Morbidelli : Le titre ? "Irrationnel ne veut pas dire impossible"

Léna Buffa
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Comme la première, le mois dernier, sa seconde victoire MotoGP semble avoir injecté à une bonne dose d'adrénaline et d'optimisme. À sa descente du podium dimanche, après une course qu'il a comparée à un "trip" tant il a plané durant 23 tours, le pilote italien avait en effet repris du poil de la bête, tant mathématiquement que moralement.

Ce nouveau succès acquis avec force semble avoir effacé les doutes qu'il émettait il y a encore trois semaines, lorsque l'infériorité de son ancienne Yamaha face aux machines actuelles dans la ligne droite de Barcelone l'avait poussé à se montrer réaliste et à laisser aux pilotes factory les honneurs de la course au titre. "Maintenant on est de retour dans la course, à 25 points du leader", pointait-il immédiatement auprès du site officiel du MotoGP.

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Le titre, aujourd'hui, Morbidelli y pense à nouveau ouvertement. "Y penser c'est irrationnel, car on est un team client et j'ai un package de l'année dernière. Mais irrationnel ne veut pas dire impossible", a-t-il prévenu à sa descente du podium. "Il faut y croire à 100%, comme on le fait, et il faut travailler à 100%, comme on le fait. On verra où l'on en sera à la fin de ce championnat. Rien n'est impossible dans la vie. Il y a beaucoup de choses improbables et inconcevables qui surviennent malgré tout. Si elles arrivent c'est parce que ceux qui les réalisent y croient à 100%. Et ça arrive surtout dans le sport, alors nous on y croit à 100% et on continue à pousser à 100%, sinon plus."

Deuxième pilote, après Fabio Quartararo, à s'imposer plus d'une fois cette saison, Franco Morbidelli s'est hissé grâce à ce succès à la quatrième place du championnat, à 25 points du leader, mais avec également un retard minime sur les premiers pilotes Yamaha : Quartararo n'apparait que 11 points devant lui (il lui en a repris 25 sur les deux manches d'Aragón) et Viñales à cinq petites unités.

Lorsqu'il lui a été demandé dimanche s'il devrait-il être aidé par Yamaha pour cette fin de championnat, il était difficile de ne pas entendre dans la réponse qu'il a fournie un appel inverse, visant à ne pas lui imposer de consignes d'équipe pour favoriser son coéquipier… "Je pense que l'on devrait tous se concentrer sur le fait de faire notre job au mieux. Il y a trois prétendants chez Yamaha, on est tous les trois au top et en lice pour le titre, alors je devrais me concentrer sur moi-même et sur le fait de faire le meilleur job possible, les deux autres devraient faire la même chose et Yamaha devrait pousser les trois pilotes", a-t-il pointé.

Le pilote Petronas était sur un vrai petit nuage au moment de clore ce Grand Prix de Teruel, qui a en tout point répondu à ses attentes. Fort d'un travail optimal réalisé par son équipe technique, et notamment selon lui pour rapidement adapter ses réglages au nouvel amortisseur qui a récemment fleuri sur l'ensemble des machines, il s'est mis en mode "full attack" avant le départ, conscient que cette épreuve lui offrait l'une de ses dernières chances de s'affirmer dans la lutte pour le titre. Plus concentré que jamais, il a affiché toute son aisance en course pour boucler chacun des 23 tours en tête, sans laisser aucune porte ouverte à ses adversaires.

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Son objectif à présent est de poursuivre sur cette lancée en conservant cette même approche pour les trois deniers Grands Prix. "Je pense qu'à Valence et Portimão on devrait être aussi agressifs qu'on l'a été aujourd'hui", a-t-il prévenu. "On est obligés d'aborder ces trois dernières courses du championnat en mode full attack. On aura besoin de ne pas faire la moindre erreur et juste essayer de travailler très dur et très bien. [...] Je me sens super bien et je veux livrer une attaque maximale, comme on l'a fait dernièrement. Ça ne dépendra pas uniquement de notre attitude mais aussi d'autres choses, mais il est clair que notre attitude sera l'attaque maximale."

"Être quatrième au championnat à un stade aussi avancé de la saison, c'est génial en soi. C'est le MotoGP, c'est ce à quoi je rêvais quand j'étais petit, mais aussi pas plus tard que l'année dernière ! C'est donc une super situation pour moi, mais quand on est dans la course on en veut toujours plus, alors je pousserai toujours pour obtenir plus. Au début de l'année, je ne pensais à rien. Je ne veux faire aucune prédiction, je veux juste prendre la piste et tout donner, et ensuite on verra où j'en suis quand j'aurai tout donné."