Nic Von Rupp, après la mort de Marcio Freire : « On a tenté de le réanimer pendant 40 minutes »

Nic Von Rupp. (L. Masurel/D. R)

Nic Von Rupp était au line up ce jeudi avec Marcio Freire, premier surfeur mort sur le spot de Praia do Norte à Nazaré. Il nous raconte.

« Racontez-nous cette session de jeudi où Marcio Freire a perdu la vie en surfant sur le spot de Nazaré.
Quand c'est arrivé, nous étions tous à l'eau, il était environ 16 heures. C'était un jour incroyable. Le matin, nous avons tous surfé à la rame, l'après-midi nous y sommes retournés, pour s'entraîner en tow-in. Marcio était vraiment bien et il a pris la première vague de la série. Il était tracté par Lucas (Chianca). Mais il a disparu pendant quelques minutes. Ça arrive tout le temps. Dans ces cas-là, l'équipe de sauvetage va chercher le surfeur et il n'y a jamais de problème. Il a disparu pendant trois vagues. Et on sait tous que le temps de trois vagues, ça devient dangereux...

Et ensuite ?
J'ai ensuite vu Lucas qui l'a récupéré et a réussi à le porter pour l'installer sur le jet. Il l'a ramené sur la plage et on a tenté de le réanimer pendant 40 minutes. Quand tu vois ça, tu penses toujours qu'il va revenir à la vie. Tu ne peux pas croire que c'est fini. Les lifeguards du spot sont partis sept minutes avant le drame... L'ambulance n'était plus là quand on a eu besoin d'eux. Il a fallu les appeler et ça a mis beaucoup de temps.

Avait-il un gilet de sécurité ?
Je ne sais pas... Je ne l'ai pas vu avec un vrai gilet. Mais il devait en avoir un, juste il n'était pas comme les nôtres. De toute façon, on ne laisse jamais quelqu'un surfer sans gilet sur ce spot. Lucas n'a pas pu le laisser surfer avec lui sans gilet. On est tous à fond dans la sécurité.

Comment étaient les conditions et dans quel état d'esprit était Freire ?
Les vagues étaient belles toute la journée et ce n'était pas gros. Il y avait environ 5 mètres. J'ai parlé avec lui quelques heures avant et il était serein, content, il avait même un grand sourire. Il devait partir le lendemain (ce vendredi). Il m'a demandé s'il pouvait laisser ses planches chez moi jusqu'à sa prochaine venue. Je me souviens aussi qu'il m'a confié qu'il avait des douleurs dans la tête.

Ce drame va-t-il changer quelque chose dans votre approche de ce spot ?
Il va déjà falloir digérer ça. C'est un événement malheureux, tout le monde ici est très triste. C'est un sport dangereux, tout peut arriver. Nous connaissons tous les risques. Mais il faut savoir que nous sommes tous très bien entraînés. Ah... C'est très dur. C'est un jour noir pour la communauté. Il y a une grosse houle programmée lundi. Je ne sais pas ce qui va arriver. »