De trop neuve à crainte : 4 ans d'évolution de la KTM vus par Espargaró

Léna Buffa
·4 min de lecture

En piste pour la première fois le 29 octobre 2015, la RC16 façonnée dans les ateliers de KTM en Autriche a multiplié les essais durant un an avant de faire ses débuts en course, au Grand Prix de Valence 2016. C'est alors le pilote d'essais Mika Kallio qui était aux manettes, lui qui avait déjà bouclé la majeure partie des kilomètres engrangés par la nouvelle MotoGP au fil des mois, épaulé par Alex Hofmann, Randy de Puniet, Karel Abraham et Tom Lüthi.

Pol Espargaro, Red Bull KTM Factory Racing

Pol Espargaro, Red Bull KTM Factory Racing<span class="copyright">Gold and Goose / Motorsport Images</span>
Pol Espargaro, Red Bull KTM Factory RacingGold and Goose / Motorsport Images

Gold and Goose / Motorsport Images

"La première chose que je me suis dite c'est que je pouvais appliquer mon style de pilotage et que ça fonctionnait. C'était ce sur quoi je me concentrais le plus, parce que par le passé j'avais été chez un autre constructeur et quoi que je fasse sur la moto, c'est la moto qui choisissait la trajectoire, elle qui disait quoi faire, l'électronique qui disait comment ouvrir les gaz, les relâcher, freiner, etc. À la fin du tour, c'était comme si le pilote n'avait pas contribué à faire le chrono", pointe le pilote espagnol, resté trois ans dans le clan Yamaha au sein du team Tech3 au préalable.

Pol Espargaro, Red Bull KTM Factory Racing

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"La plus grande réussite c'est cette année tout entière", retient toutefois Espargaró à l'issue de la quatrième saison du programme et au moment où il quitte KTM après les trois premières victoires et les trois premières pole positions du constructeur. "Ce n'est pas juste un résultat. Ce n'est pas juste le fait qu'aujourd'hui, les gens veulent venir ici − car avant on était ceux qu'on montrait du doigt [il fait un signe vers le bas et le côté, ndlr] : 'Ouais, ceux-là, gardez-les de côté…', mais maintenant, les gens veulent venir ici. C'est l'atmosphère dans le stand, les sensations qu'on a [eues] cette année. La sensation de puissance en arrivant sur les circuits, de pouvoir tout réussir. C'est la meilleure récompense après ces quatre années, cette sensation de puissance et de force. Quand les gens vous voient et se disent que vous êtes l'homme à battre."

Tous les membres de l'équipe peuvent garder la tête haute quand ils marchent dans le paddock alors que par le passé il fallait parfois qu'ils se cachent parce que les résultats n'arrivaient pas.

Pol Espargaró

"Et de même que je me suis senti fort, tous les membres de l'équipe se sont eux aussi sentis forts. Ils peuvent garder la tête haute quand ils marchent dans le paddock alors que par le passé il fallait parfois qu'ils se cachent parce que les résultats n'arrivaient pas. Maintenant, ils sont tous respectés dans le paddock pour leur travail et leurs efforts incessants. C'est quelque chose dont je suis très fier."

Lui qui a expliqué s'être senti devenir un homme et un pilote plus complet grâce aux responsabilités que lui a confiées KTM, Pol Espargaró ne tarit pas d'éloges sur les hommes qui mènent ce programme, ceux qui ont cru dès le départ dans la réussite d'un projet pourtant techniquement atypique.

"Sans cette façon de penser ou de faire, je suis sûr à 100% qu'on ne serait pas en lutte pour la victoire et le championnat. Leur manière de penser est dure mais réaliste", explique le pilote catalan. "Ça commence en particulier avec les patrons, Stefan Pierer, Pit Beirer, Mike Leitner… Ces gars ont quelque chose de spécial. À chaque fois que j'y pense, je finis toujours par me dire qu'ils sont des requins ! Ils voient quelque chose à l'avenir que les autres ne peuvent pas voir. Et il y a quatre ans, ils ont vu ce projet gagner comme on le fait aujourd'hui, ils étaient les seuls. Et c'est parce qu'ils avaient tellement confiance dans ce projet que l'on obtient ces résultats, c'est grâce à eux."