Mort de Kobe Bryant - L'adieu de Los Angeles à Kobe Bryant

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La ville de Los Angeles a célébré son héros toute la journée de dimanche, entre tristesse, incrédulité et volonté de saluer le meilleur joueur de l'histoire des Lakers, décédé le matin même dans un accident d'hélicoptère. Il est presque minuit dans le centre-ville de Los Angeles. Olympic Boulevard, l'une des artères principales de Downtown, est quasiment désert. Restent quelques Angelenos, maillot de Kobe Bryant sur le dos, marchant en direction du Staples Center, pour rejoindre tous ceux qui participent à la veillée en hommage au célèbre numéro 24, décédé dans un accident d'hélicoptère dimanche. Et puis, il y a ce moment étrange. Un camion sort de nulle part. Des images du Black Mamba et de sa fille Gigi, également parmi les victimes du drame, défilent sur les écrans vidéos fixés à la carrosserie pendant que les enceintes jouent « it's so hard to say good-bye to yesterday » (c'est si dur de dire au revoir à hier). Alicia Keys sur la scène des Grammy Awards, au Staples Center « Je suis là face à vous, le coeur brisé dans la maison que Kobe Bryant a construite » Quelques heures plus tôt, les Boys II Men, originaires de Philadelphie comme Kobe, accompagnaient la chanteuse et maîtresse de cérémonie Alicia Keys sur la scène des Grammy Awards, les Oscars de la musique. « Nous voilà ici pour fêter la musique et ses artistes mais nous ressentons une grande peine tous ici. Parce que L.A., les Etats-Unis et le monde ont perdu un héros. Je suis là face à vous, le coeur brisé dans la maison que Kobe Bryant a construite », annonce Keys.


À l'intérieur de cette salle où Bryant a si souvent brillé, de ses cinq titres de champion NBA à sa dernière sortie à 60 points (22/50 sur aux tirs) contre Utah le 13 avril 2016, le meilleur joueur des années 2000 est dans toutes les têtes. À l'extérieur aussi. Les dix moments les plus marquants de la carrière de Kobe Bryant Logiquement, c'est à L.A. Live, l'esplanade qui fait face au Staples que les fans de Kobe Bryant se sont rassemblés pour lui rendre hommage. Au sol, bouquets, bougies, photos de lui et sa fille, messages d'amour. En l'air, tous les écrans géants de la place diffusent la même image en noir et blanc. Le visage de Kobe en costume et souriant accompagnés de quelques mots « In loving memory of Kobe Bryant - 1978-2020 ». Et entre les deux, à hauteur d'homme, des visages se crispent, des yeux se baissent pendant que des groupes hurlent « Kobe ! Kobe ! » et « MVP ! MVP ! » pour oublier la tristesse.
À la fin des Grammys, les invités en tenue de soirée se mélangent sur les trottoirs de Figueroa Street aux fans drapés dans leur maillot 8 et 24, comme si la cité des Anges était revenue en 2010. Dans la nuit de L.A., on voit quelques immeubles prendre les couleurs or et violet de la franchise aux seize titres. Un fan de Kobe Bryant, qui s'est déplacé près des lieux de l'accident « C'était dur à accepter, alors je suis venu. Ça rend sa mort réelle » L'émotion qui a saisi les Angelenos trouve son origine à une grosse demi-heure du centre-ville, quand les embouteillages endémiques de L.A., ceux-là mêmes que Bryant préférait survoler en hélicoptère, le permettent. La colline ressemble à toutes celles que l'on trouve au nord de Los Angeles. Dimanche, des centaines d'yeux la fixent. Derrière le barrage policier, derrière le bâtiment administratif, au croisement de Willow Glen Street et Las Virgines Road, on devine les débris du Sikorsky S-76B qui transportait Black Mamba et huit autres personnes, dont sa fille Gigi, 13 ans. Certains regardent avec une curiosité malsaine, demandant aux photographes si leurs longs objectifs leur permettent de voir les corps mis dans les sacs du coroner. D'autres comme William Davis avaient juste besoin d'être là. Il avait échangé avec le joueur quand il n'était qu'un rookie de 17 ans et plein de confiance. Il se souvient s'être dit que ce type-là serait spécial. « C'était dur à accepter alors je suis venu. Ça rend sa mort réelle. Quand j'ai entendu la nouvelle, j'ai espéré que ce ne soit qu'une rumeur. Je ne voulais pas y croire », justifie-t-il. Pas loin, Jerry enchaîne les interviews. Il travaille pour l'église « Church of the canyon », juste en face du site de l'accident. Il répète aux médias du monde entier ce qu'il a vu ou plutôt entendu. Trop de brouillard pour voir quoi que ce soit d'autres que les lumières rouges de l'appareil. Un hélicoptère qui volait tellement bas qu'il pensait qu'il voulait atterrir et puis l'explosion. À 9 h 47, les secours étaient prévenus du crash. L'enquête devra déterminer la cause exacte de l'accident mais la piste de la météo est privilégiée. Même la police de Los Angeles avait décidé de clouer ses hélicos au sol dimanche matin par manque de visibilité. Qu'importe la raison, Kobe Bryant est parti. L'Amérique et le basket sont en deuil. Disney aussi. Son patron, Bob Iger, a publié un communiqué pour saluer la mémoire d'un compétiteur qui, après avoir dominé son sport, s'attaquait à une autre discipline si typiquement locale, le cinéma et le « storytelling ». Il a eu le temps d'ajouter un Oscar (pour « Dear basketball », meilleur court-métrage d'animation en 2018) à sa collection de trophées. Un dimanche brumeux l'a privé de nouvelles conquêtes. Le monde réagit après la mort de Kobe Bryant

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