Le MotoGP veut garder le paddock dans sa bulle pour les derniers GP

Léna Buffa
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Le MotoGP observe pour quelques jours sa dernière pause avant une ultime série de trois Grands Prix qui conclura le mois prochain une saison profondément chamboulée par la crise sanitaire mondiale. Trois dernières manches que les instances voudraient voir se dérouler en vase clos grâce à l'application stricte des recommandations transmises aux équipes.

Lorsqu'il a été lancé en juillet, quatre mois plus tard que prévu, le championnat se basait sur un protocole minutieusement établi visant à limiter le risque de contaminations dans le paddock, en en réduisant drastiquement l'accès et en mettant en place des gestes barrières et un système de tests et de traçage. Des recommandations étaient par ailleurs transmises aux acteurs du championnat afin que la saison puisse aller à son terme sans encombre.

Dans une lettre adressée aux équipes en marge du Grand Prix de Teruel et que Motorsport.com a pu se procurer, l'IRTA a manifesté son mécontentement, pointant du doigt un relâchement dans les comportements. L'association des équipes a décidé de taper du poing sur la table et appelé chaque formation à faire le nécessaire pour ne pas "porter préjudice à l'achèvement de la saison", notamment en ne cassant pas les bulles au sein desquelles chacun est censé évoluer lorsque deux courses s'enchaînent d'un week-end à l'autre.

"La Dorna et l'IRTA ont été très déçus de voir combien de participants au MotoGP ont choisi de voyager pour rentrer chez eux, ou même dans des stations balnéaires, entre les deux épreuves d'Aragón", a notamment fait savoir l'IRTA dans cette lettre, signée de son PDG, Mike Trimby. "Dans le protocole des épreuves organisées consécutivement sur un même circuit, il vous était demandé de rester dans la bulle circuit/hôtel pendant toute la durée des épreuves. Des exceptions ne pouvaient être faites que pour d'importantes raisons commerciales."

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Nombreux ont été les pilotes, notamment, à quitter cette bulle entre les deux épreuves organisées à Alcañiz, certains expliquant par exemple souhaiter retrouver leur famille pour les quelques jours de battement. Estimant que le paddock du MotoGP parvient, grâce au protocole mis en place, à maintenir "probablement un risque minimal d'infection au COVID-19", l'IRTA pointe que le risque le plus important intervient à l'extérieur de cette bulle, "à domicile ou en voyage".

Si le nombre d'infections identifiées a jusqu'ici été extrêmement faible, trois pilotes ont dû manquer des Grands Prix ces dernières semaines après avoir été infectés : d'abord Jorge Martín en Moto2, puis Valentino Rossi en MotoGP, et enfin Riccardo Rossi en Moto3. Tony Arbolino a quant à lui dû sauter une course afin de respecter l'isolement imposé par les autorités espagnoles après qu'il a été identifié comme ayant voyagé aux côtés d'une personne infectée. L'IRTA a également rappelé que plusieurs membres d'équipes ou employés de sociétés impliquées dans le championnat ont été écartés du paddock après une infection ou un contact étroit avec une personne infectée, se référant notamment à des ingénieurs Yamaha ou des techniciens Michelin.

"Il est impossible de déterminer avec précision où les infections se sont faites, mais les preuves dont nous disposons indiquent que la maladie a été contractée en dehors des épreuves", a indiqué l'association dans sa lettre, exhortant par conséquent le paddock à rester groupé lors de l'ultime série de courses.

"Pour la double épreuve de Valence, et même pour la manche finale à Portimão, nous vous recommandons vivement de rester avec votre équipe ou vos collègues dans la bulle paddock/hôtel et de ne pas rentrer chez vous ni vous rendre dans d'autres lieux entre les épreuves. Cela permettra de réduire au minimum le risque d'exclusion des épreuves et, plus important encore, de protéger la santé de tous ceux avec qui vous travaillez."

L'IRTA a par ailleurs pointé du doigt un "relâchement dans le respect des mesures de sécurité requises dans le paddock et les stands", s'appuyant sur des images parues à la télévision ou sur les réseaux sociaux et montrant l'absence de masques dans des moments de liesse. "Si nous voulons être autorisés à continuer d'organiser des épreuves, nous devons montrer au monde extérieur que nous respectons les conditions qui ont été convenues comme celles de l'obtention de l'autorisation", a conclu l'IRTA.

En marge du Grand Prix de Teruel, le week-end dernier, Carmelo Ezpeleta a pris la parole afin de rassurer les acteurs du championnat sur la bonne tenue de la phase finale de la saison. Dans un contexte de recrudescence de la pandémie, avec une situation qui semble s'aggraver de jour en jour dans toute l'Europe, la mise en place de restrictions notamment en Espagne, où doivent se tenir les deux prochaines manches, ne remet pas en cause, selon le PDG de Dorna Sports, l'organisation de ces courses. "Deux ou trois personnes qui sont rentrées chez elles ont eu des problèmes avant leur retour", a-t-il admis, "mais le plus important est qu'avec les tests que nous faisons, nous pouvons tout contrôler et nous connaissons la situation."