Neuville "ne voit pas l'intérêt" du règlement proposé pour 2022

Nick Garton
motorsport.com

Quand il sera présenté au Conseil Mondial de la FIA en juin prochain, le règlement technique prévu pour 2022 proposera l'achat de pièces et la réduction des technologies disponibles sur le plan de la transmission, des freins, des suspensions et de l'aérodynamique. La formule proposée, nommée Rally 1, est au sommet d'une pyramide en cinq parties censée permettre une meilleure accessibilité au Championnat du monde pour les pilotes et équipes courant à un niveau national, tout en améliorant la durabilité du WRC et en réduisant ses coûts.

Dans les faits, les voitures du Rally 1 partageront une monocoque commune qui sera développée par la FIA, et un système hybride commun pour aider à la durabilité du championnat. Il y aura aussi des limites sur l'aérodynamique et les composants mécaniques afin d'éviter que les constructeurs ne dépensent trop en ingénierie pour en tirer un avantage. La FIA a présenté ce règlement comme une manière de renforcer la présence des constructeurs, mais ne cache pas sa frustration face à ces propositions.

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"J'ai directement demandé à mon directeur s'il était d'accord avec ce merdier, mais il semble que ça soit le cas", a déclaré le Belge. "La réduction des coûts, rendre les voitures moins intéressantes techniquement, revenir à des boîtes à cinq vitesses, pas de différentiel central, moins d'aérodynamique, je ne vois pas l'intérêt, pour être honnête. Il y a trois ans, on a décidé de booster le WRC et de lui donner une nouvelle vie, et ça a bien fonctionné sur le plan de la promotion et du spectacle. Et là, on est de retour à des R5 améliorées. Je ne sais pas si je serai intéressé par le fait de piloter ces voitures."

Les directeurs d'équipe soutiennent ce projet

Interrogé à ce sujet, son directeur chez Hyundai, Andrea Adamo, a montré un soutien certain à cette réglementation : "C'est très clair. Les règles ont été faites entre la FIA et les constructeurs, et c'est ce qui a été validé." Un appui unanime de la part des constructeurs donc, comme le confirme Richard Millener, directeur de M-Sport, qui s'attendait à voir des réactions négatives de la part des équipages, et notamment les plus expérimentés.

"Sans vouloir être désagréable pour certains pilotes, ce ne sont pas eux qui financent les programmes", a déclaré Millener. "Pour l'instant, il y a des systèmes hydrauliques sur les voitures qui coûtent environ 45'000 euros et nous pourrons toujours organiser des rallyes palpitants et proposer un produit que les gens veulent voir et auquel ils veulent assister sans ce niveau de coûts."

"Si vous regardez où les constructeurs courent actuellement, et surtout en Formule E, tout vous est fourni, vous mettez juste votre logo dessus. Nous ne voulons pas suivre ce chemin, le WRC nécessitera toujours une ingénierie spécialisée, mais conserver l'aspect accessible de notre discipline pour atteindre quatre ou cinq marques, même si ça n'arrivera pas dans les deux ou trois prochaines années, est la bonne manière de faire."

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