Où situer l'exploit de l'Arabie saoudite dans la légende de la Coupe du monde ?

Où situer l'exploit de l'Arabie saoudite dans la légende de la Coupe du monde ?

La victoire surprise de l'Arabie saoudite face à l'Argentine ce mardi (2-1) entre dans l'histoire des plus grands exploits de la Coupe du monde. Mais, devant, il reste le États-Unis - Angleterre de 1950, et le Corée du Nord - Italie de 1966.

Alors que les deux premières journées de la Coupe du monde 2022 avaient suggéré qu'il y avait toujours de petites équipes, avec les larges défaites du Qatar face à l'Équateur (0-2) et de l'Iran devant l'Angleterre (2-6), l'exploit réalisé par l'Arabie Saoudite d'Hervé Renard, ce mardi contre l'Argentine (2-1), est venu balayer cette tendance, en nous invitant à situer sa place dans l'histoire de l'épreuve. Cette surprise est monumentale : les Saoudiens ont battu l'équipe de Lionel Messi, le champion d'Amérique du Sud, invaincu depuis 36 matches.

Mais jusque-là, en matière de surprises, la mythologie de la Coupe du monde reste traversée par deux sensations majeures, qui n'ont toujours pas de voisines : l'élimination de l'Angleterre dès sa première participation à l'épreuve, en 1950, par les amateurs des États-Unis (0-1), sur un but de Joe Gaetjens, un Haïtien, et la victoire de la Corée du Nord sur l'Italie (1-0), but de Pak Doo-Ik, en 1966.

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Le résultat de l'Angleterre était si improbable qu'une agence de presse anglaise, croyant à une erreur, avait annoncé une victoire sur les USA sur le score de 10-0. Joe Gaetjens, le héros, avait été recruté deux semaines plus tôt, ainsi que deux ou trois autres joueurs qui n'étaient pas Américains, tandis que le gardien, Frank Borghi, un conducteur de corbillard, deviendra pro de base-ball. Les Anglais, qui avaient méprisé l'épreuve jusque-là, alignaient leurs stars, et le premier Ballon d'or Stanley Matthews était sur le banc.

En 1966, la Corée du Nord, devenue une légende urbaine à Middlesbrough, où elle s'était installée, y avait battu l'Italie (1-0), sous les cris de « Korea, Korea », ce qui avait poussé le commentateur de la BBC à lâcher : « Ils ne font pas autant de bruit, pour Middlesbrough. » En quarts de finale, ils avaient mené 3-0 contre le Portugal avant de perdre (3-5), parce qu'ils ne savaient qu'attaquer. Au retour, au pays, on n'a jamais su s'ils avaient été traités en héros ou envoyé en camp pour n'avoir pas gagné la Coupe du monde.

La victoire de l'Arabie saoudite entre dans un champ de surprise un peu inférieur, mais considérable : on songe immédiatement à la victoire de l'Algérie sur la RFA (2-1) à la Coupe du monde 1982 en Espagne, grâce à des buts de Rabah Madjer et Lakhdar Belloumi ; au match d'ouverture de la Coupe du monde 1990, et la victoire du Cameroun sur l'Argentine grâce à un but de François Omam-Biyik (1-0), alors que les Camerounais avaient fini à neuf ; au succès du Sénégal sur la France (1-0), championne du monde en titre, en 2002 à Séoul, sur un but de Papa Bouba Diop.

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Mais aussi au parcours de la Corée du Sud en 2002, qui avait battu la Pologne (2-0) et le Portugal (1-0) en poules, avant d'éliminer l'Italie (2-1 a.p.) et l'Espagne (0-0, 5 t.a.b. à 3), non sans certains faits d'arbitrage. En battant l'Argentine (2-1) à Lusail, Hervé Renard et les Saoudiens sont donc bel et bien entrés dans la légende de la Coupe du monde. Et la légende s'agrandit.

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