Une nouvelle ère s'ouvre en Formule E

Associés chez DS, Stoffel Vandoorne (à gauche) et Jean-Éric Vergne comptent parmi les favoris du Championnat de FE qui débute ce samedi soir à Mexico. (S. Galloway/Motorsport images / panoramic)

Avec la voiture Gen3, la Formule E démarre, ce samedi au Mexique, un nouveau cycle qui sera déterminant pour son avenir. DS figure parmi les favoris avec son duo de champions, Jean-Éric Vergne-Stoffel Vandoorne.

Pour sa neuvième saison, la Formule E innove. Si le Mexique accueille ce samedi soir (21 heures sur la chaîne L'Équipe) l'E-Prix inaugural pour la première fois, c'est bien au niveau mécanique que le plus grand changement intervient. La Gen3 débarque avec son design tendance fer à repasser plus ou moins gentiment moqué. Mais la monoplace affiche des capacités maousses par rapport à la Gen2.

Plus ramassée (longueur comme largueur), plus légère de 60 kg, elle est surtout plus puissante avec 470 chevaux disponibles au maximum (contre 335 auparavant). Sans oublier une capacité de régénération énorme (600 kW avec l'ajout de deux moteurs à l'avant) permettant d'avoir 40 % d'énergie utilisée pendant la course (à nouveau comptée en tours cette année et non plus en temps) issue de la « régen ».

Sur le papier, tout semble réuni pour propulser la FE dans une nouvelle dimension. Mais ce cap ne sera pas franchi tout de suite. Principalement à cause du changement de pneumatiques. Hankook remplace Michelin cette année avec, à la demande de la FIA, une gomme extrêmement dure. Elle coûtera 2 à 3 secondes au tour, la vitesse de passage dans les courbes étant en baisse malgré une accélération et une vitesse de pointe à la hausse. En retour, les pneus sont d'une grande régularité et offrent une énorme durée de vie, en accord avec l'aspect « durable » du Championnat.

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Ce choix, comme celui de ne pas utiliser les moteurs à l'avant pour la traction de la monoplace, souligne un nouveau problème : si on exploitait pleinement son potentiel cette voiture serait « trop » rapide pour les tracés urbains où la FE évolue majoritairement depuis sa création en 2014. Alors que le calendrier a perdu plusieurs villes d'envergure mondiale (Montréal, Paris par le passé, New York et Séoul cette année), la saison 2023 aura un fort impact sur l'orientation future du Championnat, pour les circuits visités (premières au Cap, à Hyderabad en Inde et Sao Paulo cette année) mais aussi les performances offertes par les monoplaces.

La compétition s'annonce très ouverteEt la compétition dans tout ça ? Elle s'annonce très incertaine. Mercedes est parti à l'intersaison (cédant la place à McLaren) après avoir réussi deux doublés pilotes-équipes. La succession est encore plus ouverte avec l'arrivée d'une nouvelle voiture, ce qui peut toujours bousculer l'ordre établi et créer des surprises si des défauts de jeunesse (certains vus lors des essais avec des accidents parfois déroutants) n'ont pas encore été corrigés.

Désormais associé à Penske, le constructeur français DS est en position de force vu son duo de pilotes. Le champion en titre, Stoffel Vandoorne, a rejoint Jean-Éric Vergne, seul double champion de la discipline. Lors des essais officiels à Valence, ils ont respectivement signé les 2e et 3e temps. Pour l'équipe noir et or, le danger viendra peut-être de sa propre famille puisque la nouvelle équipe Maserati, également membre du groupe Stellantis, s'est déjà montrée rapide, Maximilian Gunther réalisant le meilleur temps en Espagne. Une performance à confirmer de l'autre côté de l'Atlantique.