Natation - FFN - Elections à la FFN : Francis Luyce en concurrence avec Gilles Sezionale

L'Equipe.fr
Francis Luyce, le président sortant de la FFN, brigue ce dimanche un septième mandat de président de la FFN. Il n'est pas annoncé favori face au Niçois Gilles Sezionale.

Francis Luyce, le président sortant de la FFN, brigue ce dimanche un septième mandat de président de la FFN. Il n'est pas annoncé favori face au Niçois Gilles Sezionale.Deux prétendants, une raretéA 70 ans, Francis Luyce brigue ce dimanche son septième mandat, «le dernier», jure-t-il. Ancien nageur, le Dunkerquois ne cesse de le répéter : «J'ai voué ma vie à la natation et j'ai encore des choses à faire pour elle. Si je pensais que ma tâche était accomplie, j'aurais laissé la place.» Mais pour la première fois depuis 1997, quelqu'un la veut, cette place. L'opposition est menée par le Niçois Gilles Sezionale, 59 ans, docteur en pharmacie, vice-président délégué de la FFN et président de la Ligue Paca.D'un côté donc, l'omnipotent Luyce, qui a tissé sa toile en étouffant toute opposition. «Mais je suis l'homme du consensus, lance-t-il. Il faut que l'on soit uni pour préparer l'avenir. Il faut changer des choses mais à la révolution, je préfère l'évolution.» De l'autre Sezionale, lui aussi du sérail, qui argue de son statut de chef d'entreprise : «Je veux travailler en équipe. Le problème, c'est que Francis fonctionne tout seul. Il ne supporte pas l'idée de partager le pouvoir. Mais au bout de vingt-quatre ans, il a pris racine.»Un contexte tenduAprès une olympiade où, derrière sa génération dorée (Laure Manaudou, Alain Bernard, Camille Muffat, Yannick Agnel, Florent Manaudou...), elle est devenue une place forte (7 médailles dont 4 d'or en 2012 aux JO de Londres, 3e nation mondiale), la natation française est brusquement retombée aux Jeux de Rio en 2016. Dans l'eau (2 médailles d'argent) et en dehors, avec des tensions virant aux règlements de compte de cour d'école.Depuis, des stars ont raccroché (Yannick Agnel, Fabien Gilot, Frédérick Bousquet, Coralie Balmy...), vont le faire (Camille Lacourt après les Mondiaux cet été) ou s'offrent une parenthèse (Florent Manaudou au handball). Il y a donc une nouvelle copie à écrire.Pourtant, on est loin du consensus entre un président de plus en plus isolé avec son DTN, le Marseillais Jacques Favre, et une base lassée des manœuvres. La campagne s'en est ressentie (diatribes anti-Luyce sur les réseaux sociaux, blocage de la page Facebook de Sezionale, manœuvres en sous-main lors des élections régionales). «Je trouve désagréable la manière dont on m'a attaqué, regrette Luyce. Je ne le mérite pas. Mais je ne répondrai pas à ces discussions de comptoir.» Son rival se défend : «Je ne suis pas dans l'affrontement. J'ai toujours pris la peine de dire les choses les yeux dans les yeux au président. Après, j'ai constaté des manquements à l'équité et je l'ai fait savoir. S'il y a une compagne dure, c'est de l'autre côté il faut la chercher.»Avantage SezionaleEn octobre, Luyce a tenté de faire modifier un mode de scrutin qui risquait de lui être défavorable. Sans succès (63% de non). Et le redécoupage des régions (18 au lieu de 27 depuis le 1er janvier) a considérablement modifié le rapport de force. «Je suis serein, reconnaît Sezionale. En théorie, sur le papier, on est largement majoritaire et ça devrait passer.» Luyce, qui s'est déjà montré maître en retournement de situation, reste positif : «Je suis confiant parce que, contrairement à ce que certaines informations circulant veulent faire croire, j'ai encore des soutiens.»Le Nordiste, à qui il est reproché de ne pas avoir mis en œuvre tout ce qu'il prône, défend son bilan : «On ne peut pas reprocher à la natation française d'avoir brillé ni d'avoir un bilan budgétaire satisfaisant et les meilleurs rapports avec le ministère. Je ne vois pas quel argument on peut présenter sauf à considérer que cela devienne une question de personne. On tombe dans un mot qui me déplaît, le ''dégagisme''.» Une idée rejetée par Sezionale : «Je n'ai absolument rien contre Francis. Il faut respecter l'institution et je ne salirai jamais la personne. Mais il est temps de changer.»

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