Natation - JO 2021 - La dernière chance de Sun Yang devant le TAS pour participer aux Jeux Olympiques

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Condamné pour dopage à huit ans de suspension en 2020, le nageur chinois Sun Yang, à la faveur d'un énième rebondissement, jouera dès mardi sa place aux JO de Tokyo devant le Tribunal arbitral du sport. À 29 ans, le Chinois Sun Yang, triple champion olympique, dispose d'une ultime chance de justifier la destruction à coups de marteau d'une fiole de son sang, lors d'un contrôle antidopage inopiné en 2018. En février 2020, à cause de ce geste, le TAS lui avait infligé huit ans de suspension, la peine maximale, actant ainsi la fin de sa carrière tumultueuse. lire aussi Sun Yang, star sulfureuse de la natation chinoise Mais en décembre dernier, à la stupéfaction générale, le Tribunal suisse a annulé cette décision, sanctionnant la « partialité » du président du panel d'arbitres et ancien chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini. Ce dernier, alors que l'affaire Sun Yang était en cours d'instruction, s'était livré à une série de tweets « extrêmement violents » et racistes pour dénoncer la cruauté infligée à des animaux en Chine Sun Yang serait qualifié pour les Jeux de Tokyo Le nageur se retrouve donc une nouvelle fois devant le TAS, pour une audience en visioconférence et fermée aux médias entre mardi et jeudi, avant une décision à une date non communiquée. L'enjeu est clair : la Fédération chinoise de natation a récemment précisé que les athlètes titrés lors des Mondiaux 2019 seraient « qualifiés d'office » pour les Jeux de Tokyo (23 juillet-8 août) et Sun Yang (vainqueur sur 200 m et 400 m nage libre) répond à ces critères, même si rien ne filtre en Chine concernant son niveau physique et l'état de sa préparation. Adulé dans son pays et égérie des grandes marques, Sun Yang, triple champion olympique (sur 400m et 1500m en 2012, 200m en 2016) et onze fois champion du monde, avait été suspendu trois mois en 2014 dans le plus grand secret, après un contrôle positif à un stimulant (trimétazidine), une sanction rendue publique bien après qu'elle a été purgée. Deux ans plus tard, lors des JO de Rio, l'hostilité de ses rivaux avait éclaté au grand jour et l'Australien Mack Horton l'avait traité de « dopé », avant de lui ravir l'or du 400 m nage libre. Le nageur chinois, d'ordinaire inébranlable, s'était effondré en larmes avant de remporter le 200 m. « Sun Yang, il pisse violet, avait lâché le dossiste français Camille Lacourt, dégoûté de voir des gens qui ont triché sur les podiums. » Contrôlé à son domicile en septembre 2018, Sun Yang avait détruit au marteau un échantillon de sang, au prétexte que les contrôleurs n'avaient pas produit « les documents prouvant leur identité ». La Fédération internationale de natation (Fina) avait alors blanchi le nageur en raison d'un vice de forme - avant d'être désavouée par le TAS en 2020 -, lui permettant de se présenter aux Mondiaux 2019, à la consternation de certains adversaires. Médaillés à ses côtés, respectivement sur 400 m et 200 m, l'Australien Mack Horton et le Britannique Duncan Scott avaient refusé de monter à ses côtés sur le podium ou de lui serrer la main. « Tu es un perdant, je suis un gagnant ! » avait riposté Sun, exaspéré, serrant le poing en direction de Scott.