Moutet en huitièmes de finale de l'US Open après sa victoire contre Cachin

Corentin Moutet est en huitièmes de finale de l'US Open. (AFP)

Inconstant mais conquérant, Corentin Moutet s'est débarrassé de Pedro Cachin (6-3, 4-6, 6-2, 7-5) pour se qualifier pour la première fois en 8e de finale dans un tournoi du Grand Chelem.

Il a plusieurs fois perdu le fil de cette rencontre, exaspéré de ne pas réussir à conclure ce match « imperdable » selon son propre mot éructé sur le court. Mais Corentin Moutet a réussi à se remobiliser pour décrocher son premier huitième de finale en Grand Chelem. Le Français de 23 ans est parti de très loin dans cet US Open, éliminé lors des qualifications par le Chinois Wu Yibing. Il se retrouve à un niveau auquel il n'avait jamais goûté.

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Le film du match

Vendredi, le lucky-loser avait une vraie chance qui se présentait avec Pedro Cachin, 27 ans mais novice à ce niveau en Grand Chelem. La première manche a d'ailleurs été à sens unique avec un Français virevoltant et inspiré, étouffant et précis. Très vite, sur un de ses lobs bien touchés qui allaient donner des sueurs froides à son adversaire tout au long de la rencontre, il a fait le break. Il a manqué sa chance d'enfoncer rapidement le clou mais qu'importe, il bouclait cette manche sans trembler sur un « Come on » retentissant.

Une panne de première balle malvenue

Et puis il a égaré le scénario simple et sans fioriture qu'il était en train d'écrire. Quelques coups un peu forcés, lui qui sentait si bien la balle les 40 premières minutes, lui ont coûté son jeu de service (sur la première occasion du match de Cachin) et une panne de première balle l'a totalement insupporté. Suffisant pour donner une dimension totalement différente à ce duel. Sa raquette a volé avant qu'il ne shoote dedans. « Je ne sais pas quoi faire pour juste me sentir bien, je n'y arrive pas », lâchait-il en direction de son entraîneur Laurent Raymond, flanqué de Sébastien Grosjean et Paul-Henri Mathieu.

Corentin Moutet à un caméraman

« On dirait qu'il y a un film sur moi, je suis hyper sexy c'est ça »

Sa copie recouverte de ratures ne ressemblait plus à grand-chose et Cachin, lui, réveillait les grappes de supporters argentins qui s'étaient invités dans les tribunes du court 17 pour faire monter la température. L'agacement de Moutet n'allait plus le quitter et tout le monde y est passé avant que le match ne se termine. L'arbitre qui n'a pas déjugé la machine qui juge les lignes : « Tu ne sais même pas si la balle est bonne ou faute. Mais si la machine a faux ? C'est très chiant. » Ou encore le caméraman qui a filmé d'un peu trop près le Français à un changement de côté. « On dirait qu'il y a un film sur moi, je suis hyper sexy c'est ça ? », lui demandait-il un brin agacé. Et bien sûr, il a tourné sa colère contre lui-même quand il a perdu deux fois son service au début quatrième set. Verdict : « Je fais deux jeux d'abruti. »

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Le tableau

Mais heureusement pour Moutet, au milieu de cette verve et de ces incessants monologues dont il est coutumier, il n'a pas livré que des jeux de ce calibre. Sortir du court entre les deuxième et troisième sets lui a fait le plus grand bien. Il est revenu remobilisé, assaisonnant Cachin de frappes violentes et de coups joués tout en subtilité. C'est d'ailleurs sur un passing superbement tiré côté revers qu'il est allé reprendre les commandes du match. Avant de reperdre subitement son influx et de se retrouver dos au mur dans le quatrième acte.

Ruud au prochain tour

À 0-4, il a, une nouvelle fois, su rebondir et enfin prendre en main définitivement cette rencontre qui ne cessait de lui échapper. Il a fait son retard, à la bagarre, toujours exaspéré mais dictant le jeu jusqu'à voir sortir une dernière balle de son adversaire argentin. La 45e faute directe de Cachin, le Français lui, en a commis 43 (47 coups gagnants). Symbole de cette rencontre erratique où Moutet a pourtant toujours semblé maître de son destin. Il lui fallait maîtriser ses émotions et ses démons, il l'a fait. Et s'est offert un superbe défi. Casper Ruud l'attend désormais en huitièmes de finale. Histoire de continuer à écrire l'histoire, et tant pis pour les bavures et les erreurs.