Idée reçue - No pain, no gain... Vraiment ?

L'Equipe.fr
On dit qu'il faut souffrir pour être belle/beau. Faut-il aussi souffrir pour se muscler ? Les réponses de notre coach.

On dit qu'il faut souffrir pour être belle/beau. Faut-il aussi souffrir pour se muscler ? Les réponses de notre coach.« Ça te fait mal ? Tant mieux, ça veut dire que ton muscle travaille ! » C'est le refrain que l'on peut entendre dans les salles de musculation, notamment lorsqu'un habitué des lieux conseille un débutant. Mais la douleur est-elle un réel indicateur d'efficacité en musculation ? Pour Karim Belhamadi, coach sportif et préparateur physique, tout dépend de l'axe de travail : « Pour créer de la masse musculaire, il faut travailler avec des charges relativement lourdes, qui rendent la douleur inéluctable. Même chose pour la force, avec des charges cette fois quasi-maximales (sur trois, deux voire une seule répétition). C'est très coûteux énergiquement, c'est normal que cela fasse mal. »Force, volume, endurance... Des sensations différentes« Si vous préparez une course de fond, si vous faites un sport d'endurance, vous devez travailler avec des charges un peu moins lourdes, parfois seulement la moitié de votre "max". Les séries sont plus longues (jusqu'à 20 répétitions), mais c'est moins douloureux, plus "supportable". » Le fait d'avoir mal dès le début d'un exercice effectué avec des poids légers ou à vide doit ainsi vous alerter. Si la gêne ne se manifeste que progressivement : pas de panique. Le phénomène de congestion musculaire provoqué par le grand nombre de répétitions s'accompagne d'une sensation de brûlure et « même dans le cas de l'endurance, les fins de séries peuvent donc s'avérer douloureuses. »Ainsi, d'après Karim Belhamadi, « à partir d'un certain niveau de performance, quand on fait de la musculation dans le cadre d'une préparation physique – à moins de faire une séance "de reprise" ou "de rappel" – on est obligé à un moment ou un autre d'avoir mal. » Mais cela ne s'applique donc pas aux non-initiés, ni aux sportifs en retour de blessure ou de vacances. « Attention à la phrase toute faite : "No pain, no gain" ! Il faut dire aux gens qui n'ont pas l'habitude de s'entraîner d'y aller doucement. Bien souvent, on ne prend pas le temps de préparer les tendons avec des charges progressives. Les séances de musculation d'initiation ou de reprise doivent donner l'impression d'avoir travaillé trop léger. C'est le lendemain, quand on a mal aux jambes et aux bras, qu'on s'aperçoit qu'elles ont été efficaces (sourire). »Et les courbatures dans tout ça ?La douleur post-entraînement, elle aussi, se transforme souvent en sentiment du devoir accompli. A tort ou à raison ? « Les crampes, ce n'est pas bon signe. Cela témoigne d'un manque d'hydratation ou encore d'une carence en magnésium (...) En revanche, avoir quelques courbatures après une reprise, cela démontre que vous avez remis votre organisme en mode "on". » Pour ceux qui découvrent la musculation, ou décident de s'y remettre, c'est donc un indicateur qui peut être positif... sous certaines conditions. « S'il y a trop de courbatures, c'est que la charge de travail est trop importante, poursuit notre coach. Si vous êtes complètement cassés, si vous mettez trois jours à vous remettre d'une séance, l'argument "c'est bon, j'ai des courbatures, j'ai bien bossé" ne tient pas ! » Enfin, pour les plus assidus, pas de quoi se gargariser : « Quand on est bien entraîné, les courbatures c'est du passé (sourire) ! »

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