Natation - ISL - L'agent de Florent Manaudou claque la porte de l'ISL

L'Equipe.fr
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Jean-François Salessy, l'agent de Florent Manaudou, manager général de l'équipe Energy Standard Paris, annonce ce dimanche soir dans une lettre ouverte qu'il quitte l'ISL. Et il n'est pas le seul.

La lettre ouverte est adressée à Konstantin Grigorishin, milliardaire ukrainien et propriétaire de l'International swimming league (ISL), compétition se déroulant actuellement « sous cloche » à Budapest. Elle est signée de Jean-François Salessy, l'agent de Florent Manaudou, par ailleurs manager général de son équipe, Energy Standard Paris.

Un long courrier où le Français vilipende l'organisation, règle des comptes personnels et, surtout, annonce qu'il claque la porte. « Je ne souhaite plus faire partie de votre farce. Je rentre en France », résume Salessy, estimant un peu plus haut que « l'ISL est un bateau sans gouvernance, mais avec un seul actionnaire et des généraux sans pouvoir ». Il compare ce circuit à un « iceberg avec une partie visible attrayante et un côté immergé bien plus sombre ».

L'agent de Florent Manaudou interpelle ainsi Konstantin Grigorishin : « Je dois avouer que vous avez mis beaucoup d'énergie à construire un format de compétition, un produit audiovisuel attractif, et à ne choyer que les acteurs principaux du film avec des prize-money : les nageurs et leurs entraîneurs qui étaient jusqu'alors sous-payés. » Mais il lui reproche, dans la foulée, de « ne pas payer les managers généraux, le personnel administratif et les fournisseurs qui peuvent de toute façon être remplacés dans un turnover perpétuel ».

Une attaque que d'autres confirment, à commencer par Hubert Montcoudiol, consultant exclusif de l'ISL avec un titre de chef des opérations commerciales. « Le general manager d'Energy Standard Paris claque la porte parce qu'il n'est pas payé. Tout comme moi. Ce n'est pas uniquement un caprice, insiste Montcoudiol. Depuis le début, Jean-François essaie de faire bouger les choses. Une seule de ses actions a été approuvée, c'est d'accoler Paris au nom de l'équipe Energy Standard, d'essayer de lui donner une identité. C'est une franchise française de par sa dénomination juridique, et sa domiciliation dans le 7e arrondissement de Paris en France. »

Si Hubert Montcoudiol (de même qu'un autre Français qui travaillait dans son équipe, Pierre Cluzel) a quitté vendredi dernier Budapest, où l'événement majeur de l'ISL se déroule depuis six semaines, c'est parce qu'il n'était « pas payé depuis huit mois et (son) banquier commençait à se fâcher ».

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« Comme je l'ai expliqué au propriétaire que j'ai vu récemment, j'ai vécu une double mort, financière et professionnelle, évoque Hubert Montcoudiol. C'est peut-être un mode de fonctionnement ukrainien, qui travaille sur la punition... Il me reproche de ne pas avoir généré de partenaires cette année, de revenus commerciaux. Sachant que c'est une partie de mes fonctions. Je peux comprendre que le boss me juge là-dessus. Je l'aurais accepté. Sauf qu'en se séparant d'un employé, on lui paie les mois travaillés. »

Quand on demande à cet autre déçu de l'ISL s'il a démissionné ou été renvoyé, il rétorque qu'il ne s'agit ni de l'un ni de l'autre puisqu'il n'y a jamais eu de contrat écrit et signé.

Sollicitée par nos soins ce dimanche en fin d'après-midi, la direction de l'ISL n'a pas encore réagi.

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