Moto - MotoGP - Les cinq courses où Joan Mir a construit son titre de champion du monde de MotoGP

L'Equipe.fr
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Joan Mir (Suzuki) vient d'être sacré dimanche à l'issue du GP de Valence, pour sa deuxième saison en catégorie reine. Le fruit d'une solide régularité qui l'a mené sur le podium à sept reprises en douze courses. Voici cinq Grand Prix qui se sont révélés décisifs dans la course au titre.

GP d'Autriche (16 août) : Un premier podium en MotoGP pour se relancer
Lorsqu'il débarque à Spielberg, Joan Mir est bien loin du statut de prétendant au titre. L'Espagnol pointe à une pâle quatorzième place au général, dans la lignée de sa précédente saison de rookie, qu'il a achevé douzième. Cette année, seule une cinquième place à Jerez, son meilleur résultat en MotoGP, avait fait office d'éclaircie au milieu des deux chutes enregistrées en Espagne et une semaine auparavant en République Tchèque.

Mais en Autriche, l'Espagnol se qualifie sixième à seulement deux dixièmes de Maverick Vinales, réalisant sa meilleure séance jusque-là. Vite pointé au quatrième rang, il est à la lutte pour la victoire après huit tours, au moment où les motos de Morbidelli et Zarco se percutent et entrainent un arrêt de la course. Après le restart, il profite de la chute de Pol Espargaro puis d'une erreur de Jack Miller dans le dernier virage pour terminer deuxième. La saison du pilote Suzuki est bel et bien lancée.

GP de Styrie (23 août) : A un souffle de la victoire
Joan Mir se sent bien sur le Red Bull Ring. En tête de la FP3, il échoue à moins d'un dixième de la pôle et part aux portes de la première ligne pour la seule fois de sa carrière. Il réalise alors un départ agressif qui lui permet de basculer en tête dès le premier virage. En confiance, il conforte son avance pour compter deux secondes et demi de marge à douze tours de la fin. C'est là qu'un drapeau rouge, déclenché après l'incroyable incident de Maverick Vinales, vient le couper dans son élan.

Une interruption qui lui a probablement coûté la victoire. Malgré un bon deuxième départ, son rythme n'est plus le même. Il est passé par Miller, Espargaro puis Oliveira pour échouer au pied du podium. Mais qu'importe : son passage en Autriche l'a relancé dans la course au Championnat. Il n'est plus qu'à 26 unités de Fabio Quartararo, leader après ses deux victoires d'entrée mais qui n'a pu faire mieux qu'une huitième place à Spielberg.

GP d'Emilie Romagne (20 septembre) : La remontée fantastique
Après un bon double Grand Prix en Autriche, celui de Misano s'avère encore plus prolifique pour Joan Mir. L'Espagnol commence par décrocher une honorable troisième place après s'être élancé huitième sur la grille. Mais la semaine suivante, les affaires s'annoncent plus compliquées : la Suzuki, incapable de réaliser un tour rapide en qualifications, le condamne à l'avant-dernière place de la Q2. Englué dans le trafic, il parvient à gagner peu de positions au départ et pointe à la cinquième place à huit tours de l'arrivée.

C'est le moment choisi par sa machine pour déployer d'impressionnantes ressources. Elle se montre bien plus performante qu'en début de course pour rouler près d'une demi-seconde au tour plus vite que ses adversaires. Avec ce rythme infernal, Mir passe Quartararo puis P. Espargaro pour décrocher la deuxième place. Il lui manquera une poignée de tours pour inquiéter le poleman Maverick Vinales, qui s'était forgé un matelas de cinq secondes d'avance. Une double performance à Rimini qui lui permet de recoller à quatre points d'Andrea Dovizioso, nouveau leader du Championnat.

GP de Teruel (25 octobre) : Une confortable avance au Championnat
Après un GP de France pluvieux à oublier (11e), Joan Mir débarque en Aragon en quête de rachat. C'est ce qu'il va faire dès la première course, achevée troisième, quand son rival Fabio Quartararo est en souffrance avec ses pneumatiques et termine hors des points. Un nouveau podium qui lui permet de prendre la tête du Championnat, pour la première fois de la saison. Mais le Majorquin dispose toujours du même problème avec sa machine en qualifications. Résultat : pour le GP de Teruel, son coéquipier Alex Rins est en première ligne, le Français en deuxième, quand lui échoue au fond de la quatrième.

Une mauvaise place sur la grille rattrapée par un nouveau départ canon, qui lui permet de grappiller sept positions dès le premier tour. Il parvient à monter sur le podium à 13 tours de la fin, mais ne peut rejoindre les deux leaders, qui avaient déjà creusé l'écart. Au terme de cette nouvelle folle remontée, Joan Mir dispose d'un petit matelas de 14 points au général sur Quartararo, huitième de la course.

GP de l'Europe (8 novembre) : Une première victoire pour clore les débats
Joan Mir confirme sa progression à Valence, où il décroche sa meilleure qualification depuis six GP. Une cinquième place, loin devant Quartararo, onzième, pleine de promesses pour le dimanche. D'autant que le pilote Suzuki parvient désormais à trouver le bon rythme dès l'entame de course. Ainsi, après avoir dépassé le poleman Pol Espargaro dans le quatrième tour, il part en chasse d'Alex Rins. À l'affût, il ne laisse pas passer la petite ouverture dans le 17e tour quand son coéquipier perd un peu l'avant dans le virage 11 pour tirer large.

L'Espagnol, impeccable tout au long du Grand Prix, se débarrasse en même temps d'un sacré caillou dans la chaussure. Car malgré ses six podiums, il n'était pas parvenu à passer le drapeau à damier en tête jusque-là. C'est désormais chose faite, et avec la manière. Avec 37 points d'avance sur Quartararo et Rins à deux courses du terme, le pilote de 23 ans vient de plier le Championnat. Il se contentera d'une septième place sur le même circuit le week-end suivant pour assurer son titre.

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