Moto - MotoGP - Qui sont Enea Bastianini et Luca Marini, les deux rookies en MotoGP l'an prochain ?

L'Equipe.fr
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Les Italiens de 22 et 23 ans, qui courent en catégorie Moto2 cette saison, seront les seuls pilotes à découvrir la catégorie reine en 2021, au sein de l'écurie Ducati Avintia, rebaptisée Esponsorama Racing.

Leur évolution
Né à Rimini, lieu du célèbre GP de Saint-Marin, Enea Bastianini a chevauché une moto pour la première fois à l'âge de trois ans et trois mois. D'où le numéro 33 inscrit sur sa machine. Lauréat du trophée Honda RS125 à 14 ans, il débarque en Moto3 deux ans plus tard et impressionne en glanant trois podiums. L'année suivante, après être monté cinq nouvelles fois sur la boîte, il grimpe sur la plus haute marche chez lui, à Misano, devant Miguel Oliveira, aujourd'hui en MotoGP.

Des performances qui lui permettent d'accrocher une troisième place au Championnat, à seulement 17 ans, suivie d'une deuxième place en 2016. Ce n'est qu'après deux nouvelles saisons frustrantes qu'il sera promu en Moto2 avec l'écurie Italtrans. Mais après un premier podium décroché à Brno l'an dernier, une blessure au pied droit contractée en Autriche à mi-saison l'empêche de défendre pleinement ses chances.

Après avoir grimpé les échelons en minimoto, Luca Marini est arrivé plus tardivement sur le circuit mondial, deux ans exactement après son compatriote. Mais sa progression fut plus fulgurante : à 18 ans, il est propulsé directement en Moto2 avec ForwardRacing, après une cinquième place au championnat européen de Moto2. Le tout grâce au soutien et à l'influence de la VR46 Academy, l'académie de pilotes créée par Valentino Rossi, dont il est le demi-frère.

Mais l'adaptation à la Kalex se révèle difficile, et ce n'est que lors de sa troisième saison, en 2018, que l'Italien décroche ses quatre premiers podiums, avant d'arracher la victoire à Sepang. Bis repetita la saison dernière, avec deux nouveaux succès et une régularité retrouvée qui lui permettent de grimper au sixième rang du Championnat.

Leur saison 2020
Les blessures envolées, Enea Bastianini a fait preuve d'une incroyable régularité cette saison pour ne sortir du top 10 qu'à deux reprises, sur la piste séchante du Mans (11e) et lors de son spectaculaire highside au GP d'Autriche. L'Italien compte plus de 50 % de podiums (7 en 13 courses), et s'est adjugé sa première victoire en Moto2 dès la troisième course de la saison, en Andalousie.

Si l'on y ajoute ses succès en République tchèque et en Italie, il est désormais leader du Championnat avec six points d'avance sur son poursuivant, Sam Lowes. Mais il doit gommer un point faible : ses résultats en qualification. Depuis le début de la saison, il n'a pas décroché une seule fois la pole, se contentant de la troisième place lors de quatre GP.

Luca Marini a lui démarré la saison en boulet de canon. Comme son compatriote, il décroche trois victoires, à Jerez, Misano et Barcelone, et ne connaît comme pire résultat qu'une septième place. Résultat : après cinq podiums en neuf courses, l'Italien comptait 30 points d'avance sur Bastianini au général. Le fruit de solides qualifications, qui l'ont mené en pole à trois reprises, régulièrement suivies de départs canons, qui lui permettent de consolider voire de gagner des positions, comme à Brno.

Mais depuis le GP de France, achevé à la 17e position, il n'est que l'ombre de lui-même. En Aragon, sa chute après deux tours, puis son anonyme 11e place ont été fatals dans la course au titre. Malgré une intéressante sixième place le week-end dernier, sa place sur le podium ne tient plus qu'à un fil : son coéquipier Marco Bezzecchi est revenu à 10 points au Championnat.

Leur personnalité
Luca Marini et Enea Bastianini, tous deux de la génération 1997, se sont construits différemment. Le premier est depuis l'âge de 8 ans sous la houlette de Valentino Rossi, qu'il considère comme « une motivation pour progresser ». C'est donc avec des garanties financières et des sponsors influents (Sky, WithU, Bardahl) qu'il rejoint la catégorie reine. Mais il peut aussi compter sur un style de pilotage très propre, avec peu d'erreurs. « Il pilote la moto comme une machine » avait d'ailleurs décrit son demi-frère maternel après le GP d'Espagne.

L'an prochain, Luca Marini sera le plus grand pilote sur la grille de départ. Quand la moyenne s'évalue à 1,70 m, l'Italien atteint lui 1,84 m, soit seize centimètres de plus qu'Enea Bastianini. Contrairement à la majorité des jeunes talents italiens, qui rejoignent la VR46 Academy, Bastianini a dû tracer son chemin seul, sous contrat avec Fausto Gresini. Il s'est bâti une réputation de pilote agressif, qui n'hésite pas à couper les trajectoires, ce qui lui a valu le surnom de Bestia (la bête).

Lors d'une interview au site GP One en avril dernier, il avait déclaré : « Je pense que la Ducati est la moto qui correspond le mieux à mon style, puisque j'aime freiner tard. Ca ne me ferait pas peur de débuter en moto GP avec cette machine-là, même si c'est difficile à dire avant de grimper dessus. » Une déclaration prémonitoire, puisqu'il aura l'occasion de la découvrir dès la saison prochaine.

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