Morbidelli va tout donner pour n'avoir aucun regret

Léna Buffa
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On avait quitté galvanisé par l'adrénaline de sa victoire au Grand Prix de Teruel, après "l'une des meilleures courses de la saison" selon son coéquipier. On le retrouve un petit peu déboussolé par une pause de quelques jours dans l'ambiance lourde de la recrudescence du COVID-19 − "Je me suis senti vieux. J'ai commencé à faire des petits travaux à la maison que je n'avais jamais faits de ma vie !" mais toujours aussi déterminé d'un point de vue sportif.

Pragmatique, le pilote italien a conscience que son deuxième succès a boosté ses chances de titre, toujours bien réelles mathématiquement. Quatrième du championnat, à 25 points du leader alors qu'il en reste 75 à distribuer, il sait pertinemment que si la fin de saison réserve autant de rebondissements qu'elle nous en a offert jusqu'à présent, il peut parfaitement avoir une opportunité à saisir. Sa stratégie n'appelle aucune demi-mesure, il veut se montrer agressif à chaque instant durant les trois courses à venir. Le but ? N'avoir aucun regret, quel que soit le résultat final.

"Je me sens super bien. J'ai de très bonnes sensations avec la moto, et à la dernière course en particulier j'ai vraiment aimé la piloter", souligne-t-il. "Rins et moi, on s'est peut-être invité à la fête un peu tard, mais on essaye de rattraper notre retard. Sur les trois dernières courses, je vais essayer de me donner au maximum pour décrocher le titre. On est en lutte pour ça désormais et il faut qu'on le vise pour ne pas avoir de regrets à la fin de l'année. Quelle que soit l'issue, cela aura été un championnat positif pour moi et une belle histoire. Mais en tout cas, à ce stade, à trois courses de la fin, en étant à 25 points et en étant sur cette lancée, il faut qu'on vise quelque chose de grand."

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Titré en Moto2 il y a trois ans, Franco Morbidelli connaît la dynamique très singulière d'une lutte pour le titre, ces instants où il faut à la fois se montrer à la hauteur des performances qui vous ont mené au sommet et ne pas tout gâcher en dépassant la limite de la prise de risques. Mais le pilote Petronas se voit cependant comme un outsider, un retardataire à cette bamboche entre champions potentiels, et il estime être ainsi moins sujet à la pression la plus néfaste que peuvent ressentir certains de ses adversaires.

"Être en lutte pour un titre, c'est une sensation particulière, une sensation étrange, forte. Une sensation que j'ai déjà connue en 2017, et la plupart des pilotes [du top 6] l'ont aussi connue par le passé. Il y a bien sûr du bon dans le fait de ressentir à nouveau cette sensation, et dans le même temps du mauvais. Mais je suis sûr que je suis l'un de ceux qui ressentent le moins cette espèce de mauvaise sensation, parce que je suis à 25 points, j'ai besoin de combler mon retard et de tout faire à la perfection pour y arriver."

"Si vous voulez regarder ça d'une façon mathématique, le gars qui a le plus à perdre est le premier, puis le deuxième en a un peu moins, le troisième un peu moins encore, etc", observe-t-il. "En ce qui concerne la pression, on en a tous, mais je pense aussi qu'elle diminue entre le premier et le sixième."

"En gros, je n'ai rien à perdre", résume-t-il. "À l'instar de ceux qui sont derrière, je suis dans une position un peu avantageuse de ce point de vue, mais dans une position désavantageuse en ce qui concerne les points, car on est derrière alors on doit tout faire à la perfection. Mais peut-être qu'on a un peu moins de pression et qu'on peut forcer un peu plus par rapport à ceux de devant."