Le mystère Van Vleuten avant la course en ligne des Mondiaux

Annemiek van Vleuten au sol, le coude droit en sang, après sa chute mercredi, dès le début du relais mixte. (Eurosport)

Grande favorite de la course en ligne des Mondiaux avant sa chute de mercredi, la Néerlandaise Annemiek van Vleuten hésite à tenter sa chance... avec une fracture d'un coude.

Le voyage en Australie est pour l'instant douloureux pour Annemiek van Vleuten, victorieuse de la première édition du nouveau Tour de France femmes fin juillet et de la dernière Vuelta il y a deux semaines. La Néerlandaise de 39 ans avait commencé dimanche par connaître une déconvenue sur le contre-la-montre des Mondiaux, seulement 7e de l'épreuve. Mais le pire restait à venir, avec une chute mercredi dès les premiers mètres du relais mixte avec l'équipe des Pays-Bas. Ce qui est arrivé n'est toujours pas clair, puisque le vélo de Van Vleuten alla taper un trottoir avant que son pneu avant n'explose, mais en tout cas, la championne du monde 2019 chuta lourdement.

Transportée à l'hôpital de Wollongong, elle se vit diagnostiquer une fracture du coude droit sans déplacement. Ce jeudi, elle était de retour sur son vélo, pour une sortie test de deux heures. « Ce n'était pas idéal, mais ça allait, souffla-t-elle à l'issue de son entraînement. Je n'ai pas souffert, sauf quand je me suis mise en danseuse, ce qui est quand même embêtant sur un tel parcours. Nous allons donc encore attendre. » Van Vleuten doit ainsi décider ce vendredi avec sa sélection si elle s'aligne pour les Mondiaux disputés dans la nuit de vendredi à samedi.

Vos et Vollering : mieux que des solutions de rechange

Dans tous les cas, elle sait d'ores et déjà qu'elle ne peut s'attendre à un miracle et que si elle peut prendre le départ, ce sera forcément dans un rôle différent de celui prévu à l'origine. Les Néerlandaises ne manquent de toute manière pas d'arguments, avec Marianne Vos, même si, à 35 ans, la triple championne du monde n'est plus aussi tranchante dans les côtes, et surtout Demi Vollering. Le parcours semble trop corsé pour la dernière porteuse du maillot arc-en-ciel Elisa Balsamo (ainsi que, sans doute, pour la Belge Lotte Kopecky), mais les Italiennes ont, elles aussi, d'autres cartes à abattre, avec Elisa Longo Borghini, Marta Bastianelli, voire Silvia Persico, épatante 5e du dernier Tour de France.

Principales engagées

Course en ligne Élite F. (164,3 km ; arrivée vers 9 h, heure française).


Allemagne : Lippert.
Australie : Brown.
Belgique : Kopecky, Van de Velde.
Danemark : Ludwig, Norsgaard.
Espagne : Garcia, Santesteban.
France : Demay, Labous, Le Net, Muzic, Verhulst, Wiel, Biannic.
Grande-Bretagne : E. Bäckstedt.
Italie : Balsamo, Bastianelli, Longo Borghini, Persico.
Pays-Bas : Van Dijk, Van Vleuten, Vollering, Vos.
Pologne : Niewiadoma.
Slovénie : Zigart
Suisse : Chabbey.

De manière générale, sur les 164 km du parcours, on devrait trouver aux avant-postes dans la côte de Mount Pleasant les coureuses qui avaient des ambitions en montagne en juillet, ou plus récemment sur les routes de la Vuelta : la Polonaise Kasia Niewiadoma, la Danoise Cecilie Ludwig, l'Allemande Liane Lippert, les Espagnoles Mavi Garcia ou Ane Santesteban. Et Juliette Labous. Leadeur d'une équipe de France qui a dû être remaniée pour pallier le forfait d'Audrey Cordon-Ragot, victime d'un AVC et remplacée par Jade Wiel, la grimpeuse de DSM débarque en forme, avec un récent top 10 sur la Vuelta (9e), après sa 4e place sur le Tour. Elle a trouvé en Australie un parcours qui semble la réjouir.

« Comme on passe six fois la bosse, ce sera un peu moins un effort pour puncheuse que si on ne l'avait franchie qu'une fois, savourait-elle mercredi soir lors d'une conférence de presse où aucun mot supplémentaire ne fut prononcé sur la polémique de leur voyage en classe économie alors que les hommes avaient volé en business, et ça va davantage me convenir. » Au point de s'interroger à voix haute : « Et pourquoi pas revenir avec le maillot arc-en-ciel ? »