Moto - MXGP - Tim Gajser : « Maintenant en Slovénie, tout le monde est fou de motocross »

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Le champion en titre est un prophète dans son pays. Mais il sait que son sceptre est menacé cette saison, qui débute ce dimanche, alors que tous les cadors arrivent cette fois sans blessure.Tim Gajser est un champion du monde très accessible. Tout du moins au fin fond de l'Angleterre, loin de ses Balkans natals. Que ses compatriotes se passionnent pour ce virtuose des crampons quoi de plus naturel. D'abord, parce que son histoire a commencé dans des circonstances dramatiques. Gajser porte sur sa plaque le rappel permanent du drame familial qui a conditionné son existence. 243, comme 24 mars, le jour où un frère aîné, qu'il n'a pas connu, échappant à la vigilance de sa mère, se jeta sur les roues de son père qui s'entraînait sur une piste de motocross. De ce jour, le couple Gajser s'était juré de fabriquer un champion du monde de motocross.Un premier titre dès sa première saison en catégorie reineEt ce n'est rien de dire que les géniteurs ont été obsédés par cette revanche sur le destin. Surtout le père, dont l'omniprésence auprès de Tim ne lui a pas fait que des amis dans le paddock. Mais depuis 2016, l'objectif est atteint avec un premier titre MXGP dès la première saison en catégorie reine. Une consécration dont la confirmation fut longue à venir avec ce deuxième titre l'an passé. Et la passe de trois pourrait s'avérer encore plus compliquée, dans le monde du MXGP qui n'a jamais paru aussi compétitif.« Êtes-vous à 100 % physiquement ? Pas de bobo ?Heureusement non. Oui tout va bien pour ce début de saison. Comme l'an passé en somme, où vous n'avez pas eu de blessures... Cette saison 2019 a été l'une des plus réussies de ma carrière. J'ai été constant, j'ai été toujours très relax dans les week-ends de course. Détendu, voilà, c'était très important, croire en soi, être capable de piloter en course comme à l'entraînement. Le problème c'est d'amener en course les bonnes sensations de l'entraînement. Mais bon, 2019, c'est du passé.Revenons quand même sur cette saison sans blessure. C'est un peu de la chance ou pas seulement ?Le motocross est un sport dangereux. Les chutes font partie de notre sport. Oui, il faut un peu de chance pour s'en tirer. Mais pas seulement. Si votre corps est bien préparé, ça se passera mieux. Si vous avez une musculature prête à encaisser, vous allez diminuer le pourcentage de blessures. Et puis, mentalement, si vous pilotez bien, décontracté, vous ferez moins de fautes.En 2019, vous avez pris du recul vis-à-vis de votre père jusqu'alors omniprésent dans votre carrière. Comment s'est passée cette séparation ?En effet, avant il était tout le temps là. Puis je lui ai dit que je voulais me débrouiller plus par moi-même. Mais il est encore assez présent. Il est dans le motocross depuis 30 ans. Ses conseils sont encore précieux.Le MotoGP est moins dangereux que le MXGP. Si vous pouviez repartir de zéro, que choisiriez-vous, le tout-terrain ou la piste ?Je ne changerai rien. Parce qu'en motocross, je peux rouler tout le temps sur ma moto. Ce n'est pas possible en MotoGP où l'on utilise sa moto que lors de rares tests officiels. En MXGP, il n'y a pas de limite.Vous savez que Marquez pratique beaucoup le motocross. Suivez-vous le MotoGP ?Autant que je peux. Mais souvent les week-ends de courses sont les mêmes. Mais j'ai une bonne relation avec Marc. Nous sommes coéquipiers chez Honda et ça donne des occasions de communiquer. On se parle beaucoup lors des présentations conjointes du HRC (Honda Racing Company, la structure qui chapeaute toutes les équipes officielles). Ça fait des années déjà qu'on se dit qu'on va rouler ensemble un jour, mais on n'y arrive jamais. Mais on va le faire, car Marc pratique beaucoup le motocross qu'il adore.Quelle est votre popularité en Slovénie ?Avant mes titres mondiaux, personne ne savait ce qu'était le motocross dans mon pays. Maintenant tout le monde connaît. Maintenant en Slovénie, tout le monde est vraiment fou de motocross. C'est incroyable de voir à quel point ce sport a grandi chez nous. Je pense que c'est devenu le sport le plus suivi en Slovénie.Avez-vous été élu sportif N°1 en Slovénie ?Non, j'ai fini troisième. Derrière un joueur de NBA, Luka Doncic, et le cycliste Primoz Roglic. On était tous les trois à la bagarre, mais j'ai fini 3e.Et vous n'avez jamais gagné ce vote ! Ça doit vous paraître injuste ?Beaucoup de gens disent que c'est injuste. La plupart des Slovènes pensent ça. Ce n'est pas un vote uniquement populaire, les journalistes y ont un poids très important. Mais bon, c'est comme ça. Je m'en fous un peu vu le nombre de fans qui me suivent.Beaucoup dans le paddock pensent que le plus doué d'entre vous est le Néerlandais Jeffrey Herlings. Vous êtes d'accord ?Du talent, il en a, mais il n'y a pas que lui. Il n'est pas seul à pouvoir gagner le titre.Il y en a trois qui se détachent, Herlings, l'Italien Cairoli et vous. C'est ça ?Plus que ça. La saison devrait être très intéressante. Si tout le monde évite les blessures. Donc il y a les trois pilotes que vous venez de citer et aussi l'Espagnol Prado.Mais c'est sa première saison en motoGP et en plus il vient de se blesser sérieusement...Il s'est cassé un fémur, mais je le vois quand même fort cette saison.Et les Français ?Romain (Febvre) est toujours là. Gautier (Paulin) aussi. Ça fait donc beaucoup de bons pilotes dans le coup, au moins pour gagner des courses.Ça va être compliqué de garder votre titre ?C'est toujours plus compliqué de répéter un titre à cause de la pression. Mais comme c'est déjà très dur de gagner un titre mondial, je ne vois quand même pas une grosse différence.Enfin, vous savez une chose, c'est que pour devenir N°1 en Slovénie, vous devez gagner encore plus...Ah oui, ça, je le sais ! »

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