour, mais avec bien moins de facilité que ce qu'il avait pu espérer. Fair-play, il a salué la prouesse du vainqueur.

"La course a été très amusante, j'en ai apprécié chaque minute", se réjouit-il. "Franco a imprimé un rythme incroyable à l'avant. J'ai juste essayé de tenir derrière lui, et vers la mi-course je me suis senti vraiment bien, même si j'avais le pneu medium à l'avant alors que tous les autres avaient le hard. J'ai pu pousser dès le départ, je me sentais à l'aise. Et donc, vers la mi-course, j'ai commencé à revenir sur lui, et je me frottais un peu les mains tandis que je gérais mes pneus."

"J'avais un super plan en tête pour le passer dans la ligne droite à un tour de l'arrivée et ensuite filer sans demander mon reste… mais ça n'allait pas se passer comme ça, comme je l'ai vite découvert quand je suis entré dans le virage 1 et que j'ai failli tirer tout-droit. On avait le vent dans le dos et je me suis fait un peu emmener, je pense."

"Il est revenu. Au virage 2 ça a été serré, puis il y a eu le virage 4 [où Miller a repassé Morbidelli, ndlr] et au 5 il a eu l'avantage sur moi", poursuit l'Australien, assurant n'avoir rien à reprocher au pilote Petronas pour ce dépassement, qui allait s'avérer décisif. "Il fallait qu'il le fasse. Je pense que si Franky n'avait pas répliqué à cet endroit-là, j'aurais pu être assez fort sur le reste du tour parce que je m'étais pas mal économisé, donc il a fait ce qu'il devait faire pour gagner la course."

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La suite du tour a effectivement permis à Morbidelli de conserver l'avantage, malgré une passe d'armes toujours extrêmement serrée. "J'ai failli aller dans l'herbe au virage 7 en essayant de rester proche de lui et de le passer, mais il a vraiment bien protégé sa trajectoire", salue Miller. "Je me suis donné au maximum. Je visais tous les points de corde à l'intérieur, pour essayer de l'arrêter. On n'est pas passé loin dans le virage 11, parce que j'ai juste essayé de tenir une trajectoire serrée et de me battre en essayant de bien stopper la moto à la corde."

"Un grand bravo à lui, il a piloté de manière incroyable, alors il mérite clairement cette victoire", félicite le pilote Pramac. "C'était une belle bagarre, propre. Je pense que c'est ce que les gens veulent voir et c'est ce qu'on leur a offerts. C'était dommage d'être le 'deuxième meilleur' à la fin pour cette fois. D'ailleurs, il y a aussi eu une autre fois en Autriche… mais un jour j'y arriverai !"

Seul pilote à l'avant de la course à avoir délaissé le pneu avant hard pour le medium, le #43 ne regrettait pas son choix, lui qui avait connu des difficultés à la course précédente avec la gomme la plus dure. Plus à l'aise, il devait aussi s'assurer de réussir son début de course pour en profiter, et ce fut fait. "Je savais qu'en étant en première ligne il était important pour moi de m'échapper et de ne pas avoir trop de motos devant moi, parce que la chaleur des autres motos fait grimper la température du pneu au plafond et ça aurait été un désastre", souligne Miller, qui a dès lors passé toute la course dans le sillage de Morbidelli avec un retard qui n'a jamais dépassé 1"1.

De retour sur le podium pour la première fois depuis la double manche autrichienne, le futur pilote officiel Ducati grimpe grâce à ce résultat à la huitième place du championnat au détriment de Nakagami, à dix points de Pol Espargaró. Il lui reste à présent une dernière course à disputer sous les couleurs de Pramac pour tenter de retrouver le chemin de la victoire quatre ans après son succès d'Assen.

"C'est bien de voir que la chance tourne un peu. On a été rapides tous les week-ends, mais pour une raison ou une autre on n'a pas réussi à y arriver, alors c'est bien de mettre ça de côté cette fois. Maintenant on va à Portimão. Ce sera un saut dans l'inconnu pour nous tous et je pense que ce sera très excitant d'aller là-bas pour finir la saison. C'est bien que le championnat soit scellé et qu'on puisse se rendre là-bas dans l'idée de faire de notre mieux, et que le meilleur gagne !"