Moteurs Yamaha : où en sont les pilotes et que risquent-ils ?

Germán Garcia Casanova
·3 min de lecture

L'information dévoilée par Motorsport.com jeudi concernant les inquiétudes de Yamaha sur la fiabilité de ses moteurs 2020 a été pleinement confirmée dimanche, lorsque la liste des moteurs utilisés en ce début de saison a été rendue publique, montrant les limites déjà atteintes par le constructeur d'Iwata.

Dans la foulée, un nouvel abandon dû à une anomalie moteur venait frapper le clan Yamaha en course, dans un remake préoccupant de ce qui s'était déjà produit une semaine plus tôt. Si les réactions du constructeur et de ses pilotes sur ce sujet avaient été timides pendant le week-end, dimanche Lin Jarvis ne s'en cachait plus : "Est-ce que cela m'inquiète ? Oui, car trois moteurs en deux courses c'est trop."

Après qu'un moteur de lors de la seconde course va lui aussi rejoindre les ateliers. Le pilote italien a en effet dû abandonner à huit tours de l'arrivée, après avoir senti son moteur soudainement perdre de sa puissance.

Fabio Quartararo, Petronas Yamaha SRT

Fabio Quartararo, Petronas Yamaha SRT<span class="copyright">Gold and Goose / Motorsport Images</span>
Fabio Quartararo, Petronas Yamaha SRTGold and Goose / Motorsport Images

Gold and Goose / Motorsport Images

Tous les moteurs utilisés restent bien sûr à la disposition des pilotes tant qu'ils n'ont pas été sortis de leur allocation, cependant dans le cas de Viñales il n'y plus aucun moteur neuf et parfaitement frais à monter sur sa machine pour les 11 Grands Prix minimum restant à disputer cette saison.

Quelles sont les limites prévues par le règlement ?

Le règlement, modifié à la suite de la réduction de la saison 2020, autorise l'utilisation de cinq moteurs par pilote pour l'ensemble du championnat pour les quatre constructeurs qui ne bénéficient pas des concessions réglementaires : Yamaha, Ducati, Honda et Suzuki. Les deux autres marques, KTM et Aprilia, arrivées plus récemment et n'ayant pas encore obtenu de résultats suffisants, sont autorisées à utiliser jusqu'à sept moteurs par pilote. Précédemment, et compte tenu du fait que la saison devait comporter 20 courses, la limite était fixée à neuf moteurs pour KTM et Aprilia, et sept pour les autres constructeurs.

La crise actuelle a par ailleurs engendré un autre changement de taille : les spécifications de moteurs scellées pour cette saison sont gelées pour cette saison et la suivante pour les marques qui ne bénéficient pas des concessions. Les deux autres constructeurs devront quant à eux utiliser le moteur actuel durant l'intégralité du championnat 2020 et la première manche de 2021, puis ils pourront retrouver leur liberté de développement.

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Quelle est la pénalité en cas de dépassement ?

Que se passera-t-il si un pilote atteint la limite autorisée et doit utiliser un sixième moteur, voire plus ?

L'Article 1.21.20 du règlement sportif prévoit que l'ajout d'un nouveau moteur soit pénalisé par un départ depuis la voie des stands pour la course lors de laquelle il a été monté. Le pilote doit alors s'élancer cinq secondes après l'apparition du feu vert à la sortie de la pitlane. Autant dire qu'il serait alors très probablement inenvisageable de prétendre à la victoire ou au podium et de gros points s'envoleraient pour le pilote pénalisé...

Si jamais un pilote devait utiliser plus d'un moteur supplémentaire au cours d'un même week-end de course, il observerait cette pénalité une première fois au départ de la course en question, puis à nouveau à la course suivante.

Le règlement précise par ailleurs qu'un moteur sorti de l'allocation pour être analysé, comme c'est le cas actuellement pour les trois pilotes Yamaha concernés, peut être réintégré, mais "s'il est à nouveau utilisé, il sera traité comme un nouveau moteur, avec la pénalité appropriée".