Nasser al-Khelaïfi, président du PSG : « Le foot, ce n'est pas juste deux ou trois clubs »

Nasser al-Khelaïfi, président du PSG : « Le foot, ce n'est pas juste deux ou trois clubs »

À la veille de recevoir la Juventus, qui poursuit avec le Real et le Barça le projet dissident de Superligue, Nasser al-Khelaïfi, le président du PSG, a stigmatisé leur égoïsme.

Entre Nasser al-Khelaïfi et Andrea Agnelli, l'hostilité est totale. Il y a un peu plus d'un an, le président parisien a succédé à son homologue italien à la tête de l'ECA, l'association européenne des clubs. L'héritier de la famille Agnelli a été destitué pour avoir voulu créer une Superligue avec onze autres « cadors », et il est aujourd'hui le seul, avec le Real Madrid et le Barça, à poursuivre cette aventure.

Nasser al-Khelaïfi, président du PSG

« Contrairement à d'autres, on n'a rien à cacher »

Lundi, lors d'une réunion organisée par la Fédération portugaise, le boss du PSG, qui avait été, avec les dirigeants du Bayern Munich, le seul à refuser immédiatement de trahir l'UEFA, a redit fermement son opposition à cette idée à laquelle s'accroche Agnelli, son adversaire du jour. « Vous l'appelez Superligue, moi je l'appelle : « Pas Superligue », a-t-il lancé, intervenant en visioconférence. Pour moi, le nouveau format de la Ligue des champions (à partir de 2024) a déjà montré sa force. Aux États-Unis, les droits ont augmenté de 150 %. Au Royaume-Uni et en France, c'est également un succès important (chez nous, Canal+ va en effet payer 480 millions d'euros annuels pour les Coupes d'Europe, en hausse de 50 % par rapport au contrat actuel). Le football a besoin de se développer mais en respectant les clubs, les petits, les moyens et les grands. Il faut aussi respecter les fans (c'est la fronde des supporters anglais qui a fait échouer la Superligue). L'amour des supporters pour leur équipe est plus fort que n'importe quel business. Le football, ce n'est pas juste deux ou trois clubs, vous voyez ce que je veux dire... »

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Dans son viseur, les « deux ou trois clubs » sont évidemment la Juventus, le Real et le Barça, qui ont saisi les tribunaux contre l'UEFA, à Madrid (tribunal de commerce), puis au Luxembourg devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), notamment pour « abus de position dominante ». Le 15 décembre, l'avocat général de la CJUE rendra son « opinion » sur le dossier, puis les 15 jurés auront alors quatre mois pour prendre une décision définitive.

Pour Al-Khelaïfi, ces trois jusqu'au-boutistes feraient mieux de surveiller leurs excès, notamment le Barça (1,4 milliard d'euros de dette), que d'essayer de faire tout exploser : « Les présidents restent quelques années puis s'en vont et laissent un désastre à leurs successeurs. C'est ce qui devrait nous préoccuper. Nous, on a zéro dette (même si le PSG a été sanctionné par le fair-play financier pour avoir dépassé les 30 millions d'euros de déficit autorisé sur trois exerces comptables). Contrairement à d'autres, on n'a rien à cacher. »

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