Nice : un restaurateur s’enterre vivant pour dénoncer la fermeture de son restaurant

Cyprien Tardieu
·3 min de lecture
Nice : un restaurateur s’enterre vivant pour dénoncer la fermeture de son restaurant

Contraint à la fermeture depuis plus de trois mois, un restaurateur a choisi de se mettre en scène pour annoncer son menu à emporter. Quitte parfois à aller très loin.

De l’humour féroce comme moyen de résister à la crise. Privé de ses clients depuis le 30 octobre dernier, José Orsini, restaurateur à Nice, a trouvé une manière originale d’annoncer la carte de ses plats à emporter. Dans sa dernière vidéo diffusée sur la page Facebook du restaurant Le Bistrot du Port et repérée par France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur, le chef manie l’humour noir.

Au beau milieu de sa cuisine, enterré sous un tas de terre fraîche sur laquelle deux écumoires symbolisent une croix, le restaurateur sort de terre pour adresser un message appelant à faire le dos rond. “On est toujours là… Monsieur Juan Castex (sic) veut nous enterrer mais les restaurateurs sont encore là, on se bat, on se bat pour se sauver “, lance le restaurateur avant d’annoncer, sans transition, le menu de la semaine.

VIDÉO - En Charente, un restaurant étoilé propose du rêve à emporter

Le bateau gonflable avant le cercueil

Il y a une semaine, il avait cette fois pris place dans un bateau gonflable pour enfants muni d’une rame. “Bonjour Monsieur Juan Castex (sic), cela fait trois mois que les restaurateurs rament et sont toujours dans la tempête… On se bat… Mais on continue à vous annoncer le menu”. Le 15 décembre, c’est la tête littéralement sous l’eau qu’il avait choisi de démarrer son petit rituel débuté en mars dernier à l’annonce du premier confinement.

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Si habituellement sept professionnels s’affairent aux fourneaux, le chef est aujourd’hui tout seul pour cuisiner les plats à emporter. En attendant le feu vert du gouvernement, il a placé ses six employés au chômage partiel, rapporte France 3 Provence-Alpes-Côté d’Azur. “C'est eux qui sont les plus à plaindre, pas moi. Vous savez, depuis le 27 octobre, les petits plats à emporter couvrent les faux frais. Quand à la fin du mois on enlève factures, loyer et tout, il ne reste que les barquettes pour vivre”.

Le manque de visibilité lui pèse

Comme de nombreux restaurateurs, il regrette de ne pas avoir de date à laquelle se raccrocher pour une réouverture. "C'est vraiment le seul reproche que je fais au gouvernement, c'est de ne pas nous donner de perspective, donner une date”, regrette-t-il.

Les derniers chiffres connus font état de plus de 26 000 contaminations au coronavirus et n’incitent pas à l’optimisme. Cette semaine, le ministre en charge des PME, Alain Griset, a expliqué sur la chaîne Public Sénat la nécessité de “descendre en dessous de 10 000 contaminations par jour en direction des 5 000” pour avoir des “perspectives intéressantes”. D’ici-là, José Orsini a le temps de continuer à enchanter ses clients... sur les réseaux sociaux.

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